
Neva,
de Patrick K. Dewdney,
Les contrebandiers éditeurs, 2007,
106 pages, 6,50 euros,
ISBN : 978-2-9115438-30-7.
Nourri de tous les clichés du polar et des films noirs, l’auteur nous entraîne dans sa vision de Saint-Pétersbourg, ville traversée par la Neva, fleuve qui semble porter dans ses alluvions tous les mythes, tous les fantasmes de la mafia russe. Dans ce Saint-Péterbourg fantasmé, il y a des personnages qui ressentent des sentiments communs à chacun d’entre nous : l’amour, la haine, l’amitié. Pour s’extirper de leur vie toute tracée, misérable et sans espoir, Piotr et Dimitri, que leur destin écrase, basculent dans le crime et la folie meurtrière.
Pris dans un engrenage fatal, sans retour en arrière possible, ils seront engloutis irrémédiablement vers un dénouement sanglant et implacable.
Anya, qui croira en l’amour de Dimitri, et Petra, la tueuse sans état d’âme, qui jette toute sa sensibilité dans la peinture de l’eau, de l’eau de la Neva, dont elle voudrait faire sienne la vérité et se laisser glisser sur ses flots porteurs d’un ailleurs, traverseront cette histoire comme un travelling de cinéma, où seul Piotr restera en vie et quittera la Neva, témoin muet de tant d’exactions, fuyant ce froid sidéral et ces flocons de neige s’abattant comme une rafale d’arme, pour une autre chance, sous un soleil salutaire.
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