
Si l’enfant ne réagit pas,
d'Éric Chauvier,
Éditions Allia, 2008,
124 pages, 6,10 euros,
ISBN : 978-2-84485-260-1.
À la demande du directeur d’un institut de placement familial girondin, la Maison Bel-Air, l’auteur, anthropologue reconnu, est immergé dans cet univers de lui inconnu, pour « s’étonner » et brosser le portrait d’adolescents en rupture, et à travers leurs propos, leurs attitudes, leurs non-dits, décrypter la signification profonde de leur façon d’être.
Seul un observateur sans relâche, par-delà le langage et les enjeux parfois d’une grande banalité, sentira poindre une sourde révolte.
Joy, une adolescente absente, égarée, échouée au centre, plongera l’auteur dans un tumulte intérieur, réveillant en lui quelque chose de profondément intime, tentant au travers de ses gestes, ses regards, ses silences et ses inflexions de voix, de noter l’inexprimable. Porté par le lyrisme de l’introspection, l’écrivain, par un retour sur son propre vécu, loin de marquer un déni de la souffrance de Joy, semble s’y connecter, la comprendre de l’intérieur, laisser vivre les anomalies qui relient leurs deux existences.
« L’observation réalise l’observateur, mais celui-ci ne révèle jamais cet accomplissement.
Sans doute a-t-il beaucoup à perdre dans cette prise de conscience ». |