
La Maîtresse servante,
de Jérôme et Jean Tharaud,
précédé de Les Frères Tharaud : Le double « je »,
par Yvonne Daudet,
Éditions Confluences, 2009,
170 pages, 14,00 euros,
ISBN : 978-2-35527-028-4.
On doit à Yvonne Daudet, professeur de lettres, la réédition de ce beau roman des frères Tharaud, académiciens originaires de Saint-Junien et restés attachés aux paysages du Limousin de leur enfance.
Publié en 1911, ce roman dresse un portrait précis et sans complaisance de la petite société des hobereaux des confins de la Charente et du Limousin, avec une attention toute particulière portée aux sentiments des personnages principaux que sont le narrateur, sa mère et sa maîtresse. Le texte se lit avec plaisir, le récit est bien mené et la description des mœurs de cette pauvre bourgeoisie provinciale peut plaire tout autant aux amateurs de littérature qu’aux historiens de la France rurale des débuts du XXe siècle.
La peinture des paysages et les tentatives de donner une image fidèle du Limousin de l’époque peuvent sembler étonnamment actuelles : « La campagne, c’est pour nous un pays pauvre et difficile, de tristes villages, de grandes étendues désertes, propres à la chasse, des étangs poissonneux et que hantent les oiseaux sauvages, de solitaires fumées dans les bois, des routes dures et délaissées, des prés mouillés, remplis d’ajoncs, et des rivières rougeâtres où quelque misérable moulin plonge sa roue édentée. »
Un roman à redécouvrir donc, en fermant les yeux sur les innombrables coquilles laissées par l’éditeur et en oubliant l’image de couverture montrant un paysage de vignoble charentais sans grand rapport avec les campagnes limousines décrites dans le roman ! |