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Centre régional du livre en Limousin

Vient de paraître / Critiques archivées des Éditions Al Dante
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Still nox : Exercices de mort moléculaire,
de Sylvain Courtoux,
Éditions Al Dante, 2011,
297 pages, 17,00 euros,
ISBN : 978-2-84761-852-5.
Pour son quatrième ouvrage chez l’éditeur Al Dante, le poète Sylvain Courtoux propose un roman-témoignage augmenté de proses poétiques, de dessins, de cartes, de photos, de notes manuscrites, de schémas qui en fait un objet très séduisant sur la forme, dans la lignée des expérimentations éditoriales encouragées par l’éditeur Laurent Cauwet.
Si la forme de l’ouvrage est complexe, enchâssant des polices typographiques différentes et multipliant les audaces graphiques et narratives, le fond est parfaitement clair : c’est le récit d’un homme en proie à la pharmaco-dépendance.
Dépendant depuis l’âge de vingt ans à un médicament qu’il consomme en grande quantité (le Still nox) et qui lui procure un effet proche de la cocaïne, le narrateur nous livre entièrement, froidement et dans les moindres détails le récit (parfois sous la forme du journal) de sa vie de « noxien ». Contrairement à ce qu’on trouve habituellement dans ce type de récit, le narrateur ne se pose jamais en victime de cette pharmaco-dépendance, mais il l’assume plutôt comme un compagnonnage noir, une béquille indispensable à sa fragilité mentale. Le narrateur décrit en particulier le choc émotionnel consécutif au suicide de sa mère lorsqu’il avait onze ans et les tendances suicidaires et dépressives qui le minent depuis lors.
Situé en grande partie à Limoges, à la fois ville sombre et seul espace habitable pour le narrateur, ce roman-témoignage assume la part de provocation et la noirceur parfois difficilement soutenable des épisodes relatés (vols, violences, prostitution, cruauté…).
L’ensemble forme un ouvrage choc, sinon choquant, dont la lecture tient plus de l’épreuve que du plaisir du texte, mais qui ne peut laisser le lecteur indifférent.
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Raoul Hausmann : Une anthologie poétique, précédé de RH l’optophonétiste
(accompagné d’un CD de poèmes phonétiques de Raoul Hausmann),
d’Isabelle Maunet-Salliet,
Éditions Al Dante, 2007,
268 pages, 27,00 euros,
ISBN : 978-2-84957-107-1.
L’œuvre de Raoul Hausmann (Vienne, 1886 - Limoges, 1971), le dadaïste berlinois qui a passé la dernière partie de sa vie en Limousin, est complexe et multiforme, touchant les domaines de la poésie, de la peinture, de la photographie, du photomontage, de la danse, de la performance vocale, de la gravure, du collage…
Si l’ouvrage de Delphine Jaunasse (Raoul Hausmann : L’isolement d’un dadaïste en Limousin, PULIM, 2002) nous avait permis de mieux connaître la vie du dadasophe et notamment sa présence en Limousin, le volume proposé par les Éditions Al Dante, édité à l’occasion de la manifestation « Raoul Hausmann et après » (Limoges, 2007), permet de lire et d’entendre (un CD est joint à l’ouvrage) une bonne partie de l’œuvre poétique d’Hausmann. La longue introduction d’Isabelle Maunet-Salliet permet d’éclairer le lien entre toutes les activités artistiques du dadasophe en les replaçant dans le contexte artistique de l’époque.
Un ouvrage indispensable pour mieux comprendre l’œuvre d’Hausmann, et saisir sa grande actualité comme son influence sur les artistes et les poètes d’aujourd’hui. |
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Portraits chinois,
de Franck Leibovici,
Éditions Al Dante, 2007,
260 pages, 17,00 euros,
ISBN : 978-2-84957-116-3.
Tout cela sonne comme la réminiscence des actualités, les événements, les lieux nous renvoient au journal télévisé, à cette d’ébauche d’informations, de drames, d’intolérable, qui coulent sur la surface de nos vies dans un flot inextinguible de nouvelles, ces images insoutenables sont aussi la réalité de notre monde, mais là, ce sont les mots, leurs visions croisées, leurs compositions novatrices, qui structurent ce livre, dont la poésie excluant toutes formes de sentiments, s’incarne dans les paroles d’otages, le sacrifice des martyrs, dont la litanie égrainée, semble une célébration des disparus ; la mort, les différentes conceptions de la vie et du combat, organisent, dans un agencement parfois déroutant, mais apportant une multitude d’informations, une investigation fouillée, ce témoignage qui loin de faire l’apologie des comportements décrits, propose avec une grande objectivité, cette relation si particulière au savoir.
« Comment décrire aujourd’hui quand les outils de description manquent encore ? comment fabriquer de nouveaux outils de description ? », s’interroge l’auteur. |
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Le Narré des îles Schwitters,
de Patrick Beurard-Valdoye,
Éditions Al Dante, 2007,
317 pages, 25,00 euros,
ISBN : 978-2-84957-108-8.
On connaît mal l’exil des Allemands qui, fuyant le nazisme, optèrent pour la Norvège, terre de paix. Ils espèrent y trouver la liberté, ils connaîtront la captivité. Kurt Schwitters demeure interné sur l’île de Man dix-sept mois.
Ni fiction ni récit ni essai biographique : le narré.
Le narré pour se mettre dans la peau des lieux — machine à transformer du temps en espace.
Le narré, de forme sans cesse mouvante, exprime aussi le dit de la réclusion, sa conscience et sa mémoire. Il arrive qu’il endosse l’inénarrable. |
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