ALCA* – Agence livre, cinéma et audiovisuel en Nouvelle-Aquitaine, site de Limoges

* Née de la fusion d’Écla, du Centre régional du livre en Limousin 
et du Centre régional du livre et de la lecture en Poitou-Charentes


Feuilles reçues (mise en ligne en 2013)


 



Loli le temps venu

Loli le temps venu
,
de Pierrette Fleutiaux,
Éditions Odile-Jacob, 2013,
192 pages, 19,90 euros,
ISBN : 978-2-7381-3025-9.

Auteure d’une œuvre de fiction importante, romancière, nouvelliste, auteure pour la jeunesse, Pierrette Fleutiaux s’est un peu éloignée ces dernières années de la fiction pour donner des témoignages (La Saison de mon contentement, paru chez Actes Sud en 2008, sur la présence d’une femme au second tour de l’élection présidentielle) et rendre des hommages, en particulier à des femmes qui ont compté dans sa vie, comme Anne Philipe, qui fut son amie et sa première éditrice (Bonjour, Anne : Chronique d’une amitié, Éditions Actes Sud/Leméac, 2010).
Avec Loli le temps venu, Pierrette Fleutiaux nous livre probablement son témoignage le plus intime, celui de sa vie bouleversée par l’arrivée de sa petite-fille Loli.
Chroniques de ses journées passées avec la petite, et de celles, devenues bien fades, passées sans elle, Loli le temps venu nous livre l’intimité d’une femme littéralement émerveillée par le petit être qu’elle voit grandir. L’auteure double ces chroniques à la fois drôles et émouvantes de réflexions plus profondes sur l’être humain et sa continuité à travers les générations. On partage les peurs de la toute nouvelle grand-mère livrée aux mécanismes complexes des poussettes et aux batailles des boulevards et parcs parisiens toujours bondés. On suit les progrès de la petite à travers l’émotion profonde de l’auteure et on s’amuse de leurs jeux sur la plage.
Dans son « art d’être grand-mère », Pierrette Fleutiaux parvient à nous faire partager son expérience intime en même temps qu’elle dresse un portrait juste des nouvelles relations grand-mère-petite-fille.

Retrouvez Pierrette Fleutiaux dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site des Éditions Odile-Jacob :
www.odilejacob.fr

Les critiques archivées des Éditions Odile-Jacob.




Reflex

Reflex
,
de Maud Mayeras,
Éditions Anne-Carrière, 2013,
366 pages, 21,00 euros,
ISBN : 978-2-8433-7719-8.

Au cours d’un été de canicule, Iris Beaudry revient dans le quartier où elle a vécu enfant avec ses parents. Son père est mort plusieurs années auparavant, sa mère, qu’elle déteste, vit ses derniers instants dans une institution spécialisée. Photographe à l’identité judiciaire où elle documente par l’image les fraîches scènes de décès, le plus souvent de crime, elle tente de noyer dans les cartes mémoires de son appareil photo Reflex l’image insoutenable de son propre enfant sauvagement assassiné onze années plus tôt. Plus morte que vive, elle n’a que la cigarette, l’alcool, la vitesse de sa moto et le déclencheur de son Reflex auxquels se raccrocher. En parallèle à cette sinistre situation, on suit le destin d’Henri Witkin, qui n’est pas plus enviable que celui d’Iris, loin s’en faut. Orphelin de père (il s’est pendu), Henri a assisté dans son enfance à la mort de sa mère dans un accident de voiture alors qu’il était sur ses genoux. Resté seul avec un morceau de peau de sa mère entre les dents, Henri garde de cet épisode une pulsion qui le conduit à dépecer très régulièrement hommes, femmes et enfants pour collectionner des morceaux de peau.
Maîtrisant parfaitement les codes du thriller, Maud Mayeras tient remarquablement l’attention de son lecteur sur près de quatre cents pages : phrases courtes, univers noir, suspense bien orchestré, construction fine du récit, dénouement surprenant et particulièrement réussi. Dans un Limoges où l’on ne reconnaît que les usines de porcelaine désaffectées et la proximité des lacs, la jeune auteure trentenaire brouille habilement notre vision du bien et du mal, en donnant de l’humanité à l’horreur et en pointant la culpabilité des soi-disant victimes.

Retrouvez Maud Mayeras dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site des Éditions Anne-Carrière :
www.anne-carriere.fr

Les critiques archivées des Éditions Anne-Carrière.




L’Écrivain et son Limousin : Études sur L’Appartenir

L’Écrivain et son Limousin : Études sur 
L’Appartenir
,
sous la direction de Thomas Bauer,
PULIM (Presses universitaires de Limoges)
(Collection « Terre d'écritures »), 2013,
120 pages, 18,00 euros,
ISBN : 978-2-84287-583-1.

La Collection « Terre d’écritures », que dirige Jeanne-Marie Baude aux PULIM, propose régulièrement depuis une douzaine d’années des études approfondies sur les auteurs du Limousin. Les œuvres de Clancier, Paroutaud, Blanzat, Sandeau, Jouhandeau ou Rouffanche ont ainsi été décortiqués, apportant une connaissance fine et fouillée de la création littéraire en Limousin.
L’ambition de Thomas Bauer, qui dirige la parution du nouveau titre de cette collection, L’Écrivain et son Limousin : Études sur L’Appartenir, est de réunir des contributions universitaires sur le thème du rapport des auteurs à leur « pays » : comment le lien au territoire d’origine, à la ville natale, à la terre familiale se transfigure-t-il en œuvre littéraire ? Quelle est la part d’invention, de ré-écriture de cette terre natale ? Entre la figure de l’Éden perdu et le rejet brutal d’une terre honnie, tous les types de liens au Limousin sont ici analysés, au prisme de la question plus globale de « L’Appartenir » qui questionne l’ensemble des liens entre mémoire, espace et environnement.
Les huit contributions scientifiques qui constituent ce volume nous permettent de mieux comprendre le rapport au Limousin d’auteurs reconnus et déjà étudiés par ailleurs, comme Michon, Bergounioux, Sand ou Jouhandeau. L’originalité de cette publication vient aussi de l’excellente étude (la première à notre connaissance par une universitaire) que donne Élodie Bouygues sur Marcelle Delpastre, intitulée : Marcelle Delpastre, pastourelle limousine ? Du refus des étiquettes à la réinvention de soi par la poésie. Une analyse des auteurs de polars limousins par Natacha Levet et une étude originale sur le roman Béloni, de Jean Colombier, par Thomas Bauer complètent cet ensemble de grande qualité.
L’ouvrage s’adresse aussi bien aux littéraires chevronnés qu’aux amateurs de littérature désireux d’aller plus loin dans la connaissance des rapports entre les auteurs et leur Limousin.

Le site des PULIM : www.pulim.unilim.fr

Les critiques archivées
des PULIM (Presses universitaires de Limoges)
.




Lemouzi n°206

Lemouzi
n°206,
sous la direction de Robert Joudoux,
Société historique et régionaliste du Bas-Limousin (Collection « Mémoires d'histoire et de géographie régionales », tome 99), 2013,
160 pages, 16,00 euros,
ISSN : 0024-0761
(numéro de la collection : 1241-7020).

La revue régionaliste et félibréenne du Limousin, qui publie de nouveau régulièrement depuis 1961, propose un sommaire fort riche dans sa livraison de juin 2013. Loin de se contenter de travailler « à l’exaltation des sentiments du terroir dans toutes ses manifestations », Lemouzi propose dans son numéro 206 plusieurs articles passionnants. Le majoral du Félibrige (il est aussi docteur ès jeux floraux) Robert Joudoux propose tout d’abord une version nouvelle d’un texte universitaire de Jean Mouzat sur le troubadour d’Uzerche Gaulcem Faidit. Paule-Marie Duquesnoy, poète et animatrice de l’association Parchemins, propose ensuite un vaste panorama de l’offre d’art contemporain en Limousin, en montrant l’importance des musées et des centres d’art dans la valorisation et l’accueil des artistes d’aujourd’hui. Parmi les études historiques, ce numéro de Lemouzi nous permet de suivre l’itinéraire militaire et littéraire de Georges Gaudy, soldat irréprochable et fidèle maurrassien originaire de Saint-Junien, proposé par son parent François Gaudy.

Retrouvez Robert Joudoux dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Retrouvez Paule-Marie Duquesnoy dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site de Lemouzi :
lemouzi.monsite-orange.fr

Les critiques archivées de Lemouzi.




Le Secret de la rouelle

Le Secret de la rouelle
, tome 2 : Le Feu nouveau,
de Marie-France Houdart,
dessins de Diane de Bournazel,
Maiade éditions, 2011,
225 pages, 19,50 euros,
ISBN : 978-2-916512-11-X.

Anna et Léo, les deux jeunes héros, continuent leur voyage dans le temps aux côtés de leurs ancêtres limousins grâce à leur rouelle magique. Avec eux, ils participent aux croisades, rencontrent Dagobert et Charlemagne, deviennent à la fois témoins et acteurs des événements passés.
Cet ouvrage a une écriture fluide et sans temps mort. On s’attache aux deux enfants et on souhaite de tout cœur les voir réussir leur mission : trouver leurs ancêtres et faire en sorte que tous les événements auxquels ils assistent se déroulent tels qu’ils les ont appris dans les livres d’histoire. On redécouvre également le Limousin à travers cette remontée dans le temps spectaculaire.
Comme dans le tome 1, cet ouvrage nous propose également des jeux, des recettes, des explications historiques et des cartes pour nous accompagner dans notre lecture. En bref, un livre à avoir sur soi en toute occasion.

Retrouvez Marie-France Houdart dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Retrouvez Diane de Bournazel dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site de Maiade éditions :
maiadeeditions.free.fr

Les critiques archivées de Maiade éditions.




Les Artichauts

Les Artichauts
,
texte de Momo Géraud,
illustrations de Didier Jean et Zad,
2 vives voix éditions, 2012,
36 pages, 15,50 euros,
ISBN : 979-10-91081-04-7.

« Ses pas ont cogné les marches […]. Il s’est assis. Sans nous parler, sans nous regarder. […] J’ai rangé mon cahier en silence, j’ai fermé le livre ». Le décor est planté, gros plan sur une petite fille, sur une femme, des artichauts, profil sombre d’un homme. Il n’aime pas les artichauts, c’est la petite fille qui le dit, pense, décrit ce qui se passe. Ce qu’elle craignait arrive : ce sont des cris, des hurlements qui envahissent l’espace. Comment échapper à cette violence, comment ne plus entendre ? Elle imagine courir chez sa grand-mère ou chez son frère mais il fait nuit et il pleut. Elle pense à des moments doux et gais, à ses amis, à un avenir, une maison où les cris n’auraient pas de place. La palette sombre ou lumineuse de Didier jean et Zad accompagne le texte avec force et permet au lecteur de s’identifier à cette enfant et à l’expression de ses sentiments. Ce livre sera utile à beaucoup de petits et grands qui aimeraient rompre un silence douloureux.

Retrouvez Didier Jean dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Retrouvez Zad dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site de 2 vives voix éditions (désormais Utopique) :
www.utopique.fr

Les critiques archivées de 2 vives voix éditions.




Gaufrette & Nougat jouent au papa et à la maman

Gaufrette & Nougat jouent au papa et à la maman
,
texte de Didier Jean et Zad,
illustrations de Sophie Collin,
2 vives voix éditions, 2013,
25 pages, 9,50 euros,
ISBN : 979-10-91081-06-1.

Un nouvel ouvrage de la collection « Gaufrette & Nougat » qui reste dans le même esprit que les autres, vivant et coloré.
Avec la même équipe d’auteurs-illustrateurs que précédemment, le lecteur retrouve les personnages qui lui sont désormais familiers dans de nouvelles situations. La vie quotidienne est ici mise en scène de manière humoristique, cassant les codes et changeant les rôles habituellement donnés au papa et à la maman. Le texte est sobre et les couleurs vives dominent, attirant l’œil. Les plus jeunes lecteurs ont la possibilité d’inventer leur propre histoire sans avoir recours au texte, ce dernier n’étant qu’un appui des illustrations.
En résumé, un joli album pour les enfants à partir de trois ans.

Retrouvez Didier Jean dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Retrouvez Zad dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site de 2 vives voix éditions (désormais Utopique) :
www.utopique.fr

Les critiques archivées de 2 vives voix éditions.




Le Jardin de Mnémosyne

Le Jardin de Mnémosyne
,
de Guillaume Delpeyroux,
(tome 2 de la saga Douzemonde),
Éditions Solilang, 2012,
239 pages, 18,00 euros,
ISBN : 978-2-84932-075-4.

Ce deuxième tome de la saga Douzemonde, débutée avec Willy Martial et le miroir de porcelaine, nous plonge dans un nouveau monde et un nouveau conte.
Pas de repos pour Willy et ses compagnons qui enchaînent les aventures en faisant face à de nouvelles forces maléfiques.
Dans ce volume, nous faisons la connaissance d'une famille de gardiens, d'un roi fou ou encore d'une fée maladroite. La mythologie fait également son entrée, toujours émaillée de références au Limousin que nous connaissons et que nous redécouvrons. Notre région s'enchante, tout comme le lecteur.
Alors que le premier tome était raconté du point de vue du jeune Willy, celui-ci est vu par les yeux de son amie Catherine, permettant ainsi d'en apprendre plus sur son passé et sur son destin, tous deux étroitement liés.
Ce deuxième tome est plus prenant encore que le précédent car nous nous retrouvons directement au cœur de l'action, qui va d'ailleurs croître jusqu'au chapitre final qui risque fort de laisser les lecteurs sur leur faim, en attendant la sortie du tome 3.
Il n'y a pas d'illustrations intérieures dans ce tome, mais la couverture, de nouveau dessinée par Rémi Charlier, est d'une grande qualité.

Retrouvez Guillaume Delpeyroux dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

La chaîne des Éditions Solilang :
fr.youtube.com/solilang

Les critiques archivées des Éditions Solilang.




Émailleurs contemporains : Limoges, 1940-2010

Émailleurs contemporains : Limoges, 1940-2010,
de Simone Christel,
Éditions Culture & Patrimoine en Limousin
(Collection « Approches »), 2013,
102 pages, 24,00 euros,
ISBN : 978-2-911167-78-2.

Voici une passionnante et espérée rétrospective de l’histoire contemporaine de l’émail à Limoges. L’auteure, Simone Christel – qui en connaît toutes les facettes aussi bien du côté cour (ateliers et artistes) que du côté jardin (galeries et manifestations internationales) retrace les différentes périodes marquantes de cet art qui ont jalonné le XXe siècle, depuis la fin des années 30 jusqu’à aujourd’hui : périodes d’effervescence créative, celles de « silence », d’une certaine sclérose, de menaces de disparition et de l’oubli de « l’intelligence des mains ». De nombreuses photos en couleur permettent de découvrir ou reconnaître des œuvres d’artistes-artisans (de Léon Jouhaud aux jeunes créateurs) qui relèvent de si grands défis techniques comme, par la flamme et le cuivre, faire advenir « un papillon qui s’envole, un coquelicot qui se balance sous la brise ». C’est aussi un hommage, à toutes celles et tous ceux qui se sont mobilisés et se mobilisent encore pour que non seulement Limoges reste la capitale internationale des arts du feu, mais que de nouveaux élans créateurs naissent et vivent ici et ailleurs : « …Cet écho à travers les siècles qui unit les créations médiévales à celles des temps modernes, ne peut vibrer, ne peut vivre que dans la mesure où notre présent se veut profondément lui-même et non pas le reflet académique des chefs-d’œuvre du temps passé… » (Georges-Emmanuel Clancier, extrait du catalogue 2e Salon des créations et réalisations actuelles, 1969).

Les critiques archivées
des Éditions Culture & Patrimoine en Limousin
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Brèves de jardin

Brèves de jardin,
de Max Eyrolle,
photographies de Bernard Lazéras,
Éditions Culture & Patrimoine en Limousin
(Collection « Multiples »), 2013,
112 pages, 18,00 euros,
ISBN : 978-2-911167-77-5.

Cette année aurez-vous des Argenteuil, des Grenobloises, des Nombrils de bonne sœur, des Maxigold, des Bonnotes de Noirmoutier, des Géantes de Tilques, des Petrowski, des Roses de Berne ? Les jardiniers savent que ces noms mystérieux sont des légumes choisis avec soin selon leurs spécificités et multiples qualités : asperges, salades, haricots blancs, petits pois, pommes de terre, carottes, navets et tomates.
Ce qui est merveilleux dans ce petit livre (par sa taille), c’est que nous est offerte la connaissance profonde de l’auteur de tous ces légumes, connaissance transmise par son père et son grand-père. Quelques secrets nous sont même dévoilés. Le lecteur pourra, à son tour, apprendre à les planter, les soigner, les regarder, les cuisiner dans toutes leurs saveurs, sans oublier les outils nécessaires pour les accueillir sans les agresser.
Max Eyrolle, comme tout vrai jardinier, est aussi un poète tendre et caustique qui sait observer la terre, se fondre en elle, écouter et dire sa savante et fragile musique : « Vous, vous buvez cet instant et vous rêvez à ces champs de coquelicots futurs, à toutes ces taches de sang qui vont illuminer les talus et les prés les soirs de printemps où la douce lumière du monde fait battre votre cœur d’enfant ». Les photos de Bernard Lazéras, prises dans le grand jardin de cheminot de l’auteur au bord de la voie ferrée de Limoges, accompagnent parfaitement ce livre à déguster et à pratiquer en toutes saisons.

Retrouvez Max Eyrolle dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Les critiques archivées
des Éditions Culture & Patrimoine en Limousin
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Et je me suis caché

Et je me suis caché
,
de Geoffrey Lachassagne,
Éditions Aux forges de Vulcain, 2012,
258 pages, 17,90 euros,
ISBN : 978-2-919176-19-9.

« Titi, 14 ans, et Jérémie, 7 ans, vivent chez leur grand-mère dans une petite ville de Corrèze. Leur grand frère Jules a quitté la ville il y a plusieurs années en promettant à Titi qu'il reviendrait le chercher – et voici qu'il annonce enfin son retour. Tandis que Titi erre avec ses amis autour de la halle et du lac artificiel en attendant l'arrivée imminente de Jules, Jérémie se trouve livré à lui-même et vit dans son monde imaginaire. Ses journées, quand elles ne sont pas consacrées à l'étude de la Bible avec sa grand-mère, sont faites de guerres incessantes contre les Indiens et les Incroyants, qui provoquent toutes sortes de catastrophes. […]
À la fois brut et poétique, Et je me suis caché restitue avec une grande justesse la langue et l'imaginaire de l'enfance et de l'adolescence, faisant de Titi et de Jérémie les lointains descendants – corréziens – d'Huckleberry Finn et Holden Caufield. »
Telle est le résumé donné par l'éditeur en quatrième de couverture. Nous y apprenons aussi que « Geoffrey Lachassagne est né en 1978. Il est écrivain, réalisateur et dramaturge. Et je me suis caché est son premier roman. »
L'éditeur pose ailleurs ce slogan ironique : « La jeunesse n'est plus ce qu'elle était », phrase qu'auraient pu reprendre à leur compte, à leurs époques respectives, les observateurs des héros dont ceux-ci seraient les « descendants » (lointains, en effet, mais pas indignes). Ceux-ci à leur tour sont laissés à eux-mêmes, confrontés au manque d'amour, errants face à la drogue, à la violence, à la découverte du sexe. Corréziens, nous dit-on, et rêvant d'ailleurs, de la grande ville – tel est du moins le lot du héros central, Titi. De quel village ? Cela n'a pas grande importance. À cela nous pouvons ajouter que si l'on parle ici d'un roman, ce qu'il est certes a priori, c'est faute de pouvoir qualifier plus précisément ce texte particulier. Monologue intérieur aussi, non loin du théâtre puisque chacun des personnages principaux (Titi, Jérémie, Jules aussi dans la dernière partie) prend en quelque sorte la parole, à tour de rôle – chacun sur un mode différent : emporté, hargneux ou émerveillé pour Titi, l'adolescent, le délinquant fatal ; planant dans les nuées d'un imaginaire débridé de jeu et de mythes pour son petit frère Jérémie ; d'un lyrisme flamboyant pour Jules, le grand frère attendu comme le Messie, et qui lui aussi se débat avec ses traumatismes, ses disparus. Suite de poèmes, donc, que ces morceaux tantôt hilarants (les jeux enfantins de Jérémie, émaillés de citations bibliques qu'il tient de sa grand-mère adepte et prosélyte des « Martyrs de Yaweh » (sic)) tantôt débordants de crudité écorchée (logorrhée de Titi, le mal-aimé), au fil desquels cependant se déroule une tragédie violente, suite d'aventures, de rencontres (avec Aurore – ses amours avec Titi ; avec Moïse – sa mère folle, son père paraplégique qu'il ne peut abandonner), d'errances, de grosses bêtises, de tentatives de fugues, d'agressions fantasmées ou réelles, vécues à travers le regard et la langue de ces enfants en danger.
On se laissera emporter dans ce flot poétique (ponctuation et syntaxe minimaliste, constamment inventives, événements de vie et de langue), flot parfois confus certes, où l'on se perd parfois et où l'on prend d'autant plus de plaisir à se retrouver. Ainsi du titre, un peu étrange, constitué en fait des derniers mots de la dernière page.

Retrouvez Geoffrey Lachassagne dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site des Éditions Écorce :
www.auxforgesdevulcain.fr

Les critiques archivées des Éditions Aux forges de Vulcain.




Le Silence

Le Silence
,
de Jean-Guy Soumy,
Éditions Robert-Laffont, 2013,
224 pages, 18,00 euros,
ISBN : 978-2-221-13430-6.

Un célèbre mathématicien franco-américain met fin à ses jours à l’aube de la cinquantaine, laissant désemparés sa femme et ses deux fils. Il a semé quelques traces, quelques mots ici et là qui vont permettre à sa femme, la narratrice, de reconstituer peu à peu l’histoire étonnante de l’homme qu’elle a aimé pendant tant d’années sans avoir la moindre idée des terribles secrets qu’il lui cachait. Cette universitaire, spécialiste de littérature française, va avoir ainsi l’occasion de découvrir l’âpreté du Plateau de Millevaches et les secrets qu’il renferme.
Parfaitement construit et écrit de manière limpide, le dernier roman de Jean-Guy Soumy nous transporte donc de l’autre côté de l’Atlantique et aborde la question du génie mathématique – l’auteur lui-même enseigne cette matière.
Roman sur le silence de l’enfant autiste ou de l’homme fuyant son passé, Le Silence est aussi une ode à la parole, à la ténacité, à la fidélité en amour et en amitié, et à la poésie.
Avec un ton toujours juste et précis, Jean-Guy Soumy tient fermement la main de son lecteur et le guide pas à pas dans la découverte des heures sombres de l’histoire.

Retrouvez Jean-Guy Soumy dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site des Éditions Robert-Laffont :
www.laffont.fr

Les critiques archivées des Éditions Robert-Laffont.




Coco

Coco
,
texte d'Abdel Hafed Benotman,
illustrations de Laurence Biberfeld,
Éditions Écorce, 2012,
95 pages, 18,00 euros,
ISBN : 978-2-9535417-3-1.

L'histoire peu banale d'un perroquet amoureux d'une mainate, et son épopée pour retrouver sa belle enlevée et livrée aux vices et sévices d'une clientèle de maison close. Débutant comme oiseau « d'épaule » du sanguinaire pirate le Pitt-Haines, il s'enfuit avec son amoureuse en quête d'une vie meilleure. Mais il est dépositaire d'un secret : l'emplacement où le Pitt-Haines a caché son trésor. Aussi celui-ci cherche-t-il à tout prix à le récupérer pour lui faire avouer l'endroit où se trouve son butin.
Surmontant les obstacles les uns après les autres, la prison, la torture et même la trépanation, notre malin perroquet s'entoure de personnages humains ou animaux, amis ou manipulés afin de se libérer de l'emprise du pirate, et puis de délivrer bien entendu sa mainate.
De son langage familier mais d'une grande fluidité, l'auteur, Abdel Hafed Benotman, nous entraîne dans une aventure cocasse qu'il nous conte avec humour et fantaisie, en faisant fort usage des jeux de mots et autres clins d'œil.
Une histoire bien agréable à lire, tout en admirant les splendides dessins de Laurence Biberfeld qui jalonnent chacune des étapes de ce périple. Parodie ou conte, telle est la question. Mais les deux se mêlent et s'emmêlent pour faire émerger un drôle de récit qu'on lit avec grand plaisir.
Plutôt destiné à un public adulte qui saura savourer le second degré de ce texte, n'h'ésitez pas à jeter un coup d'œil sur ce joyeux bouquin, vous serez aussitôt conquis !

Retrouvez Laurence Biberfeld dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site des Éditions Écorce :
www.ecorce-edit.com

Les critiques archivées des Éditions Écorce.




Vassivière : L'art a trouvé son île

Vassivière : L'art a trouvé son île
,
Beaux arts / TTM éditions
et Centre international d'art et du paysage de l'Île de Vassivière, 2011,
64 pages, 12,00 euros,
ISBN : 978-2-84278-866-7.

Ce très bel ouvrage, illustré de photographies et de plans, nous raconte l'histoire artistique de l'Île de Vassivière, que l'on connaît notamment pour ses bois et la beauté de son paysage. Pourtant, en cette île engendrée par l'homme, art et nature s'entremêlent harmonieusement, s'adressant au public averti comme au profane dans un même langage fait de matériaux bruts et de poésie. Ce livre nous présente l'Île de Vassivière comme nous ne l'avons jamais vue, à travers le regard de nombre d'artistes renommés qui tiennent à nous faire partager leur vision de l'espace, de la nature, de l'homme et de la société. Les commentaires éclairés qui accompagnent chacune de ses pages nous invitent à percevoir l'esprit des lieux tout autant que l'objet poursuivi par les artistes, largement inspirés par ce cadre envoûtant.
Que vous soyez du Limousin, intéressé par l'art, amoureux de la nature ou tout simplement curieux, venez donc découvrir l'île ! À travers ces superbes photos vous vous y croirez, et pourquoi pas, peut-être irez-vous poser le pied sur la berge afin de contempler cette beauté de vos propres yeux ?

Le site de Beaux arts / TTM éditions :
www.beauxartsmagazine.com

Le site du Centre international d'art et du paysage de l'Île de Vassivière :
www.ciapiledevassiviere.com

Les critiques archivées de Beaux arts / TTM éditions.

Les critiques archivées du Centre international d'art et du paysage de l'Île de Vassivière.




L'Avenir des bibliothèques : L'exemple des bibliothèques universitaires

L'Avenir des bibliothèques : L'exemple des bibliothèques universitaires
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sous la direction de Florence Roche et Frédéric Saby,
Presses de l'ENSSIB
(Collection « Papiers / État de l'art »), 2013,
224 pages, 34,00 euros,
ISBN : 979-10-91281-13-3,
ISSN : 2111-0212.

Personne ne doute (?) que les bibliothèques aient un avenir indépendamment de celui du livre, ou du moins veut-on y croire ; mais on se demande sans cesse de quoi il sera fait. Il s'agit ici des bibliothèques universitaires (BU), dont les conditions d'existence, d'insertion et de définition ont notablement changé depuis quelques années, non seulement en raison d'une mutation générale de la lecture, des technologies, des supports (en quoi leur problématique est la même que celle des bibliothèques de lecture publique, avec lesquelles elles peuvent être amenées à collaborer), mais singulièrement en raison des évolutions récentes de l'université.
La direction de l'ouvrage a été confiée à Florence Roche et à Frédéric Saby, du SICD (Service inter-universitaire de coopération documentaire) des universités de Grenoble-2, en collaboration directe avec l'ENSSIB.
L'ambition, conforme à l'orientation de la collection, est ici « d'avoir une approche théorique du sujet, c'est-à-dire centrée sur les enjeux, les causes et origines du problème, permettant à chacun de tirer les conclusions opérationnelles qu'il souhaite, en fonction de son propre contexte local [décentralisation et autonomisation obligent]. À la liste des services et outils […] a été préférée la dimension réflexive, celle-ci permettant d'adapter […] les outils dont la durée de vie est courte. » (Introduction, p. 10).
La France, si elle conserve quelques spécificités (diplômes sacro-saints, clés d'accès obligées à la vie active : entrée à l'université sans sélection), n'est pas seule à avoir introduit récemment une réforme radicale des études universitaires. Pour les BU, deux points essentiels sont à relever : premièrement, la loi relative aux Libertés et responsabilités des universités (LRU, août 2007), amenant le passage des universités aux Responsabilités et compétences élargies (RCE) entre 2009 et 2012 ; deuxièmement, la disparition de la Sous-direction des bibliothèques, remplacée par une Mission de l'information scientifique et de la documentation. Ainsi était franchi un nouveau pas – aboutissement en quelque sorte du décret fondateur de 1985 fondant les Services communs de documentation (SCD) – dans la définition de ces derniers comme services relevant de plus en plus de leur université en collaboration directe, et de moins en moins de l'État. Parallèlement, la structure des études universitaires s'est trouvée bouleversée par la semestrialisation et le LMD, nouvelle organisation des études caractérisée par le morcellement, la demande d'une documentation synthétique et rapide. Cette nouvelle donne, avec l'explosion du document numérique, frappe d'obsolescence certains des services traditionnels des BU, précédemment centrés sur les collections. La question est alors d'opérer cette mutation tout en s'adaptant à un public dont les pratiques, à l'heure de Wikipédia et du Web 2.0, « se situent plus spontanément dans le champ de l'information que dans celui du savoir ». Étant acquise la nécessité d'un décentrage des collections vers les publics, dans un contexte de bouleversement des formes de la documentation, des pratiques de recherche et de la sociologie des publics à l'université, un lien nouveau doit être créé, qui conditionnera l'existence à venir des BU. À travers cet ouvrage, les bibliothécaires des universités sont amenés à s'interroger sur le sens de leur action, envisagé, à partir d'expériences précises, sous les angles principaux des services au public, des bâtiments (et de l'avenir de la BU en tant que lieu à l'heure de l'information délocalisée), de l'évaluation de l'activité (comptes à rendre à l'université et non plus seulement à l'État par l'ESGBU : Enquête statistique – annuelle – générale des BU), et enfin des pratiques professionnelles et du métier (ou plutôt des métiers, héritiers d'une histoire nationale toujours prégnante) à redéfinir et à adapter en permanence (centralisation accentuée du traitement documentaire). Parmi ces questions, celle du lieu est évidemment centrale, avec son corollaire consistant à définir la compétence attendue des personnels, dont le cœur de métier est défini ici (p. 210) comme la « capacité à créer du lien » dans le domaine de la documentation universitaire.
Clairement prospectif, cet essai s'adresse à tous les directeurs et professionnels, quel que soit le type d'établissement. Il interroge les bibliothécaires de l'université sur le devenir de leurs professions et sur la plus-value apportée à la communauté nationale. Il intéressera à ce titre un lectorat plus large, soucieux de comprendre la place qu'occupe aujourd'hui la bibliothèque dans la construction du savoir.

Le site de l'ENSSIB : www.enssib.fr

Les critiques archivées des Presses de l'ENSSIB.




Faire connaître et valoriser sa bibliothèque : Communiquer avec les publics

Faire connaître et valoriser sa bibliothèque : Communiquer avec les publics
,
sous la direction de Jean-Marc Vidal,
Presses de l'ENSSIB
(« La Boîte à outils » n°27), 2012,
180 pages, 22,00 euros,
ISBN : 979-10-91281-02-7,
ISSN : 1259-4857.

La Collection « La Boîte à outils » de l'ENSSIB (École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques) consacre son vingt-septième opus à la communication des bibliothèques. Ce sujet a déjà été abordé par deux fois. D'abord en 2001, sous le titre Concevoir des documents de communication à l'intention du public, sous la direction de Marielle de Miribel (« BAO » n°12, épuisé et sans doute déjà obsolète), ensuite, plus récemment, sous le titre Communiquer ! : Les bibliothécaires, les décideurs et les journalistes (« BAO » n°21). Le point d'exclamation marquait déjà (avec un peu d'ironie ?) la nécessité impérative de la communication pour les bibliothèques, sommées, entre autres institutions culturelles, de se définir (et même de se redéfinir en permanence face aux évolutions du livre et de la société), de se faire connaître et de compenser leur caractère non « spectaculaire » – souligné ici dès l'introduction (ou « Mode d'emploi ») – par une priorité donnée désormais à cet aspect de leur activité. La cible est à nouveau le public, ou « les publics », tant ils sont divers, témoignant de l'effort des bibliothécaires en direction d'un panel d'usagers de plus en plus large, sans oublier ceux qui ne fréquentent pas les bibliothèques – qu'ils en soient empêchés, absents ou indifférents.
Le directeur de publication (ici Jean-Marc Vidal, conservateur à la Bibliothèque municipale de Grenoble), conformément aux attendus de la collection, fait « dialoguer l'analyse et le retour d'expérience », au fil de quatre grandes parties : I – « Publics, outils et stratégies » ; II – « Inventer pour changer son image » ; III – « Du guide du lecteur aux réseaux sociaux » ; IV – « Coopérer pour communiquer ». Les auteurs sont majoritairement des conservateurs directeurs de bibliothèques ou des collaborateurs, quelques spécialistes en matière de communication et un sociologue, Claude Poissenot, qui figurait déjà parmi les contributeurs du n°21. Celui-ci ouvre le ban en posant d'entrée la nécessité de « modifier l'image de la bibliothèque ». De ce premier intitulé on aura inféré implicitement l'existence d'une mauvaise image a priori des bibliothèques françaises ; les différentes parties de son article ensuite proposent aux bibliothécaires d'aujourd'hui de communiquer non seulement « auprès des scolaires », « avec des professionnels », en leur offrant un service de « veille personnalisée », ou encore « sur les renseignements pratiques », ce qui n'est pas d'une grande nouveauté, mais aussi « sur la bibliothèque comme lieu du groupe », « avec les chargés de l'approvisionnement familial », « avec les individus en construction », et plus généralement de « repenser leurs relations avec les populations qu'elles desservent », ce qui semble effectivement avoir été le souci commun des études présentées dans le corps de l'ouvrage. La suite de cette première partie est confiée successivement au directeur de la publication Jean-Marc Vidal, à propos du « nom de la bibliothèque » (bibliothèque ou médiathèque, puis comment la nommer en fonction du public concerné) ; ensuite à la notion de « plan de communication », par Raphaëlle Bats (ENSSIB – Relations internationales) ; enfin à un premier retour d'expérience, celui de la BU (Bibliothèque universitaire) d'Angers dont on se souvient notamment qu'elle reçut le Prix des bibliothèques de Livres-hebdo en 2012, généralement décerné à des bibliothèques de lecture publique. Les BU sont donc tout autant concernées que leurs homologues de la FPT (Fonction publique territoriale) par ces questions de la culture et de la communication – bien que non rattachées au ministère éponyme ; on les retrouvera dans la troisième partie à propos des réseaux sociaux, présentés successivement dans le cadre des bibliothèques publiques et dans celui des BU. Signe distinctif de cette première étude de cas : priorité est donnée d'emblée aux projets, parfois provocants, toujours ajustés au plus près aux attentes et besoins des publics, suite d'une réflexion au sein d'un plan d'action, et confiés à chacun des services concernés de la bibliothèque, impliquant autant que possible l'ensemble des personnels en l'absence de tout service spécifiquement chargé de la communication. On verra se confirmer, au fil du volume, ce primat de l'action concertée et de la pertinence (guidée par un « savoir-faire » toujours accompagné d'un souci de « faire-savoir » – ou encore : « faire ce qu'on dit et dire ce qu'on fait » –, slogans connus) sur les techniques de communication, aussi pointues soient-elles. Mais celles-ci sont unanimement reconnues comme relevant d'un métier spécifique et de professionnels auxquels il est fait appel. La com, d'ailleurs, ne saurait être dissociée des autres modalités de relations des bibliothèques avec leurs publics, notamment la signalétique et surtout l'accueil. Ce dernier est partout privilégié, avec une ouverture maximum (des esprits, mais pas encore des horaires) évitant à tout prix les interdits et les contraintes.
Le choix des contributeurs et des thèmes est équilibré, entre analyses de synthèses et études de cas : si ces dernières comportent parfois une part d'analyse théorique – analyse réputée avoir étayé le projet rapporté –, on voit aussi retracer honnêtement des expériences plus approximatives, faute d'une étude préalable et nécessitant un effort de communication qu'on pourrait qualifier de palliative (BMI de Grenoble). L'honnêteté et un certain pragmatisme sont sans doute les qualités de cet ouvrage ouvert largement sur toutes les formes de communication y compris les plus basiques, comme la communication interpersonnelle avec les lecteurs, tout simplement, ce qui peut sembler aller de soi mais gagne à être rappelé. Pragmatisme et ancrage dans la vie locale : voir par exemple l'encadré « Communiquer en période électorale ». Cela dit, la recherche d'originalité s'impose ; fleurissent les slogans ou modes d'interpellation inattendus. L'article de Brigitte Maury sur « Les bibliothèques en campagne ! » (campagne de publicité en l'occurrence) y est consacré, à travers trois exemples typiques dont celui de la BFM de Limoges en 2008. Place est faite aussi aux expériences étrangères (« Les bibliothèques publiques du Québec à la conquête du public masculin »), mais limitée à l'espace francophone. On peut donc regretter un défaut de mise en perspective historique et géographique (ou « comparatiste »). Mais ce serait trop attendre d'une collection dont le nom annonce une ambition pratique et donc limitée. La dernière partie, intitulée « Coopérer pour communiquer » (« Travailler avec le service communication de la tutelle » ; « Travailler avec un infographiste dans l'équipe de la bibliothèque » ; « Signes d'attention : La signalétique et sa relation avec le public ») est l'occasion de revenir globalement de la théorie à la pratique. Celle-ci se concrétise sous la forme d'encadrés et des annexes habituelles que sont le mémento final, ou récapitulation synthétique signée du directeur de collection, et un glossaire. Les références bibliographiques (URL web pour la plupart) sont à chercher en bas de page au fil des articles.
Nul doute, les bibliothèques du XXIe siècle veulent rompre avec toute image poussiéreuse attachée à leur nom. Exit, notamment, le sacro-saint Guide du lecteur, représentatif d'un mode de communication obsolète, au profit de ceux d'aujourd'hui, au premier rang desquels les outils du web 2.0 et notamment les réseaux sociaux. A-t-il pour autant disparu ? Non : un article reste consacré aux différentes formes que peut prendre un guide du lecteur. Comme pour affirmer dialectiquement une stabilité, la constance d'un cœur de métier auquel une part du public, qu'on le veuille ou non, continue et continuera de se référer.

Le site de l'ENSSIB : www.enssib.fr

Les critiques archivées des Presses de l'ENSSIB.




Un dîner entre amis ?

Un dîner entre amis ?
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textes de Valérie Weishar-Giuliani,
illustrations de Claire Chavenaud,
Éditions Éponymes, 2012,
37 pages, 10,00 euros,
ISBN : 978-2-36-516019-3.

Suffit-il de s’appeler Grégoire pour faire comprendre qu’on n’est pas le Grand Méchant Loup comme son grand-père ? C’est ce que s’emploiera à faire ce jeune loup, à la recherche de nourriture et qui rencontre la petite-fille du Petit Chaperon rouge puis les Trois Petits Cochons, la chèvre sans ses sept chevreaux, sa cousine la chèvre de monsieur Seguin et enfin Pierre le petit garçon qui a désobéi à son grand-père.
Les illustrations de Claire Chavenaud – dont c’est le premier livre – sont très expressives, faites de mélanges de matières et de techniques : papier mâché de journaux, dessins, impressions en linogravure…
Le texte de Valérie Weishar-Giuliani est quant à lui plus classique et quelque peu attendu, tels certains contes qui, à chaque nouvelle situation, répète une même litanie.
L’ensemble fera sûrement plaisir aux jeunes lecteurs et merci aux Éditions Éponymes de titrer, sur la page d’accueil de leur site Internet, « Le Limousin a du talent ! » pour présenter deux illustratrices de la Haute-Vienne : Laure Phelipon et Claire Chavenaud.

Retrouvez Claire Chavenaud dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site des Éditions Éponymes :
www.editions-eponymes.fr

Les critiques archivées des Éditions Éponymes.




Alan Stivell

Alan Stivell
,
de Laurent Bourdelas,
Éditions Le télégramme, 2012,
334 pages, 19,90 euros,
ISBN : 978-2-84833-274-1.

Voici, en quelque trois cents pages, l’itinéraire de quarante ans de carrière et de passions musicales d’Alan Stivell, le barde qui a fait aimer la musique bretonne et celtique à tant de personnes et qui a su si bien mêler à ses créations les autres musiques du monde.
Tout commence grâce à Georges Cochevelou, son père, qui a fait renaître la harpe bretonne en en sculptant un prototype pour l’offrir à son fils qui en fera l’instrument de sa vie.
L’auteur retrace toutes les étapes de cette vie musicale depuis ses premières représentations, en 1954 à l’âge de dix ans, parmi les Petits Bretons de Paris ou les scouts Bleimor. En quelques années, il devint multi-instrumentiste. En 1966, il adopta son nom de scène qui se traduit par « source jaillissante », « nul doute qu’il y a chez le chanteur à la fois le désir de retour aux sources et la volonté d’aller vers un ailleurs ». C’est cet écheveau que déroule Laurent Bourdelas en détaillant chacun des disques et CD réalisés par Alan Stivell suivis de ses nombreuses tournées en Bretagne, dans le reste de la France et dans d'autres pays du monde. Décrire, avec minutie, chacun des titres, le graphisme des pochettes, les chansons, certains extraits, tous les musiciens qui participent pourrait paraître fastidieux, mais cette démarche rend compte de la multiplicité des répertoires, des instruments et des styles et donne envie de s’y plonger « en live ».
Comme l’auteur est aussi historien, nous avons le plaisir de découvrir de nombreuses incises sur des faits d’histoire, des contes et légendes de Bretagne, d’Irlande… N’est pas négligée une dimension fondamentale d’Alan Stivell : son engagement continu pour la langue bretonne, sa fierté retrouvée, l’acquisition d’un statut particulier pour la Bretagne, même si l’évolution de ses positions n'est pas toujours claires.
Néanmoins, des récits et témoignages tous élogieux, aussi intéressants soient-ils, ne forment pas une biographie qui a besoin des aspérités et des contradictions de la vie. Il est peut-être trop tôt. Laissons à Alan Stivell le temps d’aborder la troisième vague de son voyage artistique.

Retrouvez Laurent Bourdelas dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Les critiques archivées des Éditions Le télégramme.




 
Le site de lecteurs-bibliothécaires Libfly met en ligne plusieurs centaines de critiques de livres parues dans la revue Machine à feuilles et dans la rubrique « Vient de paraître » de ce site.
Vous trouverez ainsi un forum et la liste de lectures liée aux critiques sur www.libfly.com.