ALCA* – Agence livre, cinéma et audiovisuel en Nouvelle-Aquitaine, site de Limoges

* Née de la fusion d’Écla, du Centre régional du livre en Limousin 
et du Centre régional du livre et de la lecture en Poitou-Charentes


Feuilles reçues (mise en ligne en 2012)


 



Le Secret secret

Le Secret secret
,
de Laurent Albarracin,
Éditions Flammarion, 2012,
140 pages, 15,00 euros,
ISBN : 978-2-0812-7026-8.

Écrivain aussi discret que talentueux, Laurent Albarracin publie régulièrement, depuis près de quinze ans, à la fois des recueils de poésie, comme Le Feu brûle, paru à l'Atelier de l’agneau en 2004, et des essais, parfois en forme d’hommage, comme celui qu’il a consacré à Pierre Peuchmaurd (Éditions des Vanneaux, 2010).
Le recueil qui vient de paraître dans la Collection « Poésie » de Flammarion marque sans doute un point d’orgue dans l’œuvre de l’auteur corrézien.
Organisé en trois séquences, il comprend « Le Secret secret », « Les Armes découvertes » et « La Branche cachée ». Laurent Albarracin s’affirme ici comme un chercheur de mots, un chercheur sur les mots, sur leur sonorité, sur leur familiarité avec la bouche qui les dit et la tête qui les pense. Dans la lignée d’un Francis Ponge, il décortique les objets, les animaux (cheval, zèbre, insecte, écureuil) et plus encore les éléments : l’eau, le feu, la terre, le nuage, l’arbre, le vent, la pluie, etc. Mais ici, pas de liste, pas de décorticage systématique, mais plutôt une plongée virtuose dans les mots et les choses, pour en tirer ce qu’il y a de plus profond ou de plus banal, de plus grave ou de plus cocasse.
Chez Laurent Albarracin, les mots comme les choses s’imposent à nous, et il nous invite à les regarder de plus près, sans rêverie, sans lyrisme, mais précisément pour aborder leur existence réelle, leur essence. Au fil de ces cent quarante pages, c’est le banal qui devient merveilleux, les mots se confondant avec les choses, puis s’en séparant de nouveau, créant comme un surréalisme d’un siècle nouveau.

« La neige frappe dehors sourdement
elle bourre le monde de coups
elle a du coton dans ses poings
de l’eau dans son verre
elle s’abat lourde de retenue »

Retrouvez Laurent Albarracin dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site des Éditions Flammarion :
editions.flammarion.com

Les critiques archivées des Éditions Flammarion.




Paysages insoumis

Paysages insoumis
,
de Thierry Girard,
précédé d'Insoumission,
de Pierre Bergounioux,
Loco / L'atelier d'édition, 2012,
96 pages, 35,00 euros,
ISBN : 978-2-919507-05-4.

Photographe installé de longue date en Poitou-Charentes, Thierry Girard est souvent venu en voisin en Limousin. Invité en 2002 par Guy Tortosa – alors directeur du Centre international d’art et du paysage de Vassivière – à travailler sur les paysages du Limousin, il réalise le projet « Les cinq voies de Vassivière ». Grand lecteur de Pierre Bergounioux, Pierre Michon et Richard Millet, le photographe revient régulièrement en Limousin sur les traces de ces écrivains.
Bon connaisseur de l’Histoire de la région, il est marqué par le caractère rebelle des Limousins et par les nombreux épisodes de sédition, d’insoumission, de révolte et de résistance qui ont émaillé l’Histoire de cette région. Mais l’Histoire laisse peu de traces. Comment un photographe d’aujourd’hui pourrait-il représenter ces épisodes ? Le caractère réfractaire de cette région peut-il se lire dans ses paysages ? La représentation contemporaine des lieux peut-elle nous donner des indices pour comprendre ce pays insoumis ?
Dans la belle préface qu’il donne à l’ouvrage, Pierre Bergounioux avance l’argument marxiste de la lutte des classes pour expliquer ce caractère revêche à l’autorité des Limousins : mal dotés en bonnes terres, tenus à l’écart des progrès du monde, les Limousins se seraient très tôt révoltés contre les receveurs de gabelle ou les sergents recruteurs.
Thierry Girard, quant à lui, interroge à la fois le paysage et le spectateur de ses images, bien plus qu’il n’avance de réponse. L’ouvrage s’organise simplement avec l’image, si nette (les photos sont prises à la chambre) à droite et l’explication du fait historique à gauche. Le photographe a volontairement privilégié les rues vides, les routes crevassées, les taillis enneigés et les volets clos, qui contrastent avec les récits de combats, d’explosions, de foules hurlantes, de fourches menaçantes. La force de ces images réside dans le fait qu’elles nous donnent des indices d’une présence humaine, qu’elles nous livrent des points d’entrée, mais qu’elles laissent chacun libre d’apporter des éléments de réponse.
Plusieurs de ces images peuvent être consultées sur le site GéoCulture : le Limousin vu par les artistes.

Retrouvez Pierre Bergounioux dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site de Thierry Girard :
www.thierrygirard.com

Le site des Éditions Loco :
www.editionsloco.com

Le site de L'atelier d'édition :
www.latelierdedition.com

Les critiques archivées des Éditions Loco.




Des plats, des hommes dans l'histoire de France

Des plats, des hommes dans l'Histoire de France : 30 personnages, 30 histoires, 30 recettes
,
textes de Sylvain Caruso,
illustrations de Michel Janvier,
photographies de Pascal Rabot,
préface de Paul Bocuse,
Mines de rien éditions, 2012,
128 pages, 20,00 euros,
ISBN : 978-2-917848-25-8.

Les Éditions Mines de rien, éditeurs de beaux-livres consacrés à la gastronomie et au patrimoine culinaire, proposent de revisiter les grands personnages de l’Histoire de France à travers les plats qu’ils aimaient. On apprend ainsi que François 1e aimait le gibier, Louis XVI le perdreau et Charles de Gaulle la truite. Plusieurs recettes permettent de mieux connaître les grands cuisiniers du passé, comme François Vatel ou Jean-Anthelme Brillat-Savarin. Les personnages littéraires sont bien représentés, puisqu’on retrouve les recettes favorites de François Rabelais (fouaces), Honoré de Balzac (gâteaux fourrés aux dattes), Victor Hugo (épaule de mouton aux haricots blancs), Alexandre Dumas (casserole de riz à la reine), George Sand (omelette aux écrevisses) et Alphonse Allais (cretons de Rigaud).
Ce bel ouvrage est le fruit d’un important travail collectif : Sylvain Caruso pour les textes, Michel Janvier pour les illustrations, Pascal Rabot pour les photographies, Paul Bocuse pour la préface et Philippe Meyzie (spécialiste de l’histoire de l’alimentation) pour les vérifications historiques.
Ce livre pourra émoustiller les papilles à la fois des amateurs d’Histoire et ceux de gastronomie.

Retrouvez Michel Janvier dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Les critiques archivées de Mines de rien éditions.




Des miettes et des étoiles

Des miettes et des étoiles
,
de Thomas Duranteau,
Élytis édition, 2012,
224 pages, 16,00 euros,
ISBN : 978-2-35639-094-3.

Sur l’invitation de l’Union des déportés d’Auschwitz, Thomas Duranteau, jeune enseignant d’histoire et de géographie vivant à Aixe-sur-Vienne (Haute-Vienne), effectue un voyage de cinq jours en compagnie d’anciens déportés. Par ailleurs poète, peintre et dessinateur, il décide d’aborder la Shoah sous la forme d’un carnet de voyage mêlant dessins, croquis, gravures, réflexions personnelles, journal et citations d’auteurs ayant écrit sur ce thème.
Le moins que l’on puisse dire est que le pari éditorial était risqué. Or, l’ensemble forme un ouvrage remarquable tant du point de vue de la forme que du fond.
Historien de formation, Thomas Duranteau connaît très bien les mécanismes de la barbarie nazie à l’œuvre dans ces camps, mais il laisse aller sa propre sensibilité artistique en la mettant au service des archives qu’il reproduit (articles, témoignages de rescapés, photos d’époque…). Sa maîtrise du sujet lui donne une liberté créative rare pour un voyage de ce  type : il illustre ainsi les pages de  journal d’un médecin SS ayant exercé dans un des camps ou entame une séquence en BD sur le questionnement d’un Juif face à l’horreur subie.
Avec pudeur et retenue, mais aussi avec une grande maîtrise graphique, le jeune poète propose un ouvrage à la fois original et ambitieux, servi par une très belle maquette et un petit format qui réussit bien aux Éditions Élytis.

Retrouvez Thomas Duranteau dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site d'Élytis édition : www.elytis-edition.com

Les critiques archivées d'Élytis édition.




Pierre Courtaud : Poète, éditeur, ami des artistes

Pierre Courtaud : Poète, éditeur, ami des artistes
,
de Bertrand Courtaud,
Collection La main courante, 2012,
50 pages, 10,00 euros,
ISBN : 978-2-913919-42-6.

Pierre Courtaud s’en est allé en janvier 2011, alors qu’il allait avoir soixante ans.
Bertrand Courtaud, son neveu, professeur de lettres et collaborateur privilégié de son oncle, a organisé au printemps 2012, à La Souterraine, l’exposition « Pierre Courtaud : Poète, éditeur, ami des artistes ».
Le catalogue qui accompagne l’exposition permet de se replonger dans l’étude précise et érudite que Bertrand Courtaud fait du travail de son oncle, en ne séparant jamais les activités d’éditeur, d’écrivain et de lecteur de Pierre Courtaud, ainsi que dans les riches collaborations artistiques qu’il a entretenues. Secret, pudique, n’ayant pratiquement jamais quitté La Souterraine en raison d’une santé fragile, Pierre Courtaud a mené en une trentaine d’années un travail exceptionnel d’édition – avec la Collection La main courante – et d’écriture : plusieurs dizaines d’ouvrages parus, marqués par une grande exigence de qualité, une constance et une fidélité rares aux auteurs et aux artistes auxquels il était lié.
Avec plus de cent quarante titres publiés à La main courante, il s’est en effet imposé comme un éditeur de poésie et de littérature contemporaine « de pointe » : moderne, expérimentale, parfois hermétique, la littérature qu’il choisit de publier se soucie peu du lecteur et encore moins des modes.
Bertrand Courtaud a montré également dans cette exposition-hommage la fidélité de son oncle et sa constante curiosité pour la philosophie, la musique et la peinture. Sa proximité avec des artistes comme John Cage, Henri Chopin ou Leonard Cohen, et son amitié avec Jean Mazeaufroid, Rémy Pénard ou Jean-Marc Scanreigh sont finement analysées.
L’exposition et le catalogue qui l’accompagne montrent enfin un Pierre Courtaud intime moins connu, que seul un fin connaisseur de l’homme et de l’auteur comme Bertrand Courtaud pouvait nous révéler : il nous confirme son attachement très profond à la Creuse et au Pays sostranien, la place que la maladie et la cécité occupent dans son œuvre, mais nous révèle aussi un auteur de pages magnifiques sur sa mère.
Hommage au fondateur de la maison d’édition, cet ouvrage est aussi le premier publié par Bertrand Courtaud, qui souhaite continuer à faire vivre La main courante en respectant l’esprit et la lettre de son créateur.

Les critiques archivées
de Collection La main courante
.




Maman est morte

Maman est morte
,
de Julien Bosc,
Éditions Rehauts, 2012,
56 pages, 10,00 euros,
ISBN : 978-2-917029-18-3.

Maman est morte. Mais plus que la mémoire de la défunte, c’est d’abord son corps qui s’impose. Corps nu et froid, simple viande, et qui commence à sentir. C’est à une crue veillée funèbre que Julien Bosc nous invite, sans pathos, avec une économie de mots.
La famille est rassemblée, on boit, on lave le corps, on le promène, un peu, pour rire, pour passer le temps.
« on l’a lavée / à grands jets / d’eau / dehors / dans la cour / comme on pisse / debout / contre le mur / tout vieux / chaulé ».
En quelques mots posés au milieu des pages, Julien Bosc pique le lecteur et le ramène à la nudité crue de la mort, loin des chambres funéraires proprettes et des cercueils capitonnés.

Retrouvez Julien Bosc dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Les critiques archivées des Éditions Rehauts.




Impressionnisme et postimpressionnisme dans la Vallée de la Creuse : The Crozant School

Impressionnisme et postimpressionnisme dans la Vallée de la Creuse : The Crozant School
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de Christophe Rameix,
traduction anglaise d'Alain Decotigny,
Éditions Christian-Pirot, 2012,
147 pages, 25,00 euros,
ISBN : 978-2-36536-008-1.

Plus de vingt ans après la publication de son premier livre sur l’École de Crozant (L’École de Crozant : Les peintres de la Creuse et de Gargilesse, 1850-1950, Éditions Lucien-Souny), Christophe Rameix réunit enfin, dans un ouvrage clair et synthétique, les grands peintres de la Vallée de la Creuse et leurs œuvres majeures.
Disséminées dans le monde entier, les œuvres majeures peintes à Crozant, Fresselines ou sur les bords de la Sédelle par Monet, Guillaumin, Detroy ou Madeline sont réunies et présentées pour la première fois ensemble. Textes synthétiques en français et en anglais, mise en page soignée, plus de cent vingt reproductions de grande qualité, maquette aérée, beau papier : tout est réuni dans cet ouvrage pour en faire la référence bibliographique sur ce thème, à un prix très intéressant pour un ouvrage de cette qualité.
Christophe Rameix et les éditeurs – parmi lesquels il faut saluer Jean-Paul Thibaudeau pour son travail – réussissent en particulier à réunir treize reproductions des tableaux que Monet a peints lors de son séjour à Fresselines en 1889, de nombreuses toiles d’Armand Guillaumin, probablement le plus important et le plus fidèle peintre de cette Vallée de la Creuse, mais aussi plusieurs toiles de Francis Picabia et une très belle image de l’artiste surréaliste dans son atelier. Le mérite de Rameix, fin connaisseur des lieux et des peintres qui y ont séjourné, est de replacer la présence successive des artistes dans le contexte de l’histoire de l’art, et de donner, pour chacun des artistes présentés, une courte étude biographique et un rapide commentaire du style de chacun.
On peut utilement compléter la lecture de cet ouvrage par une visite du site Internet GéoCulture – Le Limousin vu par les artistes (geo.culture-en-limousin.fr), qui donne accès à de nombreuses images et des entretiens avec Christophe Rameix ou Catherine Wachs, qui dirige le Musée de la Sénatorerie de Guéret.

Retrouvez Christophe Rameix dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Les critiques archivées des Éditions Christian-Pirot.




L'Ourle

L'Ourle
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d'Alain Galan,
Éditions Gallimard (Collection « Blanche »), 2012,
127 pages, 13,00 euros,
ISBN : 978-2-07-013699-5.

L’ourle, c’est plus que la lisière d’un champ, c’est un écart entre les bêtes et les hommes, entre le sauvage et « le perfectionné », c’est leur contact aussi, le passage entre les sortilèges du soir et l’effacement du jour, la forêt ancestrale en nous et hors de nous, la duplicité de la perception, de l’imaginaire et de la mémoire. C’est à cette polyphonie de sens, de situations et d’images que nous invite le récit limpide et dense d’Alain Galan.
Le narrateur a choisi de retourner vivre dans la maison de son enfance, dans une partie désertée de la Corrèze : « les hautes herbes, les fougères, la ronce jeune, la viorne, le lierre et le chèvrefeuille enveloppant les gisants masquaient d’un rideau de basse lisse le désastre causé par les vents quelques mois auparavant ». Les insectes participent à cette mort annoncée en inscrivant leur destructive typographie dans la sève des épicéas ; les châtaigniers sont pris de la maladie de l’encre. Lui-même est obligé de passer ses journées à « repeigner », « recoudre » des textes aux mots vides pour un éditeur qui fait fortune avec les « rustiques modernes ». Un charpentier parle le langage des arbres appris de génération en génération ; un tatoueur fada aux allures de Grand Meaulnes peint sur des arbres des figures sortilèges pour exorciser la mémoire invasive de sa mère. Même les mots ont leur fosse commune d’oubli. Pourtant l’art continue « d’éclairer le chaos d’une certaine éternité », même si elle est trompeuse. Les élèves de la nouvelle institutrice auront la chance de découvrir les traces de pastel laissées sur les arbres et peut-être poursuivront-ils leur dessin ?
Une grande mélancolie et une grande poésie se dégagent de ce livre qui parle de l’essentiel.

Retrouvez Alain Galan dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site des Éditions Gallimard : www.gallimard.fr

Les critiques archivées des Éditions Gallimard.




Les 10 commandements de l'ère numérique

Les 10 commandements de l'ère numérique
,
de Douglas Rushkoff,
traduction de Cyril Fiévet,
FYP éditions (Collection « Innovation »), 2012,
175 pages, 21,00 euros,
ISBN : 978-2-916571-65-2.

Les Éditions FYP se présentent comme l'éditeur de référence sur l'innovation et le numérique. Elles le font sous la forme de livres imprimés, ce qui marque bien la position de recul critique qui est la leur. En voici une nouvelle illustration intéressante, sous la plume de Douglas Rushkoff. Celui-ci, auteur d'une douzaine d'ouvrages importants consacrés aux médias et à la société, est un spécialiste reconnu de la cyberculture aux États-unis. Il en connaît les arcanes, en a suivi les développements, en apprécie clairement les progrès, mais aussi les excès et les dérives. 10 commandements est la traduction de Ten commands, titre original dont la connotation biblique était sans doute moins directe, mais l'auteur lui-même replace à plusieurs reprises son propos dans une tradition du livre, du langage et des médias depuis les origines. Le titre complet était d'ailleurs plus explicite : Program or be programmed : Ten commands for a digital age. Programmer ou être programmé, tel est l'enjeu en effet, et le verbe programmer (ou être programmé) peut être pris au sens large (être conditionné) ; mais aussi au sens étroit, ce qui n'est guère rassurant, les machines prenant le contrôle d'une humanité déshumanisée. Le propos de ces dix commandements, qui structurent l'ouvrage en dix chapitres, est bien de replacer l'humain au cœur des technologies numériques et de fournir à chacun des clés pour reprendre le contrôle. Chacun de ces chapitres tient en un mot d'ordre, développé par un bref sous-titre qui énonce le « commandement » : 1. Le temps – Ne pas être toujours « on » [c'est-à-dire connecté] ; 2. Le lieu – Vivre en personne ; 3. Le choix – Savoir cocher la case « aucun des choix ci-dessus » ; […] 10. Le but – Programmer ou être programmé. Cette annonce thématique est en outre développée par un chapeau introductif résumant le propos du chapitre. Efficacité toute journalistique qui facilite la lecture de cet ouvrage agréable et particulièrement tonique, et, qui plus est, riche en précisions pédagogiques. On aimerait citer chacun de ces commandements, d'une portée éthique évidente, par exemple celui du chapitre 8 : Les faits – Dire la vérité. Mais cette injonction limpide, si elle renvoie a contrario à des égarements connus, ne saurait dispenser d'une lecture détaillée, pour y trouver notamment la démonstration non seulement d'un devoir mais d'un intérêt immédiat de tous et de chacun (nouveau contrat social) étayé par l'expérience personnelle de l'auteur. Lecture détaillée ou rapide qu'on peut donc recommander au large public des honnêtes gens d'aujourd'hui.

Le site de FYP éditions : fypeditions.com

Les critiques archivées de FYP éditions.




Tonnerre de catch

Tonnerre de catch,
textes d’Ingrid Chabbert,
illustrations de Claire Gaudriot,
Zoom éditions, 2012,
33 pages, 14,00 euros,
ISBN : 978-2919934-80-5.

Les enfants épousent souvent la carrière des parents, on sait cela depuis longtemps. Mais quand on a deux parents catcheurs, devient-on aussi catcheur soi-même ? Dans la famille de Peter en tout cas, le papa c’est « Le Tonnerre barbu », la maman, c’est « Lady bagarre » et son frère et sa sœur vont à l’école des catcheurs. Toute la famille ne vit que pour le catch, la castagne, les masques étoilés et les prises biscornues… Toute ? Non ! Peter, lui, résiste fièrement à l’épidémie de catch car ce qu’il aime plus que tout, c’est la danse. Il veut devenir danseur étoile et ne rêve que d’entrechats et de pas chassés. Les siens le trouvent plutôt bizarre, mais pour son gala de danse, il leur prépare une surprise de taille.
On retrouve ici avec plaisir le trait arrondi et les couleurs vives de Claire Gaudriot, révélée au grand public par la série des « Hortense petite fée » publiée chez Hachette jeunesse, dans une histoire plaisante de terreau familial contrarié.

Retrouvez Claire Gaudriot dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site de Zoom éditions : www.zoomeditions.com

Les critiques archivées de Zoom éditions.




L'Abbaye et l'Ordre de Grandmont : Entre ascétisme et opulence, XIe-XVIIIe siècles

L'Abbaye et l'Ordre de Grandmont :
Entre ascétisme et opulence, XIe-XVIIIe siècles
,
de Robert Chanaud,
Éditions Culture & Patrimoine en Limousin
(Collection « Approches »), 2012,
99 pages, 26,00 euros,
ISBN : 978-2-91116-74-4.

Tout le monde a entendu parler des Cisterciens, des Chartreux. Mais qui connaît les Grandmontains ? Pourtant, l'Ordre de Grandmont, né dans une forêt du Limousin, édifia en France plus de cent cinquante monastères, patrimoine aujourd'hui en restauration.
Robert Chanaud, chartiste et naguère directeur des Archives départementales de la Haute-Vienne, est l'auteur du classement des archives de Grandmont et d'un répertoire correspondant. Il livre aujourd'hui un ouvrage de synthèse et de vulgarisation qui comblera un manque au sujet de cet ordre important, issu au XIIe siècle de la vie et des enseignements de saint Étienne de Muret, ermite, dissous en 1772 et dont il ne reste pas trace aujourd'hui. Le sous-titre, Entre ascétisme et opulence, résume bien les tensions auxquelles ont été voués tous les ordres dont la vocation première radicale a commencé par faire le succès, pour ensuite s'altérer inéluctablement, victimes de ce succès même. Certains, tels les Franciscains, ont survécu aux crises, d'autres non. En sept siècles d'histoire, la pure règle initiale aura eu bien des occasions de se pervertir, de se confronter aux pressions du « siècle », toujours en relation avec son époque (« Même la révolte initiale, la fuite hors du monde, obéissait à des schémas flottant dans l'air du temps », est-il noté dans l'avant-propos).
L'objet de l'ouvrage, et son principal apport, est de replacer chaque phase de l'histoire de Grandmont dans son contexte historique précis, redonnant de l'intelligibilité à des péripéties qui autrement n'en ont guère. Il y parvient, de façon synthétique, avec un recul éclairant et un art agréable du récit et de la formule. Après la légende initiale, sont parallèlement présentés les acteurs, étapes et aléas de l'histoire grandmontaine (abbés, commendataires, réformateurs ; constructions et architecture ; concurrence avec les autres ordres, résistance ou complaisance au succès, coexistence et complémentarité des clercs et des laïcs) et évoqués les courants historiques déterminants : réforme grégorienne, mainmise d'Henri II Plantagenêt, Guerre de Cent ans, Guerre de Religion, mouvement janséniste, pour en citer quelques-uns, et l'on voit ce que ce survol pourrait avoir de schématique.
D'un format agréable abondamment et judicieusement illustré, ce livre devrait intéresser un très vaste public spécialisé ou non.

Retrouvez Robert Chanaud dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Les critiques archivées
des Éditions Culture & Patrimoine en Limousin
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La Creuse, mémoires d'une rivière

La Creuse, mémoires d'une rivière,
textes de Georges Châtain,
photographies de Frédérique Avril,
Éditions Culture & Patrimoine en Limousin
(Collection « Multiples »), 2012,
125 pages, 19,00 euros,
ISBN : 978-2-911167-73-7.

Culture & Patrimoine en Limousin publie un nouvel opus des « Itinéraire[s] » de leur Collection « Multiples » en nous proposant de naviguer en mots et en images sur la Creuse, en la suivant depuis ses sources mystérieuses du Plateau de Millevaches jusqu’à son confluent avec la Vienne 255 kilomètres plus loin.
Écrivain, journaliste et familier des bords de la Creuse, Georges Châtain mène habilement la barque en évoquant les grands lieux historiques de la Vallée de la Creuse et les anecdotes glanées au fil de l’eau. C’est tout un pan de l’histoire du Limousin, du Berry, du Poitou et de la Touraine que l’on découvre ainsi en canotant entre Ajain, Crozant, Gargilesse, Le Blanc et La Roche-Posay.
Fourmillant d’anecdotes et de citations, ce petit guide est aussi une occasion de se plonger dans l’univers photographique de Frédérique Avril, qui nous donne sa vision personnelle des bords de la Creuse, entre vallées encaissées, imposantes piles de pont et paisibles navires de papier.

Retrouvez Georges Châtain dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Les critiques archivées
des Éditions Culture & Patrimoine en Limousin
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Soleil-œil-crépu

Soleil-œil-crépu
,
d'Édith Azam,
Éditions Dernier télégramme, 2011,
120 pages, 14,00 euros,
ISBN : 978-2-917136-43-0.

Drôle de titre pour un texte atypique. Dès la première page, ponctuation, syntaxe, circonstances nous échappent comme sable entre les doigts :
« Ce serait comme ça : Un rêve un peu, et pour ne pas que quelque part : On se loupe de nous. Alors… Alors on est là-bas, je ne sais pas trop où : L'Afrique. Moi, je ne la connais pas l'Afrique. Mais j'ai un livre sur les genoux : dedans y a ce que toi, toi tu l'as déjà vu…
J'ouvre le livre. »
Donc, c'est comme un voyage qui est à la fois un livre dont les pages seront les… étapes ? Au bout de quelques pages le dernier mot sera « Page », et on passera à la suivante. Sur cette première, et ensuite sur quelques autres, il y a des dessins de l'auteure. Mais la plupart du temps beaucoup de blanc. Nous disons « auteure » au féminin, car elle écrit et vit et aime au féminin. Elle vit fort apparemment, et elle lit fort aussi, comme le savent ceux qui ont assisté à des lectures de ses textes par Édith Azam.
Suite de pages évoquant une marche en Afrique. Deux protagonistes : la femme qui écrit, comme elle marche, qui marche comme elle écrit, page après page ; et lui (noir, probablement) qui l'accompagne, la guide, l'aime. Le blanc envahissant le bas de la plupart des pages est comme le sable du désert, et les lignes sont comme le chemin. On marche avec elle en lisant. Il y aura des arrêts, des fatigues, des rencontres, des changements de paysage dans ce paysage des pages. Des choses plus ou moins compréhensibles (comme dans les rêves), des points de suspension, des « Page[s]. Censurée[s] » (nous citons), et l'irruption d'un autre auteur, Julien Blaine, en mots et en drôles de photographies de pieds sableuses et répétitives – et cet aphorisme : « écrire comme un pied / l'écriture c'est le pied ».
Tout cela, croyez-le si vous voulez, a un fort charme. Et finit par ces mots qui rappellent le début, par-delà le leitmotiv des pages : « Je ne veux pas que l'on se loupe, non, je ne veux pas te louper. »

Le site des Éditions Dernier télégramme : www.derniertelegramme.fr

Les critiques archivées des Éditions Dernier télégramme.




La Revanche des Communeux

La Revanche des Communeux,
de Jean-Baptiste Clément,
préface de François Perche,
Éditions Le bruit des autres, 2011,
228 pages, 20,00 euros,
ISBN : 978-2-35652-069-02.

Qui n’a jamais écouté, chanté Le Temps des cerises ? Cette chanson populaire, entre toutes, fut écrite en 1866 par Jean-Baptiste Clément, chansonnier, journaliste et surtout toute sa vie « combattant de ces jours de colère, d’espoir et de déceptions, en même temps qu’un révolté qui ne désarmera que le jour où la cause du droit et de la justice aura triomphé ». La Revanche des Communeux fut écrit en 1886 et jamais réédité depuis. Comme l’indique François Perche dans sa préface, on ne disait pas encore Communard. Ce livre ne raconte pas l’histoire de la Commune mais est constitué des souvenirs d’un de ses acteurs et des réponses précises aux calomnies sous les habits respectables d’enquêtes parlementaires. Le récit se concentre sur quelques mois, entre la journée de l’Insurrection du 4 septembre 1870 qui donna naissance à la IIIe République, la guerre contre la Prusse et mars 1871, les premières séances du gouvernement de la Commune avant la Semaine sanglante de mai.
Par son écriture très vivante, une lucidité qui ne gomme pas les impasses, Jean-Baptiste Clément arrive à rendre intéressantes les séances de débats pour voter trois fameux décrets. « Eh bien je l’ai dit, on a beaucoup trop discuté à la Commune, mais c’est un devoir aussi d’en donner les raisons et de prouver, à l’appui de documents, qu’on y était bien intentionné cependant »… « Il ne faut considérer les soixante jours de la Commune que comme un apprentissage. Pour en profiter et, à l’avenir, passer maître en révolution, rien ne saurait être plus instructif que les débats dont ces trois séances furent remplies ». L’éditeur, en republiant ce texte, rend possible cette réflexion opportune.

Les critiques archivées
des Éditions Le bruit des autres
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Gaufrette & Nougat se déguisent

Gaufrette & Nougat se déguisent
,
texte de Didier Jean et Zad,
illustrations de Sophie Collin,
2 vives voix éditions, 2012,
25 pages, 9,50 euros,
ISBN : 979-10-91081-01-6.

Les Éditions 2 vives voix ont installé leur « cabane » d’édition en Corrèze en 2009 et publient environ cinq nouveaux titres par an. Elles ont lancé en 2012 une nouvelle collection destinée aux jeunes enfants : « Gaufrette et Nougat ». Gaufrette est une souris malicieuse et bavarde et Nougat un chat câlin et doux, mais qui sait aussi devenir farceur. Les illustrations claires et colorées sont dues à Sophie Collin.
Dans Gaufrette & Nougat se déguisent, nos deux héros s’ennuient et finissent par se brouiller. Nougat s’enfuit puis revient déguisé en magicien et trompe ainsi Gaufrette.
Album traditionnel sur le faux et le vrai, le déguisement et la réalité, cette petite histoire inventive et gaie est à partager avec des enfants à partir de trois ans.

Retrouvez Didier Jean dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Retrouvez Zad dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site de 2 vives voix éditions (désormais Utopique) :
www.utopique.fr

Les critiques archivées de 2 vives voix éditions.




Les 5 poches

Les 5 poches
,
texte de Jean-Louis Cousseau,
illustrations de Didier Jean et Zad,
2 vives voix éditions,
Collection « Bisous de famille », 2012,
35 pages, 15,50 euros,
ISBN : 978-2-9533739-8-1.

Tous les enfants (et les adultes) aiment rechercher des trésors, mais lorsque ceux-ci sont cachés dans les cinq poches des jupes de sa mère et que celle-ci répond toujours « Patience ! Tu sauras plus tard, c’est promis ! », le jeu peut se transformer en obsession. C’est ce qui arrive au personnage de ce livre qui en rêve la nuit, en oublie presque de grandir, devient gauche avec les choses et le monde au point de s'évertuer à se faire oublier.
À la mort de sa mère, il reçoit en héritage ces cinq poches et leur contenu qu’il emporte, tout sourire, sûr enfin d’un contenu précieux pour sa vie que le lecteur découvre au fil des pages. Jean-Louis Cousseau a écrit ce texte pour le spectacle Dans les jupes de ma maman, pour la Compagnie Quelqu’unS qu’il a créée avec Isabelle Loridan. Les illustrations de Didier Jean et Zad, reconnaissables entre toutes, par les aspérités mêmes de la matière utilisée, donnent chair et vie à ce conte initiatique.

Retrouvez Didier Jean dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Retrouvez Zad dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site de 2 vives voix éditions (désormais Utopique) :
www.utopique.fr

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La Passion Ines

La Passion Ines
,
de Marie-Claude Gay,
Éditions Les presses de la Cité, 2011,
440 pages, 21,50 euros,
ISBN : 978-2-258-09233-4.

Marie-Claude Gay, auteur de plusieurs romans, dont La Part belle (Jean-Claude Lattès éditions, 2009), Les Roses de Tlemcen (Éditions Les presses de la cité, 2010), réédite celui-ci préalablement publié chez Lucien-Souny en 2000 sous le titre L'Enfant de Tolède.
1936, l'Espagne subit les affres de la guerre civile. Virgile de La Garandière, envoyé spécial du journal L'Indépendant d'Aquitaine, y fait la connaissance de la belle Ines, aristocrate madrilène d'origine basque, une personnalité de feu animée de sentiments républicains et bientôt d'un grand amour qui les emporte tous les deux. Ines se dévoue à toute occasion comme infirmière. Mariée, elle n'a que faire du qu'en-dira-t-on. Virgile, marié lui aussi et père de famille, vit mal le sentiment de culpabilité où le met rapidement cette double vie.
C'est un roman trépidant, riche en rebondissements et en émotions fortes. La mort menace et fauche sans prévenir. Dans cet affrontement fratricide, la loi du plus fort et de la survie animale l'emporte au détriment de l'humanité. La situation politique est présentée sans manichéisme, et nous revivons les événements au plus près. L'héroïne, proche de Dolores Ibárruri (La Pasionaria), est au cœur du conflit. Le héros, de son côté, obtient une interview exclusive du Général Franco à la suite de la prise de l'Alcazar de Tolède, épisode central où se noueront les fils principaux d'une histoire prenante : l'histoire de cet enfant de Tolède – nouveau-né survivant improbable du massacre, puis d'un haletant road-movie de Madrid à Guernica, et gage d'un grand amour éternel – digne des grands romans populaires, jusqu'à une fin dramatique où l'ordre et la morale auront (tristement ?) le dernier mot.
Celui-ci comblera donc les amateurs du genre. L'auteur le réédite chez un grand éditeur national, après révision. Elle y adopte délibérément un style simple, un langage parlé bien d'aujourd'hui qui pourra rendre proches ces personnages marqués par un destin extraordinaire.

Retrouvez Marie-Claude Gay dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site des Éditions Les presses de la cité : www.pressesdelacite.com

Les critiques archivées
des Éditions Les presses de la cité
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Les Escogriffes, tome 1 : La Rencontre

Les Escogriffes
, tome 1 : La Rencontre,
d'Annouck Lepla, Peggy Pizzadili et Cécile Pouget,
Éditions Akha Biladjo !, 2011,
95 pages, 18,00 euros,
ISBN : 978-2-9532963-1-0.

Les Escogriffes sont quatre personnages colorés qui habitent, non des pays, mais les quatre saisons différentes. Leur rencontre est l’occasion de marquer leurs différences mais leur permet aussi de découvrir la nature à toutes les saisons. Ode à la rencontre et à l’amitié, cet ouvrage propose également un « Cahier de travaux cousus » permettant aux couturiers en herbe de fabriquer eux-mêmes un ou plusieurs de ces personnages.
Édité par une association humanitaire qui soutient des projets de femmes au Laos (Akha Biladjo !), cet ouvrage pour la jeunesse est une belle réussite graphique et allie de manière originale littérature jeunesse et loisirs créatifs.

Le site des Éditions Akha Biladjo ! :
akhabiladjo.canalblog.com

Les critiques archivées des Éditions Akha Biladjo !




Cahiers Robert-Margerit n°15 : Georges-Emmanuel Clancier, Mémoires inédits, Pages choisies

Cahiers Robert-Margerit n°15 :
Georges-Emmanuel Clancier, Mémoires inédits, Pages choisies,
Les amis de Robert Margerit, 2011,
299 pages, 15,00 euros,
ISBN : 978-2-911843-23-5, ISSN : 1773-6749.

La livraison annuelle des Cahiers Robert-Margerit résonne encore de la célébration, en 2010, du centenaire de la naissance de l’écrivain, ainsi que de l’exposition et du catalogue proposés à cette occasion par l’association Les amis de Robert Margerit et la Bibliothèque francophone multimédia de Limoges, en partenariat avec les bibliothèques de Guéret et de Brive-la-Gaillarde. On retrouve en effet dans la partie des « Études margeritiennes » les échos de cette célébration, et même son approfondissement avec, entre autres, la remarquable étude du critique d’art et lecteur érudit Pierre Auriol, qui traite dans son article de la place des images dans l’œuvre littéraire de Margerit.
L’ensemble de ce Cahier est riche et varié, avec une place importante faite aux plumes limousines et aux chroniques des livres parus concernant le Limousin. Mais l’originalité et la grande richesse de ce numéro résident dans la parution d’extraits inédits des Mémoires de Georges-Emmanuel Clancier, l’équipe des Amis de Robert Margerit, sous la houlette de François Gilardi, ayant réussi à le convaincre d'en donner des extraits. L’auteur du Pain noir avait déjà publié une partie de son autobiographie – trois tomes réunis en 1998 chez Albin-Michel sous le titre Ces ombres qui m’éclairent –, mais elle s’arrêtait à la fin de l’adolescence du jeune Clancier. L’auteur donne ici un aperçu de ses souvenirs de la période des années 1930 : il décrit ses amitiés littéraires et artistiques, ses rencontres marquantes et aborde le thème de l’engagement politique si présent en pleine période de montée des dictatures.

Retrouvez Georges-Emmanuel Clancier dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site des Amis de Robert Margerit :
www.robert-margerit.com

Les critiques archivées
des Amis de Robert Margerit
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Recluses

Recluses
,
de Séverine Chevalier,
Éditions Écorce, 2011,
183 pages, 15,00 euros,
ISBN : 978-2-9535417-2-4.

Une jeune fille, Zora Korps, munie d’un engin explosif, commet un attentat suicide dans un supermarché, causant plusieurs morts dont la sienne. Un attentat sans motif apparent. Une autre jeune fille, un peu moins jeune, Suzanne, enlève sa sœur handicapée moteur du centre où elle vivait et part sur les traces de Zora : son appartement, le centre équestre en Camargue où elle travaillait l’été, la maison des Landes où elle passait des vacances… Est-il question d’une enquête ? Va-t-on comprendre la raison de cet attentat ? Non, on comprend vite, dès les premières pages de Recluses, qu’il n’y aura dans ce roman noir ni coupable, ni détective, ni suspense haletant. Mais une succession de témoignages, de confessions qui forment la trame narrative du roman. On suit le road trip des deux sœurs dans le regard de Zia, la sœur handicapée, clouée à son fauteuil roulant et muette. Le récit est entrecoupé de lettres-confessions d’un médecin psychiatre qui a rendu visite régulièrement à Suzanne alors qu’elle était incarcérée.
C’est en fait sur l’entrelacement des bribes de vie de ces quatre personnages, Zora, Zia, Suzanne et le médecin qu’est construit le récit de Séverine Chevalier pour former un premier roman ambitieux et complexe. Ce texte pose peut-être d’abord la question de la liberté d’agir et de penser : quand et où est-on libre ? Quand et où est-on enfermé ? Est-on libre dans un corps qui nous contraint ? La plus grande liberté n’est-elle pas celle de la pensée ? Est-on enfermé dans une prison qui nous protège ? Dans un style franc, simple et direct, Séverine Chevalier emporte aisément le lecteur dans un récit dont l’intensité et la profondeur en font un très bon roman.
Le troisième opus de la Collection « Noir » des Éditions Écorce, dirigées par Cyril Herry, confirme l’ambition de cette jeune maison d’édition installée dans la campagne creusoise : publier peu (un roman par an pour l’instant) mais des textes ciselés et finement travaillés, dans une veine noire à la fois profonde et dérangeante.

Le site des Éditions Écorce :
www.ecorce-edit.com

Les critiques archivées des Éditions Écorce.




 
Le site de lecteurs-bibliothécaires Libfly met en ligne plusieurs centaines de critiques de livres parues dans la revue Machine à feuilles et dans la rubrique « Vient de paraître » de ce site.
Vous trouverez ainsi un forum et la liste de lectures liée aux critiques sur www.libfly.com.