
Le Seigle et le pain blanc,
d'André Duprat,
préface de Régine Detambel,
Éditions Gros textes, 2009,
44 pages, 7,00 euros,
ISBN : 978-2-35082-091-2.
Originaire du Limousin (né à Javerdat, il vit aujourd’hui à Saint-Junien), André Duprat poursuit son œuvre discrète de poète, dialoguant par intermittence avec les peintres (voir son précédent ouvrage par exemple, Un pas de croix, avec Élisabeth Lemaigre-Voreaux), depuis 1980.
Sa bibliographie est désormais impressionnante (qui compte aussi de nombreuses participations à des revues, comme auteur publié ou billettiste) chez divers éditeurs dont l’exigeant Jacques Bremond, et avec des préfaciers de choix tels Antoine Blondin jadis, ou Régine Detambel à présent…
Le corps est, dans ce nouveau recueil comme dans les précédents, au centre de ses interrogations (rappelons qu’André Duprat fut, comme il le dit lui-même, « [privé] des gestes » après qu’un accident le rendit tétraplégique à l’âge de vingt-deux ans, le condamnant dans le même temps « au long ré-apprivoisement de la vie » à travers lequel passe sans doute sa recherche poétique).
Cette fois-ci, cependant, la méditation sur l’être et le paraître (que le poète entretient auprès des paysages limousins et particulièrement les étangs) se fait encore plus profonde qu’à l’accoutumée (alors que le recueil est mince, et donc dense par son contenu), plus distanciée aussi (d’où le titre du second ensemble de cette plaquette : « Une mesure de distance »), sous des airs de bilan, bien que le poète soit définitivement « l’enfant déguisé en adulte ». |