ALCA* – Agence livre, cinéma et audiovisuel en Nouvelle-Aquitaine, site de Limoges

* Née de la fusion d’Écla, du Centre régional du livre en Limousin 
et du Centre régional du livre et de la lecture en Poitou-Charentes


Feuilles reçues (mise en ligne en 2011)


 



Willy Martial et le miroir de porcelaine

Willy Martial et le miroir de porcelaine
,
de Guillaume Delpeyroux,
illustrations de Rémi Charlier
Éditions Solilang, 2011,
213 pages, 18,00 euros,
ISBN : 978-2-84932-063-1.

« Quand tu ouvres un livre, tu ne sais pas encore dans quel monde tu vas être aspiré.
Quand tu les ouvres tous, c'est l'univers entier que tu aspires. » Ainsi s'annonce cette heroic fantasy destinée à la jeunesse, Celle-ci, publiée par les Éditions Solilang, s'adresse en outre à un public local, qui appréciera sans doute les multiples clins d'œil concernant la bonne ville de Limoges et ses environs. Dès le titre et dès l'illustration de couverture, le jeune lecteur est invité à ce petit jeu de miroir (c'est le cas de le dire) où il se reconnaîtra et où il retrouvera des lieux qu'il connaît. Il se laissera entraîner dans un flot d'aventures tout au long de quarante-huit chapitres haletants de surprises et d'exclamations aussi incessantes qu'explosives.
Au quatrième chapitre, le jeune héros Willy sera arraché inopinément à sa vie quotidienne – le collège, ses parents souvent absents, son demi-frère brutal, ses écrans – et happé au milieu d'un violent orage, pour se retrouver (d'abord interloqué) bien des siècles en arrière (?), dans un monde apparemment ancien et assurément fabuleux. Arraché, plus ou moins d'ailleurs, tant ce monde peuplé de trolls, dragons et autres créatures fantastiques ressemble à celui de ses jeux vidéo, dont il identifie les péripéties l'une après l'autre. À travers ce miroir de porcelaine, talisman magique emprunté, entre autres, à Perrault et à la mauvaise fée marâtre de ses contes, se reflètent nombre de références connues. Le garçon, au fil des épreuves surmontées, acquerra l'invincibilité du héros et accédera à une connaissance supérieure.
Et ce n'est qu'un début : un prologue, mettant en scène la princesse Merle face à l'amazone Hyppolita, et le réveil d'Outroupistache né du sein d'un bloc de cristal irradiant (il réapparaîtra au chapitre 12) laisse prévoir une longue suite à ce premier épisode des « Chroniques de Douzemonde ». Celles-ci s'annoncent prolifiques.
On souhaite donc à l'auteur, jeune enseignant en lycée, mais aussi animateur de radio et comédien – dont nous apprenons qu'il eut un prix littéraire à l'âge de huit ans pour son premier roman policier –, de capter un public fidèle. Les illustrations en couleurs (au nombre de seize, pleine page) de Rémi Charlier devraient y contribuer.

Retrouvez une présentation de Willy Martial et le miroir de porcelaine sur sites.google.com/a/solilang.net et sur www.youtube.com.

Retrouvez Guillaume Delpeyroux dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

La chaîne des Éditions Solilang :
fr.youtube.com/solilang

Les critiques archivées des Éditions Solilang.




Chrystèle Lerisse, transcender l’absence

Chrystèle Lerisse, transcender l’absence
,
de Jérôme Felin,
Trans photographic press, 2011,
84 pages, 23,00 euros,
ISBN : 978-2-913176-782.

Photographe plasticienne professionnelle depuis 1975, Chrystèle Lerisse mène depuis une trentaine d’années un travail photographique qui se développe dans des séries autour du paysage naturel et architectural, en privilégiant les tirages argentiques et les petits formats, comme le 6 x 6 cm. Son travail a fait l’objet, depuis 1986, d’une quinzaine d’ouvrages et de catalogues d’exposition, ainsi que de nombreux articles de critiques d’art. Il est vrai que le travail de cette artiste, installée depuis de nombreuses années au cœur du Limousin, est d’une telle richesse et d’une telle complexité qu’il interroge à la fois les spécialistes de l’histoire de l’art et les visiteurs des nombreuses expositions qui sont consacrées à son travail.
C’est en historien d’art que Jérôme Felin a abordé le travail de Chrystèle Lerisse, en choisissant de montrer la complexité de son travail, mais aussi, et pour la première fois, de montrer les correspondances entre ce travail de plasticienne contemporaine de la lumière et les œuvres de grands noms de l’histoire de l’art comme Turner, Rothko ou Strand.
De nombreuses reproductions d’images et de peintures complètent utilement le texte dense de l’auteur, l’ouvrage bénéficiant en outre d’un travail d’édition, d’impression et de façonnage particulièrement soigné.
Complexe et érudit, le texte de Jérôme Felin puise dans la littérature, la philosophie et l’histoire de l’art pour tenter d’embrasser et de rendre intelligible le travail de la photographe. Chrystèle Lerisse, transcender l’absence est probablement l’essai le plus complet et le plus ambitieux publié à ce jour sur le travail de Chrystèle Lerisse.

Le site de Trans photographic press : www.transphotographic.com

Les critiques archivées de Trans photographic press.




L'Ivresse des rimes

L'Ivresse des rimes
,
de Laurent Bourdelas,
Éditions Stock (Collection « Écrivins »), 2011,
159 pages, 14,00 euros,
ISBN : 978-2-234-06417-1.

Grand lecteur de poésie, poète lui-même, Laurent Bourdelas est aussi historien. Il s’est plongé, visiblement avec délice, dans l’histoire littéraire du XIXe siècle pour étudier le rapport que les poètes ont entretenu avec le vin et l’ivresse.
Poètes vignerons, ivrognes, maudits ou hydropathes, l’auteur fait preuve d’un réel talent de conteur pour nous dresser le parcours des grands poètes buveurs du siècle romantique, de Vigny à Cendrars, de Lamartine à Rollinat, du destin le plus sordide (Nerval) au plus fulgurant (Rimbaud, Apollinaire). Truffé d’anecdotes, de citations et de références liées non seulement à l’histoire politique ou sociale de l’époque, mais aussi aux autres arts et en particulier à la peinture, ce nouvel opus de la Collection « Écrivins » des Éditions Stock, dirigée par Philippe Claudel, souligne, une fois encore, le compagnonnage fructueux de la plume et de l’ivresse.

Retrouvez Laurent Bourdelas dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site des Éditions Stock : www.editions-stock.fr

Les critiques archivées des Éditions Stock.




Carnets de Chaminadour : Pascal Quignard

Carnets de Chaminadour : Pascal Quignard
,
Association des lecteurs de Marcel Jouhandeau et des amis de Chaminadour, 2011,
203 pages, 20,00 euros,
ISBN : 978-2-952687-75-1.

Les Carnets de Chaminadour relatent chaque année le déroulement des Rencontres de Chaminadour qui se tiennent à Guéret chaque fin de mois de septembre autour d’une figure littéraire nationale à qui auteurs, universitaires, libraires, traducteurs, éditeurs et artistes font une fête en mots et en musique.
La sixième livraison des Carnets, toujours avec une sobre couverture rouge signée de la main de l’auteur, revient sur les Rencontres 2010 qui fêtaient Pascal Quignard. L’ensemble des contributions reproduites dans l’ouvrage est à la fois de grande qualité et assez diversifié. L’analyse de l’œuvre de l’auteur de Villa Amalia est laissée aux chercheurs, en particulier à Chantal Lapeyre-Desmaison, Irène Fenoglio, Dominique Rabaté et Bruno Blanckeman. Plusieurs contributions de l’auteur lui-même et une table ronde sur le thème de « Musique et peinture » complètent l’ensemble, qui se clôt avec des éléments biographiques et bibliographiques très complets sur l’auteur.

Les sites de l'Association des lecteurs de Marcel Jouhandeau et des amis de Chaminadour :
www.chaminadour.com

Les critiques archivées de l'Association des lecteurs de Marcel Jouhandeau et des amis de Chaminadour.




Still nox : Exercices de mort moléculaire

Still nox : Exercices de mort moléculaire
,
de Sylvain Courtoux,
Éditions Al Dante, 2011,
297 pages, 17,00 euros,
ISBN : 978-2-84761-852-5.

Pour son quatrième ouvrage chez l’éditeur Al Dante, le poète Sylvain Courtoux propose un roman-témoignage augmenté de proses poétiques, de dessins, de cartes, de photos, de notes manuscrites, de schémas qui en fait un objet très séduisant sur la forme, dans la lignée des expérimentations éditoriales encouragées par l’éditeur Laurent Cauwet.
Si la forme de l’ouvrage est complexe, enchâssant des polices typographiques différentes et multipliant les audaces graphiques et narratives, le fond est parfaitement clair : c’est le récit d’un homme en proie à la pharmaco-dépendance.
Dépendant depuis l’âge de vingt ans à un médicament qu’il consomme en grande quantité (le Still nox) et qui lui procure un effet proche de la cocaïne, le narrateur nous livre entièrement, froidement et dans les moindres détails le récit (parfois sous la forme du journal) de sa vie de « noxien ». Contrairement à ce qu’on trouve habituellement dans ce type de récit, le narrateur ne se pose jamais en victime de cette pharmaco-dépendance, mais il l’assume plutôt comme un compagnonnage noir, une béquille indispensable à sa fragilité mentale. Le narrateur décrit en particulier le choc émotionnel consécutif au suicide de sa mère lorsqu’il avait onze ans et les tendances suicidaires et dépressives qui le minent depuis lors.
Situé en grande partie à Limoges, à la fois ville sombre et seul espace habitable pour le narrateur, ce roman-témoignage assume la part de provocation et la noirceur parfois difficilement soutenable des épisodes relatés (vols, violences, prostitution, cruauté…).
L’ensemble forme un ouvrage choc, sinon choquant, dont la lecture tient plus de l’épreuve que du plaisir du texte, mais qui ne peut laisser le lecteur indifférent.

Retrouvez Sylvain Courtoux dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site des Éditions Al Dante : www.al-dante.org

Les critiques archivées des Éditions Al Dante.




Dictionnaire d'usage occitan/français : Limousin, Marche, Périgord, Dictionnaire français/occitan : Limousin, Marche, Périgord

Dictionnaire d'usage occitan/français : Limousin, Marche, Périgord
,
d'Yves Lavalade,
Institut d’estudis occitans dau Lemosin — Institut d'études occitanes du Limousin, 2010,
580 pages, 30,00 euros,
ISBN : 978-2-952-38976-1,
et
Dictionnaire français/occitan : Limousin, Marche, Périgord,
d'Yves Lavalade,
Institut d’estudis occitans dau Lemosin — Institut d'études occitanes du Limousin, 2010,
637 pages, 30,00 euros,
ISBN : 978-2-952-38975-4.

Yves Lavalade poursuit depuis plusieurs dizaines d’années un travail sur la culture occitane du Limousin, et en premier lieu sur sa langue. Auteur de nombreux dictionnaires et précis sur la langue occitane, l’étymologie, la toponymie ou la faune et la flore, il a publié l’un après l’autre les dictionnaires occitan/français et français/occitan dans les années 1990 chez divers éditeurs. L’Institut d’études occitanes du Limousin a aujourd’hui la bonne idée de publier en même temps la troisième édition des deux volumes de référence, le Dictionnaire d’usage occitan/français et le Dictionnaire français/occitan. Largement augmentés, les deux volumes bénéficient à la fois d’une maquette revue et améliorée et d’un contenu permettant l’accès à plus de quatre-vingt mille mots occitans et leurs équivalents en français.
Ouvrages de références sur l’occitan limousin, ces deux dictionnaires précisent également sur une carte l’aire linguistique concernée ainsi que les bases de prononciation et de graphie de l’occitan limousin.
Enfin, le Dictionnaire français/occitan offre une intéressante liste de traductions des jurons et insultes en occitan qui peuvent permettre à tous les non-occitanophones de savoir si on les traite de « Tête d’œuf bouilli » (testa de uòu bulit) ou de « Joues de bœuf gonflé » (Jautas de buòu uflat) !

Retrouvez Yves Lavalade dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site de l'Institut d'études occitanes du Limousin :
www.ieo-lemosin.org

Les critiques archivées
de l'Institut d’estudis occitans dau Lemosin — Institut d'études occitanes du Limousin
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L'Amour me fuit

L'Amour me fuit
,
de Thomas Gornet,
Éditions L'école des loisirs
(Collection « Neuf »), 2010,
139 pages, 8,50 euros,
ISBN : 978-2-211-20315-9.

Les amoureux des cours de récré sont une source de sourires, de confusion, de souvenirs… et de tristesse. Zouz, un jeune garçon de 6e, revient sur sa première amoureuse, Josie. À travers leur histoire, il fait vivre pour nous les événements qui ont marqué sa transition de l’école primaire au collège et peut-être aussi d’enfant à adolescent.
Sa façon de décrire le monde et sa situation familiale sont aussi uniques que son prénom. Pourtant, enfants, adolescents et grands apprécieront sa perspective sur la vie ainsi que les différentes facettes de ce livre : les enfants seront contents de lire enfin un livre qui comprend ce qu’ils ressentent à l’âge de neuf-onze ans. Les adolescents auront l’occasion de revivre la fin de leur enfance et sourire en constatant combien ils ont grandi en si peu de temps. De leur côté, les adultes aimeront non seulement la maturité de Zouz, mais aussi l’honnêté du récit qui reste approprié, même pour de jeunes lecteurs.
(À partir du CM1 ou du CM2).

Retrouvez Thomas Gornet dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site des Éditions L'école des loisirs : www.ecoledesloisirs.fr

Les critiques archivées des Éditions L'école des loisirs.




René Rougerie une résistance souveraine

René Rougerie une résistance souveraine,
entretien avec Christian Viguié,
accompagné d'un DVD réalisé par Philippe Jeammet,
Éditions Le bruit des autres, 2010,
116 pages, 18,00 euros,
ISBN : 978-2-356552-053-1.

Poète fidèle des éditeurs Olivier et René Rougerie, Christian Viguié avait vu juste en prenant le temps de longuement interroger René Rougerie en 2008, accompagné par la caméra de Philippe Jeammet. L’éditeur est en effet décédé quelques mois plus tard, au printemps 2010. Revenant sur sa longue carrière d’éditeur, René Rougerie se livre à Christian Viguié en détaillant les affres de son métier d’éditeur, sa fierté d’être resté l’imprimeur de ses livres, son goût de l’atelier, de la presse, du papier bouffant, de la typographie. Amer sur la place réduite laissée à la poésie dans les médias et les aides publiques, le vieil homme se montre cependant confiant et optimiste sur la création poétique d’aujourd’hui et la qualité des poètes qu’il continue d’accueillir.
Le DVD réalisé par Philippe Jeammet complète très bien l’ouvrage, puisqu’on y retrouve à la fois une partie des entretiens menés par Christian Viguié, mais aussi des interventions d’Olivier Rougerie et une visite dans Mortemart en compagnie de celui qui y dirige désormais seul cette prestigieuse maison.

Retrouvez Christian Viguié dans la rubrique « Auteurs » de ce site.


Les critiques archivées
des Éditions Le bruit des autres
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Un regain de traverse

Un regain de traverse,
textes d'André Duprat,
avec des reproductions de tableaux de Jacques Blény,
Éditions Apeiron, 2011,
50 pages, 19,00 euros,
ISBN : 978-2-919440-04-7.

Créées pour donner une plus large place aux livres réunissant un artiste et un écrivain sous une même couverture, les Éditions Apeiron proposent aux amateurs de peinture et de poésie un bel ouvrage au format carré réunissant deux grands artistes de Saint-Junien : le poète André Duprat et le peintre Jacques Blény.
À plus de cinquante ans de distance (le peintre est mort en 1954), André Duprat nous livre une correspondance éclairante entre ses mots et les toiles du peintre au style proche de celui de Bernard Buffet. Les mots de Duprat partent vraiment de la toile, sans la commenter, sans l’expliquer, juste en suggérant une lecture poétique de ces peintures étranges, paysages striés de traits formant des tours, personnages figés dans une morosité sans fin, natures mortes éclairées de chandelles.
D’un couple endormi, à la chair et aux draps rougis par le probable va-et-vient de l’amour, André Duprat nous dit simplement : « Il y a des aigreurs au chevet du plaisir ».

Retrouvez André Duprat dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site des Éditions Apeiron :
www.editionsapeiron.com

Les critiques archivées des Éditions Apeiron.




Le Bord du ciel

Le Bord du ciel,
de Maïca Sanconie,
Quidam éditeur, 2011,
129 pages, 15,00 euros,
ISBN : 978-2-91501859-2,
ISSN : 1779-7888.

1942. Pianiste d’origine polonaise, Jankiel se réfugie dans une ferme en Corrèze, chez ses beaux-parents. Sa femme Louise accouche d’une petite Lucie. Les hommes sont aux champs. Les femmes s’affairent autour du nouveau-né. Jankiel n’a de place ni parmi les hommes ni parmi les femmes, il n’a de place qu’au piano ou dans de longues marches dans la campagne environnante. On le suit pas à pas, note après note. Le texte défile et l’on se tient tout près de cet homme à la fois absent au monde qui l’entoure et désireux d’être là malgré tout, pour les choses essentielles : tenir sa fille dans ses bras, laisser aller ses doigts sur les touches du piano, aider comme il le peut les hommes en lutte contre l’occupant nazi.
Originaire de Corrèze, Maïca Sanconie publie ici son troisième ouvrage chez Quidam éditeur. Porté par une langue douce et enveloppante, ce roman de l’exil et de l’absence porte malgré tout une lueur d’espoir. Il donne aussi une description à la fois fine et distanciée des paysages de la Corrèze et de la période de la fin de l’Occupation.

Retrouvez Maïca Sanconie dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site de Quidam éditeur :
www.quidamediteur.com

Les critiques archivées de Quidam éditeur.




Dialogues avec des arbres remarquables en Limousin

Dialogues avec des arbres remarquables en Limousin,
de Cécile Auréjac, Alain Freytet et Franck Watel,
Les Ardents éditeurs, 2011,
143 pages, 30,00 euros,
ISBN : 978-2-917032-26-8.

Un immense chêne centenaire trônant au milieu d’un pré mouillé au cœur d’un paysage vallonné : cette image du Limousin vert et paisible est-elle si loin de la réalité ? Probablement pas, et l’arbre, l’eau et la pierre omniprésents, même s’ils ne sont pas l’apanage de cette région, restent des symboles identitaires forts.
L’ouvrage que Les Ardents éditeurs viennent de faire paraître est une invitation délicieuse à découvrir plus de cinquante arbres remarquables en Limousin.
À l’initiative de la DREAL (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement), qui recense plus de mille arbres remarquables en Limousin, ce livre propose pour chaque site une double-page avec photos, croquis, dessins et textes permettant de comprendre comment l’arbre que l’on nous invite à découvrir s’agence avec le paysage et les hommes qui l’habitent. Les cent croquis et dessins d’Alain Freytet sont particulièrement réussis et invitent à partir à la découverte des ginkgos biloba de Saint-Sulpice-Laurière, du chêne de Clovis à Saint-Léonard-de-Noblat, du robinier de Malval ou du tilleul de Bonnefond.

Le site des Ardents éditeurs : www.lesardentsediteurs.com

Les critiques archivées des Ardents éditeurs.




Une histoire de la photographie à Limoges : 1839-1914

Une histoire de la photographie à Limoges :
1839-1914
,
de Jean-Marc Ferrer et Étienne Rouziès,
Les Ardents éditeurs, 2011,
207 pages, 24,00 euros,
ISBN : 978-2-917032-28-2.

Publié à l’occasion de l’exposition « Limoges révélée. Une ville et l’art photographique (1839-1914) », ce livre est non seulement le catalogue de cette exposition (on a pu retrouver la plupart des œuvres présentées à la Galerie des Hospices de Limoges), mais aussi le premier ouvrage théorique de référence sur la naissance et l’essor de la photographie à Limoges.
Ce beau livre rassemble tout d’abord la plus grande collection d’images photographiques anciennes réalisées à Limoges (ou par des photographes limousins), en puisant à la fois dans les collections publiques régionales et nationales et dans des collections privées restées jusqu’à aujourd’hui inédites. Mais l’un des mérites des deux auteurs de cet ouvrage est d’avoir réussi, en même temps que de rassembler ces richesses, de les faire parler, d’en retrouver les auteurs et les sujets par des recoupements et des déductions dignes des vrais détectives. On sait qu’une image ancienne non documentée dit peu de choses, et la prouesse des deux auteurs réside bien dans l’analyse et la documentation des images qu’ils nous montrent.
Dans une série de chapitres bien écrits, clairs et synthétiques, Jean-Marc Ferrer et Étienne Rouziès replacent les images dans le contexte historique du développement pionnier des techniques photographiques, analysent l’essor du portrait photographique, l’importance de la photographie pour l’industrie porcelainière et l’émergence d’une photographie artistique par le paysagisme et le pictorialisme.
Passionnant pour les amateurs d’histoire et de photographie, l’ouvrage s’adresse également à tout lecteur curieux de découvrir des vues inédites de Limoges, avec ses quartiers oubliés comme le Viraclaud.
Loin de clore le sujet qu’ils abordent, les deux auteurs ouvrent avec ce travail remarquable d’innombrables pistes de recherches, en particulier en dressant le premier répertoire des photographes exerçant à Limoges pendant cette période (1839-1914).

Retrouvez Jean-Marc Ferrer dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Retrouvez Étienne Rouziès dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site des Ardents éditeurs : www.lesardentsediteurs.com

Les critiques archivées des Ardents éditeurs.




Une histoire de Guéret : A history of Guéret

Une histoire de Guéret :
A history of Guéret
,
par Daniel Dayen, Philippe Loy, Geneviève Parelon et Jacques Roger,
sous la direction de Guy Avizou,
Les Ardents éditeurs (Collection « Carrément patrimoine »), 2011,
156 pages, 23,00 euros,
ISBN : 978-2-917032-25-1, ISSN : 1961-1056.

L’historien et homme politique creusois Guy Avizou a rassemblé autour de lui plusieurs historiens spécialistes de l’histoire de la Creuse pour publier cette première histoire de Guéret. Si le mérite et l’intérêt de cet ouvrage résident en partie dans cette diversité des écritures et des points de vue, les textes prennent une toute autre ampleur grâce à la très riche iconographie qui ponctue ce bel ouvrage, iconographie due en grande partie aux riches collections du Musée d’art et d’archéologie de la ville.
Parmi les nombreuses découvertes qu’offre cet ouvrage : le rôle de capitale culturelle qu’a eu Guéret au XIXe siècle ou la description des hôtels particuliers de la capitale de la Haute-Marche.
Les Ardents éditeurs publient ici une quatrième monographie d’histoire locale après celles de Brive-la-Gaillarde, Uzerche et Beaulieu-sur-Dordogne. La belle maquette, les nombreux encarts et la richesse documentaire restent la marque de fabrique d’une collection qui ne peut que séduire les lecteurs curieux de l’histoire de leur région.
Moins typée que La Souterraine, moins connue qu’Aubusson, la préfecture de la Creuse redore son blason avec cet ouvrage, qui la replace au centre de l’histoire de la province de la Marche.

Retrouvez Daniel Dayen dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site des Ardents éditeurs : www.lesardentsediteurs.com

Les critiques archivées des Ardents éditeurs.




Le Grimoire pourpre : Countès

Le Grimoire pourpre : Countès,
de Michaël Bettinelli,
Les Ardents éditeurs, 2011,
84 pages, 15,00 euros,
ISBN : 978-2-917032-24-4.

Par une nuit éclairée par la pleine lune, le destin d’une ancienne famille limousine se trouve bousculé : une grand-mère transmet un grimoire en guise de cadeau d’anniversaire à ses petits-enfants, Jean et Manon, des jumeaux qui fêtent leurs quinze ans. Au même moment, le Diable en personne apparaît dans la pièce et essaie de s’emparer du livre et du pouvoir qu’il contient. Cette scène, haute en énergie, n’est que le début des aventures qui font vivre les légendes du Limousin sous la forme d’un album BD.
Les jeunes lecteurs apprécieront l’action et l’intrigue de l’histoire. De plus, les événements de la BD sont d’autant plus excitants pour les Limougeauds qu’ils retrouveront les lieux connus de leur ville (la Cathédrale, le quartier de la Boucherie, l’Église Saint-Michel-des-Lions). Ces lieux forment non seulement le cadre de l’histoire, mais sont aussi les clés pour résoudre le mystère du Grimoire pourpre.
C’est un premier album réussi pour l’auteur et une occasion d’explorer Limoges et son histoire autrement.

Retrouvez Michaël Bettinelli dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site des Ardents éditeurs : www.lesardentsediteurs.com

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N’oublie jamais que je t’aime

N’oublie jamais que je t’aime
,
de Didier Jean et Zad,
2 vives voix éditions,
Collection « Bisous de famille », 2011,
33 pages, 15,00 euros,
ISBN : 978-2-9533739-5-0.

Aujourd’hui, comme tous les jeudis, maîtresse Amandine emmène les enfants à la bibliothèque pour écouter des histoires : « Il était une fois une maman ours qui vivait avec son ourson dans une roulotte au fin fond de la forêt. Elle l’aimait tant qu’elle l’appelait mon trésor… » Les enfants réagissent aussitôt et se mettent à crier : « Moi, mon papa, il m’appelle Petite Crapule ! », « [Moi], mon canard en sucre ». Chacun y va de son petit nom : « Mon chaton », « Mon poussin »… Un enfant n’a encore rien dit et se met à pleurer et à crier son chagrin : « Ma maman, elle a oublié les mots doux… Elle dit que des mots durs ! » « Et si nous lui donnions tous un petit nom ! », propose Hélène la bibliothécaire. Chacun propose alors « Mon ange », « Mon chouchou », « Mon p'tit soleil ». Et en emportant chez lui tous ces mots doux, le petit Valentin fera fondre aussi sa maman.
La morale de cette histoire est un peu trop parfaite, mais les dessins de cette ribambelle d’enfants animaux sont très expressifs et gais.

Retrouvez Didier Jean dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Retrouvez Zad dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site de 2 vives voix éditions (désormais Utopique) :
www.utopique.fr

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Zoum : Chat de traîneau

Zoum : Chat de traîneau
,
de Didier Jean et Zad,
2 vives voix éditions,
Collection « Bisous de famille », 2011,
33 pages, 15,00 euros,
ISBN : 978-2-9533739-4-3.

Zoum, grand chat majestueux, aime raconter des histoires à ses deux petits-fils Zic et Zac, l’hiver devant un beau feu de cheminée. Zoum est un vrai conteur, ses récits de jeunesse deviennent des exploits dont peu de chats et même peu d’humains ont entendu parler : Zoum a réalisé son rêve, devenir chat de traîneau pour une traversée du Grand Nord avec la complicité de son ami de toujours, le chien Awa. Et même si le grand-père n’hésite pas à augmenter l’héroïsme de ses aventures, les deux petits chatons aiment leur suspense et attendent avec impatience le lendemain pour écouter ses souvenirs de chat d’avalanche.
Les deux auteurs ont eu la bonne idée de rééditer ce livre dans leur nouvelle maison d’édition, parlant d’un temps où les chats ne se contentaient pas de manger des croquettes.

Retrouvez Didier Jean dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Retrouvez Zad dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

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www.utopique.fr

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La Ville secrète

La Ville secrète
,
de Guénane,
Rougerie éditeur, 2011,
84 pages, 13,00 euros,
ISBN : 978-2-85668-166-4.

La ville secrète, cachée dans nos cœurs et faite d’émotions, de souvenirs et d’interactions entre le passé et le présent, c’est cette ville qui nous appelle à travers le titre de ce recueil de courts poèmes. Pourtant, la ville décrite dans ce livre n’est pas que métaphorique. Les images peintes par les strophes dénoncent la guerre, la violence et l’oubli qui opèrent dans la construction de la mémoire collective. Face à la tristesse de cette poésie, on s’interroge sur la vie et les expériences de l’auteur qui ont inspiré ces vers déchirants.
Aussi intriguant que les paroles, le style des poèmes touche le lecteur. Bien qu’il n'y ait qu'un seul poème par page, souvent les thèmes de la page de gauche semblent couler sur la page de droite. Et même si la poésie est écrite en vers libres, les sonorités des mots choisis rythment les lignes et leur donnent de la cohésion.
Ce nouveau recueil de poésie de Guénane pousse à réfléchir et à regarder le passé avec honnêteté pour pouvoir avoir un meilleur avenir.

Le site des Éditions Rougerie :
www.editions-rougerie.fr

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Le Chemin de Ventadour : Une philosophie des ruines

Le Chemin de Ventadour : Une philosophie des ruines
,
par Luc de Goustine,
photographies de Jean-Christophe Mathias,
toile de Jan Grabowski,
Carrefour Ventadour, 2010,
83 pages, 19,00 euros,
ISBN : 978-2-916622-03-3.

Le Chemin de Ventadour : Une philosophie des ruines est un beau livre dans tous les sens du terme. Dès sa prise en main, sa texture lisse et son format carré promettent un contenu à la fois plaisant et profond ; et on n’est pas déçu. Le texte offre un parcours aux images, sans jamais les accompagner à proprement parler. Pourtant, l’organisation du texte reflète l’esprit des photographies. Petit à petit, la philosophie des ruines, de leur signifiance, se dévoile.
« Mais parfois, la ruine n’a pas d’autre discours que l’intense rayonnement de la beauté », nous rappelle l’auteur. Effectivement, les photos montrent la beauté qui se trouve dans les bâtiments abandonnés et dans leur façon de s’intégrer au paysage. Un des éléments les plus agréables du livre est la manière dont le photographe se sert des constructions détériorées pour créer des cadres pour les paysages ainsi que pour les autres ruines. Il est parfois difficile de dire ce qui est le plus beau : les photos, le style du texte ou la philosophie mélancolique et poignante des ruines.
L'association Carrefour Ventadour, qui publie régulièrement des Cahiers sur le thème des troubadours, s'essaie ici, pour la première fois et avec bonheur, à l'édition d'un beau livre sur un des sites les plus remarquables du Limousin.

Retrouvez Luc de Goustine dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site de Carrefour Ventadour :
www.ventadour.net

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Bois

Bois
,
de Fred Gevart,
Éditions Écorce, 2010,
224 pages, 15,00 euros,
ISBN : 978-2-9535417-1-7.

Sylvain Michalski est écrivain. En proie à des soucis de couple, d’alcoolisme et de perte de mémoire, il erre telle une âme en peine de souvenirs, de reconnaissance, d’amour et d’inspiration.
Suite à un terrible accident et plusieurs années passées dans le coma, il rouvre les yeux, défiguré, une longue série de pages blanches s’étant insérée dans sa vie.
Alors qu’il cherche à combler ce vide et à comprendre qui il est, Michalski reçoit un coup de fil anonyme : « Sandrine Lloebbe vient d’être libérée ». Les cauchemars recommencent, mais les pièces du puzzle semblent vouloir s’assembler.
Fred Gevart nous entraîne dans l’affaire Lloebbe-Pelletier avec habileté et sur un rythme aussi effréné que celui de la bande-son du roman, très rock des années 90.
Une judicieuse page Wikipédia relatant le fait divers est glissée au début du récit, faisant au même moment du lecteur un enquêteur et lui donnant une longueur d’avance sur Michalski. Les indices qui s’ensuivront seront précieux et déposés avec finesse au fil des pages. De nombreux va-et-vient entre la voix du narrateur, celle de l’écrivain ou celle de l’otage permettront au lecteur de recouper les souvenirs et les indices et ainsi combler les pages blanches laissées dans la mémoire de Michalski.

Le site des Éditions Écorce :
www.ecorce-edit.com

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Souvenirs et aventures de ma vie, volume 1 : Louise Michel en Nouvelle-Calédonie, roman (feuilleton) retrouvé

Souvenirs et aventures de ma vie
,
volume 1 : Louise Michel en Nouvelle-Calédonie, roman (feuilleton) retrouvé,
texte établi et présenté par Josiane Garnotel,
Maiade éditions, 2010,
351 pages, 21,00 euros,
ISBN : 978-2-916512-02-0.

Quelle bonne idée d’avoir réédité une partie des mémoires de Louise Michel, parues en roman-feuilleton en vingt-six épisodes dans le supplément littéraire du Petit Parisien, La Vie populaire, en 1905, juste après sa mort !
Que ce journal ne soit pas de la seule main de Louise Michel, mais qu’il ait été réécrit par le journaliste Arnould Galopin, ce n’est pas si important tant son parcours héroïque reste un exemple pour le XXIe siècle et tant le ton adopté est vivant, du meilleur de la littérature populaire. Ce feuilleton commence par la Commune, dont elle est l’incarnation, « soulèvement d’un grand peuple qui veut vivre libre… ou mourir… », « les journées sombres, les heures passées dans les bivouacs, sous la pluie, au milieu des balles » qui fit des milliers de victimes réprimées, fusillées ou déportées comme elle en Nouvelle-Calédonie. Un amiral versaillais avait osé déclarer, sans rire, à la Chambre : « Les déportés sont bien plus heureux que nos soldats, car nos soldats ont des factions à faire, tandis que le déporté vit au milieu des fleurs de son jardin ». Son exil et sa vie en Nouvelle-Calédonie de 1871 à 1880 constituent la plus grosse partie de ce récit où elle a bravé, avec d’autres, toutes les autorités contre l’humiliation et créé des liens avec les Canaques dont elle est devenue l’institutrice. Ceux-ci comprirent son rôle dans la lutte qui avait ensanglanté Paris : « Toi guerrier… Comme nous… Toi as combattu pour tes frères mais toi as été vaincue comme malheureux Canaques quand ils ont voulu résister aux Blancs. »
Amnistiée, Louise Michel peut rentrer en 1880 et Verlaine écrira : « Elle est la faucille dans le blé mûr pour le pain blanc… »
La belle mise en page, réalisée par l’éditrice, avec des gravures d’époque, ajoute à l’intérêt de ce livre. La présentation de Josiane Garnotel et l’index biographique de toutes les personnes citées nous donnent de surcroît, pour notre plaisir, une petite leçon d’histoire.

Le site de Maiade éditions :
maiadeeditions.free.fr

Les critiques archivées de Maiade éditions.




À mots rompus : Anthologie

À mots rompus : Anthologie
,
de José Millas-Martin,
préface de Philippe Biget,
illustration de Jean-Pierre Châtelain,
Éditions Fondencre
(Collection « Jalons du XXe siècle… »), 2011,
135 pages, 15,00 euros,
ISBN : 978-2-9533343-5-7.

Après une réédition de deux recueils épuisés d’Alain Borne (Treize, suivi d'Indociles), la Collection « Jalons du XXe siècle… » des Éditions Fondencre propose une anthologie du poète José Millas-Martin. Balayant quarante années de création poétique et de publications en recueil, l’ensemble offre un panorama conséquent de l’œuvre du poète au style direct, aisément reconnaissable. Si le style a tendance à « s’arrondir » avec le temps, il reste sec, brut, lancé comme une pique qui fait mouche. Anarchiste, libertaire, poète engagé, Millas-Martin est aussi un merveilleux observateur du quotidien, des objets qui l’entourent comme du ridicule des hommes et de leur forfanterie. La préface de Philippe Biget éclaire utilement cet ouvrage qui s’impose comme la référence sur cet auteur iconoclaste.

Le site des Éditions Fondencre : www.fondencre.fr

Les critiques archivées des Éditions Fondencre.




À fleur de fables

À fleur de fables
,
de Dritëro Agolli,
traduit et présenté par Alexandre Zotos,
illustré par Alain Lacouchie,
Éditions Fondencre
(Collection « Beaux livres »), 2010,
63 pages, 17,00 euros,
ISBN : 978-2-9533343-3-3.

Que nous soyons fleur de tournesol, branche d’érable, silencieux voyageur, les secrets du jour et de la nuit nous traversent, nous chevauchent, nous dénudent tout autant. Heureusement, « l’hiver fait en riant : recouvrons-la vite, qu’elle ne prenne pas froid ! », alors surgit « un nuage blanc en forme de drap ». C’est par un ton de fable poétique que Dritëro Agolli nous fait ressentir, par sa limpidité et son humour, notre commune appartenance et nos possibles insomnies. Les illustrations d’Alain Lacouchie en noir et blanc participent à la perception des entrechocs de la nature et de la vie :
« Le vent a stoppé sa course sous le ciel qui se brouille,
Les nuages gris plomb se figent à leur tour.
Quelque chose se prépare, songe la forêt ».
Merci aux Éditions fondencre de nous faire découvrir cet auteur albanais « qui mérite une réputation européenne », comme l'écrivait Alain Bosquet en 1990.

Retrouvez Alain Lacouchie dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site des Éditions Fondencre : www.fondencre.fr

Les critiques archivées des Éditions Fondencre.




Bibliothèques et handicaps : Accueillir tous les publics

Bibliothèques et handicaps :
Accueillir tous les publics
,
Agence Rhône-Alpes pour le livre et la documentation (ARALD), 2010,
100 pages, 12,00 euros,
ISBN : 978-2--913384-25-0.

Ce guide pratique, à l’intention des professionnels et des bénévoles, donne des repères et des idées pour que la bibliothèque soit un lieu ouvert à tous.
Réalisé par l’ARALD, en partenariat avec les bibliothèques départementales de la région Rhône-Alpes, il décline en détail les trois principaux axes abordés par le CRL en Limousin lors des journées de formation qu’il avait organisées – en 2005, avec la DRAC et le CNFPT –, sur le même thème d'« Accueil des publics handicapés » : architecture et accueil, collections, services et animations adaptés, enjeux et attentes des publics handicapés.
Enrichi des textes législatifs de référence, de témoignages de bibliothécaires, des partenaires ressources, ce document, à la mise en page claire et agréable, est d’une grande utilité.
L’ARALD s’est elle-même appuyée sur un travail réalisé en 2008 par la Bibliothèque départementale de la Sarthe.

Le site de l'Agence Rhône-Alpes pour le livre et la documentation (ARALD) : www.arald.org

Les critiques archivées de l'Agence Rhône-Alpes pour le livre et la documentation (ARALD).




La Conservation partagée des fonds pour la jeunesse à l’heure de la valorisation des collections : Actes de la journée d’étude organisée à la Bibliothèque municipale à vocation régionale (BMVR) L'Alcazar de Marseille le 8 octobre 2009

La Conservation partagée des fonds pour la jeunesse à l’heure de la valorisation des collections : Actes de la journée d’étude organisée à la Bibliothèque municipale à vocation régionale (BMVR) L'Alcazar de Marseille le 8 octobre 2009
,
coédition Bibliothèque nationale de France, Centre national de la littérature pour la jeunesse – La joie par les livres, Paris bibliothèques, 2010,
107 pages, 15,00 euros,
ISBN : 978-2-35494-028-7.

Pourquoi conserver ? Que conserver ? Comment conserver ? Ces questions, tous les bibliothécaires se les posent depuis longtemps. Dans six régions de France, un plan de conservation partagée des fonds pour la jeunesse fonctionne actuellement (PACA depuis 2003, Midi-Pyrénées et Franche-Comté depuis 2005, Bourgogne et Champagne-Ardenne depuis 2007, Haute-Normandie depuis 2009).
C’est ce que nous apprenons en lisant les actes très bien réalisés, sous la direction de Florence Bianchi (FILL) et Corinne Gibello-Bernette (BNF, CNLJ-JPL), de la journée organisée par la Bibliothèque nationale de France à la BMVR de Marseille.
Sont aussi présentées des actions de valorisation pour que ce patrimoine « sorte de sa réserve » et suscite l’adhésion d’un public très divers. Olivier Piffault (adjoint au directeur du Centre national de la littérature pour la jeunesse – La joie par les livres) a témoigné, par exemple, de la naissance et de la vie de l’exposition réalisée, à la BNF, en 2008, « Babar, Harry Potter & Cie », qu’il a joliment sous-titrée « Comment les poussettes entrèrent à la BNF ». Aline Girard (directrice du Département de la coopération de la BNF) a mis l’accent sur l’importance de la numérisation pour la diffusion et la conservation de ces fonds patrimoniaux et sur l’intérêt des expositions virtuelles que tout internaute peut retrouver sur le site de la BNF. Les autres interventions sont tout aussi intéressantes, notamment l’exemple de Seven stories, le Centre pour la jeunesse au Royaume-Uni.

Le site de la Bibliothèque nationale de France, Centre national de la littérature pour la jeunesse – La joie par les livres : lajoieparleslivres.bnf.fr

Les critiques archivées de la Bibliothèque nationale de France, Centre national de la littérature pour la jeunesse – La joie par les livres.




Le Monument

Le Monument
,
de Claude Duneton,
Éditions Les presses de la cité, 2010,
527 pages, 21,50 euros,
ISBN : 978-2-258-08609-8.

Indisponible en librairie depuis plusieurs années, ce roman est heureusement réédité dans une version augmentée dans la Collection « Terres de France » des Presses de la cité.
Le principe du Monument est simple : Claude Duneton s’est posé devant le monument aux morts de la Guerre de 1914-1918 de son petit village de Lagleygeolle, en Corrèze, et a tenté de retrouver la trace de chacun de ces hommes afin d’en donner un récit mi-réel mi-inventé.
Bien plus qu’un roman de plus sur la Grande Guerre, Le Monument nous plonge non seulement dans le quotidien et l’horreur de la guerre des tranchées, mais nous fait vivre aussi la guerre vue de Lagleygeolle, avec les permissions, l’inquiétude des familles, la douleur des mères, des femmes, des sœurs.
L’écriture alerte et fine, le ton parfois amer et souvent drôle de Duneton rendent cette somme historique et biographique très agréable à lire. On suit chacun des héros, simple commis, tout jeune paysan ou futur instituteur comme s’il avait une chance de s’en sortir avant que la mort, absurde, ne vienne le faucher.
Le double mérite de cet ouvrage, au-delà du travail de mémoire exceptionnel effectué par Duneton pour les familles du canton, est d’une part de montrer l’absurdité totale de cette guerre et de pointer la responsabilité des chefs militaires des deux côtés du front, et d’autre part de faire parler les jeunes appelés en occitan pour bien rappeler la place des langues régionales à cette époque où la plupart des jeunes conscrits pouvaient à peine comprendre les ordres qu’on leur donnait en français.

Le site des Éditions Les presses de la cité : www.pressesdelacite.com

Les critiques archivées
des Éditions Les presses de la cité
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Fragments de temps en Limousin : Fragments of time

Fragments de temps en Limousin : Fragments of time,
photographies d'Emmanuel Ciepka,
texte de Jean-Guy Soumy,
traduction anglaise de Pierre Hervy,
Éditions Culture & Patrimoine en Limousin, 2011,
139 pages, 39,00 euros,
ISBN : 978-2-911167-70-6.

Le Livre apporte beaucoup à la connaissance et à la jouissance de l'art religieux : l'œil du photographe est toujours plus perçant, plus proche que celui du visiteur dans les églises, pour contempler des œuvres disposées à des places et à des hauteurs censées être plus accessibles à Dieu qu'aux hommes. C'est éminemment le cas ici, dans cet ouvrage constitué uniquement de détails choisis, de fragments comme le dit le titre. Détails arrachés à leur contexte, et qui ne pourront qu'inviter le lecteur à se rendre sur les lieux pour voir les originaux, dans des églises et quelques châteaux du Limousin, soit quarante-six lieux : vingt et un en Corrèze, quinze en Haute-Vienne, dix en Creuse.
Le photographe Emmanuel Ciepka a pris le parti de « rejeter toute approche panoramique ». Approche qui « aurait […] été considérée comme iconoclaste jusqu'à l'aube du XXe siècle avant que le mouvement, la modernité, la segmentation, ne s'inscrivent durablement dans l'histoire de l'art ». Ces fragments, loin de biaiser le sens, l'aiguisent et renforcent le mystère. Jean-Guy Soumy offre un beau texte de quelques pages de présentation, ainsi que quelques sentences méditatives, au nombre de quatre, découpant en quelque sorte l'ouvrage en quatre parties. Le texte – phrases isolées, après quelques pages d'introduction en français ; avec traduction en anglais – est à part, n'interférant jamais avec les photographies pleine page, en format A4. Le lecteur est invité à un parcours libre où les mots résonnent à titre de bref contrepoint poétique. Du premier de ces jalons – « Nos rêves sont nés de la terre et du ciel. Avant d'être peinture et laine, ils furent pierre » – au quatrième – « Où portent ces regards si ce n'est vers nous-mêmes ? » –, l'accent est mis d'abord sur la pure matière (roche brute, pierre sculptée, bois brut, bois peint, tapisserie), puis sur les sujets, païens (licornes, preux chevaliers, créatures, chimères) ou religieux (de l'Annonciation à la Résurrection), de façon souple et jamais systématique.
La couleur est reine dans ces belles reproductions. Le point commun est bien celui du fragment, avec tout le charme inhérent à cette vision focalisée, à la précieuse valeur du « zoom » ainsi isolé autant qu'à la force du hors-champ imaginé. Le sentiment du temps s'impose aussi, depuis les origines de la pierre et de la terre, en faisant la part belle à l'époque romane, jusqu'à des vitraux, tableaux et émaux plus récents (XIXe siècle) présentés dans la dernière partie. Un très beau livre.

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des Éditions Culture & Patrimoine en Limousin
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Monet en Creuse : Le printemps d'une méthode

Monet en Creuse : Le printemps d'une méthode,
suivi du DVD Monet, Eaux-Semblantes, l'imprévu exact,
de Jean-François Demeure,
Éditions Culture & Patrimoine en Limousin
(Collection « Multiples »), 2011,
127 pages, 20,00 euros,
ISBN : 978-2-911167-67-6.

Printemps 1889. Claude Monet passe quelques mois à Fresselines et peint vingt-quatre toiles dans des conditions climatiques difficiles. Il invente lors de ce séjour le travail en série, en peignant plusieurs toiles du même sujet, le confluent des deux Creuse.
Cent vingt ans plus tard, l’artiste Jean-François Demeure séjourne à la même période à Fresselines, filme chaque jour les lieux fréquentés par Monet et note ses réflexions.
L’ouvrage est donc indissociable du DVD qu’il accompagne.
Le film est une œuvre à part entière, ni fiction, ni documentaire, ni même vidéo d’artiste mais un film où chaque image, chaque son a sa place ; un film aussi où le spectateur a sa place dans l’attente, la contemplation et l’écoute (la bande sonore est une œuvre en soi).
Les textes de Jean-François Demeure précisent à la fois sa démarche artistique et creusent les questions que Monet se posent déjà en 1889. Comment rendre compte de la lumière sur un paysage ? Comment saisir le motif et sa forme ? Comment, au fond, être là au moment voulu ?
La préface de Pierre Auriol embrasse largement l’ensemble du projet artistique de Jean-François Demeure en même temps qu'elle ouvre sur les questions philosophiques et esthétiques du lieu et du temps.

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Mémoires de La Bastide : Vivre en grand ensemble

Mémoires de La Bastide : Vivre en grand ensemble,
de Michel C. Kiener,
photographies de Vincent Schrive,
Éditions Culture & Patrimoine en Limousin
(Collection « Ici et là »), 2010,
143 pages, 20,00 euros,
ISBN : 978-2-911167-66-9.

Au moment même du grand nuage de poussière qui, le 28 novembre 2010, a fait disparaître les Tours Gauguin qui dominaient Limoges depuis 1958 et la Cité de La Bastide, Michel C. Kiener retrace la naissance, l’évolution et la destruction d’une partie des grands ensembles de cette cité.
Deux axes s’entremêlent : un espace public en devenir, fruit de cinquante ans de politiques urbaines, architecturales et sociales menées par la Ville de Limoges, et le témoignage de ses habitants qui y vivent, s’y sont installés, y sont nés, en sont partis, livrant un peu de leur espace privé et de leur intimité au regard du photographe Vincent Schrive.
Grâce à ses compétences d’historien et son expérience de chargé de l’urbanisme pendant dix-neuf ans à la Ville, Michel C. Kiener offre un ensemble très documenté, intéressant, précis et souvent émouvant.
L’auteur aurait néanmoins eu sa crédibilité renforcée s’il avait choisi de s’entourer d’un regard extérieur non impliqué dans la gestion municipale.

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Avec Richard Cœur de lion : Itinéraire

Avec Richard Cœur de lion : Itinéraire,
de Christian Rémy,
Éditions Culture & Patrimoine en Limousin
(Collection « Multiples »), 2010,
104 pages, 15,00 euros,
ISBN : 978-2-911167-63-8.

Docteur en histoire médiévale et spécialiste des châteaux, Christian Rémy, qui avait déjà publié chez le même éditeur deux très beaux volumes de la Collection « Regards » – Seigneuries et châteaux-forts en Limousin –, propose ici un petit guide sur les pas de Richard Cœur de lion.
Si le lien entre ce guide et le roi Richard est assez ténu, de même qu’est assez artificielle la route touristique qui porte son nom, l’ouvrage du brillant castellologue est en tout point passionnant. Il nous propose quatre circuits englobant un grand quart sud-ouest du département de la Haute-Vienne : le Pays de Rochechouart, les Monts de Châlus, le Val de Briance et le Pays arédien. Pour chacun des circuits, l’auteur décline une série de villes ou villages remarquables pour leurs richesses patrimoniales comme Châlus, Rochechouart, Solignac ou Saint-Yrieix-la-Perche.
Il détaille avec précision l’ensemble des bâtiments remarquables, châteaux ou vestiges archéologiques que l’on peut découvrir sur chaque site. Replaçant toujours simplement et clairement le bâtiment dans le contexte historique de sa création, Christian Rémy nous guide au fil des pages dans ces confins médiévaux du Limousin et du Périgord.
Destiné à un très large public de curieux et d’amateurs de vieilles pierres, ce guide bénéficie d’une maquette très réussie, aérée et riche en photographies, dessins, cartes et croquis de l’auteur. Un index complète cet ouvrage remarquable, probablement le plus réussi de la jeune Collection « Multiples » de Culture & Patrimoine en Limousin.

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Le petit bois, suivi de Le Fredon des taiseux

Le petit bois,
suivi de Le Fredon des taiseux,
d'Eugène Durif,
Éditions Actes-Sud-Papiers, 2010,
63 pages, 13,00 euros,
ISBN : 978-2-7427-9263-4.

La collection de livres de théâtre « Papiers » des Éditions Actes-Sud a choisi de rassembler deux textes, deux monologues qu’Eugène Durif a écrits à plus de vingt-cinq années d’intervalle. Mais la voix, le ton si particulier de Durif, mélange de poésie, de délire, de lamentation et de soliloque sont restés les mêmes.
Dans Le petit bois, écrit en 1985, le narrateur assiste au saignement du cochon et à l’arrivée d’un cirque au village. Il se remémore aussi le drame de la mort de sa sœur. En est-il responsable ? Est-il un de ces « innocents » que l’on laisse errer dans le village ? Est-il plus lucide que bien des habitants qui le martyrisent ?
Dans Le Fredon des taiseux, Durif nous offre le soliloque d’un narrateur perdu au fin fond du Pays d’Auge. Installé là pour suivre sa compagne qui rédige une thèse d’ethnographie rurale, le narrateur perd pied, perd sa femme et perd la tête. Cette dernière semble comme envahie par les paroles des gars du bistrot qu’il fréquente : les Pécuchon, Bouvardin et autres Camuzard. Écrit en 2009-2010 lors d’une résidence en Pays d’Auge, ce texte fredonne l’absence et la solitude de celui qui n’est bien nulle part, qui ne choisit pas sa vie mais est comme ballotté par elle.
Ces deux textes sur la solitude et la dureté des hommes de la terre se répondent donc à vingt-cinq années d’intervalle, entre litanie de l’enfance et bizarrerie de l’absence, Eugène Durif trace sa voie de dramaturge et d’écrivain à la voix à nulle autre pareille.

Le site des Éditions Actes-Sud : www.actes-sud.fr

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