ALCA* – Agence livre, cinéma et audiovisuel en Nouvelle-Aquitaine, site de Limoges

* Née de la fusion d’Écla, du Centre régional du livre en Limousin 
et du Centre régional du livre et de la lecture en Poitou-Charentes


Feuilles reçues (mise en ligne en 2010)


 



Balad'art n°1 : Le Rocher du Sauvage, Carrefour des 3 départements limousins

Balad'art n°1 : Le Rocher du Sauvage, Carrefour des 3 départements limousins
,
ouvrage collectif,
Éditions des Ateliers du Plateau de Millevaches, 2010,
52 pages, 16,00 euros,
ISBN : 978-2-9536613-0-9.

Créée en 2002 par Karine Séguy-Kezzouf et Annick et Jean-Jacques Séguy, l’association Les Ateliers du Plateau de Millevaches organise sur son territoire des manifestations culturelles de qualité en lien avec des artistes pour faciliter leur rencontre avec le public local. L’association est à l’origine du projet « Habiter ici…, un territoire » qui souhaite favoriser les rencontres entre des passeurs (artistes, auteurs, plasticiens…) et des passants (habitants et visiteurs) sur ce territoire situé aux confins des trois départements du Limousin, entre Faux-la-Montagne (Creuse), Rempnat (Haute-Vienne) et Tarnac (Corrèze).
Leur première action d’envergue est l’édition de ce beau carnet de randonnée qui permet de cheminer à pied sur moins de quatre kilomètres en faisant une dizaine de haltes sur des sites remarquables. Chaque station permet de découvrir un site intéressant, soit par son originalité florale ou paysagère, soit parce que le site a été exploré et transformé de manière éphémère ou pérenne par des artistes invités par le collectif Habiter ici.
Des textes d’auteurs, des contes, des indications sur la faune, la flore et les communes alentour complètent ce petit carnet particulièrement précieux pour le randonneur curieux.

Le site où retrouver Les Ateliers du Plateau de Millechaches : apmillevaches.over-blog.com

Les critiques archivées des Éditions des Ateliers du Plateau de Millevaches.




Avec Bastien

Avec Bastien
,
de Mathieu Riboulet,
Éditions Verdier, 2010,
120 pages, 13,80 euros,
ISBN : 978-2-86432-611-3.

Deux ans après la parution du très beau L'Amant des morts (Éditions Verdier), Mathieu Riboulet revient avec le portrait d’un jeune homme, Bastien, élevé en toute liberté dans un hameau de Haute-Corrèze et parti vivre à Paris. Bastien naît de l’imagination du narrateur, qui est ému de ce personnage aperçu dans un film pornographique, jeune homme courbé sur une table, le derrière offert aux appétits sexuels des hommes.
Le récit de Mathieu Riboulet ne se déroule pas à partir de cette scène, il s’enroule plutôt autour de cette scène/cène d’hommes attablés pour un festin pornographique. L’enfance de Bastien, ses premiers émois homosexuels, la fêlure de la perte d’un être cher, les débuts de sa vie d’adulte sont évoqués à l’aune des réflexions du narrateur sur sa propre position de voyeur, de regardeur d’écran et le sens que cette apparition de Bastien donne à sa vie. Plus encore que dans ses récits précédents, Mathieu Riboulet donne une grande place aux paysages limousins qui forment comme un cadre à l’intérieur même du récit et de l’évolution des personnages.
Tressant de nouveau les thèmes des liens de parenté, de la naissance du désir et des correspondances entre les paysages limousins et le cheminement intérieur des personnages, Mathieu Riboulet nous offre un nouveau portrait complexe et beau d’un enfant qui devient homme et d’un narrateur qui cherche à se comprendre en inventant Bastien.

Retrouvez Mathieu Riboulet dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site des Éditions Verdier :
www.editions-verdier.fr

Deux extraits d’Avec Bastien, avec, entre autres, les textes lus par l’auteur sur le site geo.culture-en-limousin.fr.

Les critiques archivées des Éditions Verdier.




Métaluna : La revue de l'autre cinéma n°6

Métaluna : La revue de l'autre cinéma
 n°6
,
Cinéfil du temps, 2010,
64 pages, 6,00 euros,
ISSN : 1954-1597.

Le sixième numéro de Métaluna reste fidèle à l’esprit de cette revue hors norme : parler du cinéma « de genre », c'est-à-dire des films, des réalisateurs, des acteurs dont on parle si peu ailleurs. Si les titres des dossiers peuvent prêter à rire (« Les cyclopes à l’écran », « Pistoleros, zombies & lasers : Le weird western »…), l’érudition dont font preuve les rédacteurs laisse le lecteur admiratif, avec des questions lancinantes : mais où vont-ils chercher tout ça ? Où trouvent-ils ces films introuvables ?
Le ton est jovial et décalé, la mise en page en fouillis et les surprises nombreuses : Métaluna, c’est vraiment la revue de l’autre cinéma !

Le site de l'association Cinéfil du temps – Métaluna : metaluna.fr

Les critiques archivées de l'association Cinéfil du temps – Métaluna.




Panorama de la côte, Panorama du fleuve, Panorama de la montagne

Panorama de la côte
,
Panorama du fleuve
et Panorama de la montagne
dessins d’Alexandra Exter,
texte de Marie Colmont,
Les amis du Père Castor, 2010,
24,50 euros chacun des trois ouvrages,
73,50 euros les trois réunis dans un étui,
ISBN : 978-2-914495-04-2 (Panorama de la côte),
978-2-914495-05-9 (Panorama du fleuve),
978-2-914495-03-5 (Panorama de la montagne),
978-2-914495-06-6 (l'étui).

Continuant inlassablement son travail de réédition en fac-similé des plus anciens ouvrages du Père Castor – depuis longtemps épuisés –, l’association Les amis du Père Castor, animée par François Faucher, propose de redécouvrir trois ouvrages exceptionnels réunis dans un coffret : les trois panoramas de la côte, du fleuve et de la montagne. Publiés en 1937 et 1938, ces trois ouvrages étaient d’abord des prouesses formelles, puisqu’ils se composent de dix planches au format carré, assemblées en accordéon et se déployant en une longue frise au recto, enrichies d’un texte sensible de Marie Colmont au verso. Prouesse d’impression, l’ouvrage est aussi l’occasion de découvrir (ou de redécouvrir) la collaboration de l’artiste Alexandra Exter avec le Père Castor. Figure marquante de l’avant-garde artistique russe des premières décennies du XXe siècle, Exter se prête semble-t-il volontiers à cet exercice de paysagiste qui paraît au premier abord assez classique, même si on reconnaît dans le traitement des perspectives et le jaillissement des couleurs la marque de l’avant-garde russe.

Les critiques archivées des Amis du Père Castor.




C'était écrit comme ça

C'était écrit comme ça
,
de Didier Jean et Zad,
2 vives voix éditions, 2010,
33 pages, 15,00 euros,
ISBN : 978-2-9533739-3-6.

La journée aurait dû commencer très simplement… Mais au lieu de cela, le 9 juin 1944, la terreur a été semée dans la ville de Tulle par la division SS Das Reich, brisant le cours normal de la vie de ses habitants.
Le livre de Didier Jean et Zad raconte en planches et illustrations alternées ce qui aurait dû se passer dans la vie du narrateur s’il était né : le mariage de Gaby et Marcel qui auraient été ses parents, sa naissance, celle d’une sœur, leur enfance, le déroulement d’un quotidien paisible puisque « c’était écrit comme ça »… et ce qui s’est passé : l’arrestation de Marcel parmi d’autres raflés, leur attente, leur angoisse puis leur pendaison aux balcons du quartier de Souillac. Ils furent quatre-vingt-dix-neuf, cent quarante-neuf autres furent déportés.
Accompagnant le texte sobre de Didier Jean, Zad traduit magnifiquement le contraste entre la vie et ses couleurs et la terreur qui s’infiltre dans cette vie : elle utilise comme fond commun une matière de toile froissée faite d’aspérités qui est comme la trace de l’écorce terrestre et l’écorce du temps. Les aplats de pastel vifs ou sombres utilisés pour les personnages et les différentes scènes rendent sensibles leurs force et fragilité qui sied très bien à ce récit qui fait partie de notre histoire commune.
Beau livre pour petits et grands.
Nous souhaitons à cette nouvelle maison d’édition, qui en est à son troisième livre, de nous faire découvrir de multiples autres vives voix de talent comme celles de Didier Jean et Zad.

Retrouvez Didier Jean dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Retrouvez Zad dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site de 2 vives voix éditions (désormais Utopique) :
www.utopique.fr

Les critiques archivées de 2 vives voix éditions.




Louvière

Louvière
,
d'Alain Galan,
Éditions Gallimard (Collection « Blanche »), 2010,
121 pages, 12,00 euros,
ISBN : 978-2-07-012913-3.

Journaliste et romancier, auteur en particulier du beau Le dernier pays avant l’hiver (Éditions Pygmalion, 1995), Alain Galan vit en Corrèze. Dans un court récit servi par une écriture ample et précise, il relate l’expérience douloureuse qu’il vient de traverser : une lourde opération de « mandibulectomie », en fait une ablation quasi totale de la mâchoire inférieure infectée par une tumeur maligne.
Ce texte est bien plus un récit qu’un témoignage. Sans pathos mais avec une lucidité sensible, Alain Galan détaille le déroulement de cette opération hors norme (un semblant de mâchoire inférieure a été reconstruit à partir de peau et d’os prélevés sur la jambe de l’auteur) et son lent réapprentissage de la parole et de la déglutition. Abordant la question de l’apparence, de la monstruosité, du visage déformé, l’auteur pose pour ainsi dire le masque et nous plonge dans ce qui fait passer ce texte du témoignage au récit littéraire à part entière : l’omniprésence de la figure du loup. Fasciné par les crocs du loup, par le parallèle avec la tumeur qui affecte sa propre mâchoire, Alain Galan nous entraîne à la fois dans une série de faits divers liés à la présence du loup et de la terrifiante fascination qu’il a exercé pendant des siècles dans les campagnes françaises, et dans une évocation de la part de loup que l’auteur sent en lui-même. Mêlant souvenirs d’enfance et délires post-opératoires dus à la morphine, le récit prend un tour poétique et nous entraîne à la suite de l’auteur dans ce qu’il appelle une « folie louvière ». Un récit qui ne peut laisser indifférent, dont on sort soit l’esprit déchiqueté soit lové dans une peau de bête.

Retrouvez Alain Galan dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site des Éditions Gallimard : www.gallimard.fr

Les critiques archivées des Éditions Gallimard.




La Folie des solitudes

La Folie des solitudes
,
de Geneviève Parot,
Éditions Gallimard (Collection « Blanche »), 2009,
204 pages, 16,00 euros,
ISBN : 978-2-07-012507-4.

Après un premier roman remarqué sur trois histoires de femmes, Trois sœurs (Éditions Gallimard, 2005), Geneviève Parot sonde, dans La Folie des solitudes, la violence des hommes et leur profonde animalité en revenant sur un parricide survenu dans les années 1920 en Creuse. Une écrivaine éleveuse de paons se fait détective pour retrouver la trace d’un double meurtrier et tenter de comprendre ces crimes et l’omerta qui les a entourés. L’apparition de la jeune Nadia, elle-même à la recherche d’un aïeul creusois, rapproche les deux femmes mais leur curiosité n’attire pas que de la bienveillance dans ce pays de silence.
L’ouvrage se lit comme un polar à suspense et l’auteure conduit au mieux son récit. Servi par une langue qui nous fait sentir à merveille les solitudes âpres et poétiques de la Creuse, ce roman confirme le talent d’écriture de Geneviève Parot qui passe ainsi, avec brio, la difficile barrière du “deuxième roman”.

Retrouvez Geneviève Parot dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site des Éditions Gallimard : www.gallimard.fr

Les critiques archivées des Éditions Gallimard.




L'Or de la paille : De la tresse au cabas en Pays de Beynat

L'Or de la paille : De la tresse au cabas en Pays de Beynat
,
de Marie-France Houdart,
préface de Claude Duneton,
Maiade éditions, 2009,
131 pages, 26,00 euros,
ISBN : 978-2-916512-08-2.

Dans cet ouvrage au format pratique, nous découvrons les cabas de Beynat, en Corrèze, remis au goût du jour par l’association du même nom et Marie-France Houdart.
Entre photographies d’époque et illustrations, nous partons à la découverte du travail de la paille, au fil des étapes à suivre pour sa réalisation et au développement de la production, pour en venir à ce qui est devenu au bout de plusieurs siècles une tradition locale.
Ce livre est vivant, entrecoupé de témoignages et d’explications pratiques sur la réalisation des cabas, de lettres d’époque traitant de cette curieuse production et des coutumes de la région, ou encore d’arbres généalogiques retraçant les familles actives dans la production et la diffusion des cabas.
Les sources, aussi diverses soient-elles, sont complètes et foisonnantes et nous amènent à voyager dans le temps au milieu de pratiques aujourd’hui méconnues.

Retrouvez Marie-France Houdart dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site de Maiade éditions :
maiadeeditions.free.fr

Les critiques archivées de Maiade éditions.




Bibliothèques en Limousin : 24 ans de constructions

Bibliothèques en Limousin :
24 ans de constructions
,
photographies d'Alain Maulny et Josiane Pradoux, coordination de Lydie Valero
Ministère de la Culture et de la Communication – Direction régionale des affaires culturelles du Limousin, 2010,
186 pages, gratuit,
ISBN 978-2-11-099346-5.

« Vingt-quatre années d'exercice du Concours particulier pour la construction des bibliothèques ont fourni aux communes, communautés de communes et départements des moyens permettant la construction, l'aménagement et l'équipement d'un réseau de bibliothèques modernes et efficaces.
Les grandes villes comme les petites communes rurales ont pu bénéficier de ce dispositif de l'État depuis 1986, et le Limousin a vu fleurir sur son territoire plus de quarante bibliothèques, souvent de grande qualité sur le plan architectural. De nombreux architectes du Limousin, ou venus de plus loin, ont répondu avec créativité aux exigences complexes de ce type d'équipement, exerçant des fonctions multiples et accueillant des publics variés et nombreux, dans un souci de plus en plus présent de respect de l'environnement et de réduction des consommations énergétiques.
Portées par un travail réunissant autour des projets élus, fonctionnaires de l'État, bibliothécaires et architectes, ces réalisations rencontrent un réel succès auprès du public limousin. Ce livre leur donne la parole. »

Le site de la Direction régionale des affaires culturelles du Limousin :
www.culturecommunication.gouv.fr

Les critiques archivées de la Direction régionale des affaires culturelles du Limousin.




Litanies de la mer

Litanies de la mer
,
de Saint-Pol-Roux,
précédé de Pour une cathédrale du verbe,
par René Rougerie
Rougerie éditeur, 2010,
64 pages, 21,00 euros,
ISBN : 978-2-85668-158-9.

Éditeurs patients et fidèles de l’œuvre du poète Saint-Pol-Roux (1861-1940) depuis près de quarante ans, René et Olivier Rougerie offrent ici aux lecteurs l’édition en fac-similé du manuscrit des Litanies de la mer, livret d’un grand poème polyphonique, sorte d’opéra verbal où les mots remplacent les notes de musique, opéra donné une seule fois en 1927 par deux cent cinquante pêcheurs de Camaret. Cette « cathédrale du verbe » est essentielle dans l’œuvre du poète dont le dessein grandiose était bien de faire sortir son œuvre du livre : « Le livre est un cercueil », disait-il.
Ce projet des Litanies de la mer concentre l’ensemble des préoccupations du poète : le Verbe est enfin incarné, et par les humbles (les pêcheurs de Camaret), les pêcheurs dialoguent avec l’océan au milieu de la tempête. Les thèmes privilégiés de l’auteur de La Dame à la Faulx, l’amour, la mort, l’espoir et la vie s’entremêlent sous la forme d’une symphonie à laquelle Saint-Pol-Roux donne un caractère sacré par la succession des prières, des oraisons et les simples « Ainsi soit-il » finaux.

Le site des Éditions Rougerie :
www.editions-rougerie.fr

Les critiques archivées de Rougerie éditeur.




Élans : Quelques singuliers élans amoureux et Amour singulier : Fabrikasharia, chants de construction, saison 11

Élans : Quelques singuliers élans amoureux
,
de Marius Guérin,
et Amour singulier : Fabrikasharia, chants de construction, saison 11,
d'Antoine Dufeu,
Éditions Dernier télégramme, 2010,
88 pages, 14,00 euros,
ISBN : 978-2-917136-33-1.

L’été sera chaud avec les Éditions Dernier télégramme qui nous proposent un livre tête-bêche avec deux textes très différents mais complémentaires sur le sentiment amoureux et l’acte sexuel. Si Antoine Dufeu dit son amour exclusif pour Valentina, Marius Guérin assume les partenaires multiples et les multiples formes de son amour pour les femmes. Dans la tradition de la grande littérature érotique de Sade à Pierre Louÿs en passant par Mac Orlan, Marius Guérin égraine les éloges des femmes qu’il a aimées, dans un style direct et cru, lyrique aussi parfois dans l’adresse qu’il fait à chacune de ses conquêtes.

Le site des Éditions Dernier télégramme : www.derniertelegramme.fr

Les critiques archivées des Éditions Dernier télégramme.




Les Versets de la bière : Journal (1986-2006)

Les Versets de la bière : Journal (1986-2006)
,
de Lucien Suel,
Éditions Dernier télégramme, 2010,
156 pages, 16,00 euros,
ISBN : 978-2-917136-32-4.

Écrit sur une période de vingt ans, ce journal nous donne à lire une alternance de notes brèves sur la vie quotidienne de l’auteur (à l’hôpital, en vacances, en voyage, en tournée de lecture…) et de courtes phrases, sortes d’aphorismes, parfois drôles, parfois grinçants sur notre rapport aux autres, au quotidien, à la consommation et à la bière. On peut ainsi y lire :
« Les spécialistes de la littérature orale publient des livres très épais » (page 130) ;
« On s’ouvre les veines dans la baignoire pour ne pas salir la moquette » (page 110) ;
« On se courbe comme un esclave pour nouer ses lacets » (page 39).
L’ensemble se lit avec plaisir, avec un mélange de légèreté, d’humour et de profondeur. Le grand intérêt de ce texte est de nous laisser entrevoir le quotidien d’un écrivain, avec ses doutes, ses difficultés à vivre de sa plume, mais aussi ses amitiés littéraires (Julien Blaine, Christophe Tarkos, Christophe Manon, Jean-François Bory…). Un texte savoureux avec cette double entrée, à lire d’une traite ou à picorer.

Le site des Éditions Dernier télégramme : www.derniertelegramme.fr

Les critiques archivées des Éditions Dernier télégramme.




J'ai fait le beau au bois dormant

J'ai fait le beau au bois dormant,
de Pedro Pauwels,
Centre national de la danse
(Collection « Parcours d'artistes »), 2009,
158 pages, 12,00 euros,
ISBN 978-2-914124-38-6.

Danseur et chorégraphe de renommée internationale, Pedro Pauwels est victime en 2004 d’une méningite foudroyante qui le plonge dans un profond coma. Amputé puis greffé du rein, il se relève peu à peu de ce flirt avec la mort et décide de reprendre ses activités de danseur et de chorégraphe. Avec J’ai fait le beau au bois dormant, il nous livre un témoignage sobre, sincère et intense de cette expérience. Dans une langue simple et directe, il évoque son hospitalisation, ses meurtrissures, son long combat pour parvenir à nouveau à marcher, à s’alimenter et, peu à peu, à reprendre son travail de danseur. Comment danser à nouveau malgré le handicap ? Pedro Pauwels donne avec une lucidité presque froide le récit de son combat pour revenir sur les planches, pour danser à nouveau et continuer à exprimer sa sensibilité chorégraphique. Récit de vie, récit de l’espoir et de l’énergie admirable d’un homme dont l’outil de travail et le moyen d’expression artistique – le corps – est meurtri, et qui reprend, malgré tout, son activité de danseur.
Ce témoignage d’un homme qui écrit pour la première fois avec les mots, alors que son vocabulaire habituel est plutôt chorégraphique, se lit d’une traite et intéressera à la fois les artistes et les amateurs de danse, mais aussi tous ceux qui ont approché la mort et en sont revenus différents, à la fois affaiblis dans leur corps et renforcé dans leur tête.
Invité très régulièrement à présenter ses spectacles à Limoges, en particulier dans le cadre de la biennale Danse émoi, Pedro Pauwels a fait le choix de venir s’installer en Limousin avec sa compagnie. Au-delà de ses activités de chorégraphe, il est désireux de rencontrer les publics (en librairie, bibliothèque, milieu hospitalier…) autour de son livre et de faire partager son expérience du handicap.

Le site du Centre national de la danse :
www.cnd.fr

Les critiques archivées
du Centre national de la danse
.




Les Orphelins d'Allah

Les Orphelins d'Allah,
de Moussa Konaté,
coédition Le bruit des autres et Hivernage, 2009,
176 pages, 15,00 euros,
ISBN 978-2-35652-032-6, 978-2-916428-00-0.

Le vieillard et l’enfant, l’homme et la femme, le chien et le chat, chacun des personnages des dix nouvelles de ce livre rencontre la douleur. La cruauté et la violence sont leur lot commun. Seul, semble indiquer l’auteur, le souci de l’autre peut sauver ces « orphelins d’Allah » du tragique. Ce n’est sûrement pas un hasard si la première et dernière nouvelle racontent l’élan et l’amitié entre deux enfants, même si la colère n’est pas absente de la tête de deux petits garçons : « Monsieur le Bon Dieu. C’est Sadjo et Ibou qui ont écrit cette lettre. Ils ne sont pas contents. Ils ont travaillé toute la journée. Pourquoi tu as envoyé ta pluie pour détruire leur maison ? Tu n’es pas gentil du tout. Ils sont fâchés. Est-ce que toi, tu es content ? Ils ne te pardonneront jamais. Signé par Ibou et Sadjo. »
Avec humour et poésie, Moussa Konaté nous rend sensibles et proches ces récits de vie, preuve une fois de plus que la littérature est un des modes d’expression du souci de l’autre.

Les critiques archivées
des Éditions Le bruit des autres
.

Les critiques archivées des Éditions Hivernage.




Potins de légumes et recettes

Potins de légumes et recettes
,
nouvelles et recettes de Régine Rossi-Lagorce,
photographies de Pascal Rabot,
Mines de rien éditions, 2009,
120 pages, 23,00 euros,
ISBN : 978-2-917848-05-0.

On a l'habitude désormais, avec Régine Rossi-Lagorce : un livre de cuisine n'est pas (qu')un livre de recettes. Autant résumer un roman à la liste des chapitres qui le constituent.
La cuisine, pour Régine, c'est bien plus qu'une liste d'ingrédients à assembler. C'est du sens, de l'humour, de l'amour, beaucoup de malice et de gourmandise… Ce sont surtout des tas d'histoires. Comme ici, où les légumes racontent leur vie : d'où ils viennent, pourquoi ils sont là, où ils vont. Vous apprendrez mine de rien à mieux les connaître pour mieux les cuisiner.
Ces Potins de légumes font honneur aux petits prix des légumes du marché. Les recettes sont simples et originales, humbles et raffinées, comme on aime ! Et plus besoin de vous perdre dans de douteuses règles de trois : les proportions étant données pour une personne, vous n'avez qu'à multiplier par le nombre de convives et le tour est joué…

Retrouvez Régine Rossi-Lagorce dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Les critiques archivées de Mines de rien éditions.




Les Pierres Jaumâtres en Creuse : Murmures de granit

Les Pierres Jaumâtres en Creuse : Murmures de granit,
photographies et textes d'Anthony Perrot,
Les Ardents éditeurs
(Collection « Petits itinéraires pour grands curieux »), 2010,
112 pages, 22,00 euros,
ISBN : 978-2-917032-20-6.

C’est avec cet ouvrage de photographies au format à l’italienne que Les Ardents éditeurs lancent leur nouvelle collection de beaux livres : « Petits itinéraires pour grands curieux ». Cette collection a pour but de donner le goût du voyage et de faire découvrir le patrimoine et le design locaux.
Dans ce livre de cent douze pages tout en images, nous découvrons l’un des plus beaux sites naturels du Limousin : les Pierres Jaumâtres sur le Mont Barlot, en Creuse. Au milieu des bois se dressent une quarantaine de pierres, entourées de nombreux questionnements aussi loin que remonte l’histoire.
Accompagnés des témoignages de George Sand, entre autres, ainsi que des légendes cherchant à expliquer leur présence, les photographies de ces immenses blocs de granit sont mises en avant sous différents angles au fil des saisons et du temps. Le Limousin possède de nombreux autres sites de ce type, qui ont aussi leurs propres légendes, recensées elles aussi dans cet ouvrage.

Le site des Ardents éditeurs : www.lesardentsediteurs.com

Les critiques archivées des Ardents éditeurs.




Alarga !

Alarga !
,
d’Hélène Tayon,
Les Ardents éditeurs, 2009,
288 pages, 20,00 euros,
ISBN : 978-2-917032-16-9.

Les Ardents éditeurs continuent à creuser le sillon de leur belle ambition éditoriale en Limousin et au-delà, avec le premier roman d’Hélène Tayon, Alarga !, qui nous convie à un voyage dans le temps et l’espace, dans l’Europe des années 1930 aux années 1980, entre la Turquie et la France.
Erkan Démir, héritier d’une grande famille terrienne d’Anatolie, grandit dans le cocon d’une famille aimante mais comprend en grandissant qu’il doit partir pour devenir vraiment lui-même : un être fait de chair, de désir et d’envie de découvertes. On suit son périple à travers l’Europe et la montée des nationalismes, et son installation en France.
L’exilé laisse au pays la légende du jeune Turc parti faire fortune en Occident, légende entretenue par les visites régulières des cousins venus découvrir en France les charmes des « petites femmes de Paris ». Si la réalité de la vie d’Erkan à Paris est moins glorieuse que sa légende ne le laisse croire à sa famille et à son village, il ne reviendra pourtant jamais à Bor, sur les rives de l’immense lac de Van.
Par son écriture très maîtrisée, Hélène Tayon emporte aisément le lecteur dans ce récit drôle et émouvant. La première partie du roman est magnifique, on suit avec plaisir le quotidien de la noble famille rurale d’Anatolie, à peine touchée par les grandes réformes de Mustafa Kemal Atatürk. Entre Orient et Occident, entre rire et larmes, Hélène Tayon réussit avec ce premier roman un récit ambitieux sur le passage de tradition à la modernité dans l’Europe du XXe siècle.

Retrouvez Hélène Tayon dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site des Ardents éditeurs : www.lesardentsediteurs.com

Les critiques archivées des Ardents éditeurs.




Retour à la nuit

Retour à la nuit,
d’Éric Maneval,
Éditions Écorce, 2009,
120 pages, 12,00 euros,
ISBN : 978-2-9535417-0-0.

Antoine est veilleur de nuit dans un centre d’accueil de jeunes en difficulté près de Saint-Léonard-de-Noblat. Gros consommateur de café, de cigarettes et de somnifères, il vit seul dans une campagne creusoise aux confins de la Haute-Vienne. Familier des adolescents dont il a chaque nuit la charge, Antoine se lie avec Ouria, une jeune fille à qui il accepte de montrer ses cicatrices. En effet, à huit ans, il a eu le corps lacéré après une chute dans des rapides près d’un barrage en Corrèze. Sauvé par un homme plutôt louche, ce dernier a pratiqué sur sa peau d’étranges scarifications. Antoine découvre un soir dans un reportage télévisé que l’homme qui l’a à la fois sauvé et charcuté est peut-être un tueur en série, un « découpeur ».
La vie d’Antoine bascule ce soir-là, car si le découpeur est bien l’homme qu’il a rencontré vingt-cinq années auparavant, une sordide affaire de meurtre d’enfant pourrait bien être élucidée. Un journaliste désabusé, un avocat arriviste et un singulier couple de policiers vont s’intéresser de très près à l’histoire d’Antoine. Pendant ce temps-là, au centre social, les nuits deviennent de plus en plus agitées et Ouria de plus en plus pressante aux côtés d’Antoine.
On ne trouve pas de gras dans ce premier roman noir des Éditions Écorce, mais une chair rouge et dense, des phrases sèches et ciselées formant un récit ramassé en cent vingt pages qui se lisent d’une traite.
On attend déjà avec impatience le deuxième opus de ce jeune éditeur installé en Creuse.

Le site des Éditions Écorce :
www.ecorce-edit.com

Les critiques archivées des Éditions Écorce.




La Maîtresse servante

La Maîtresse servante,
de Jérôme et Jean Tharaud,
précédé de Les Frères Tharaud : Le double « je »,
par Yvonne Daudet,
Éditions Confluences, 2009,
170 pages, 14,00 euros,
ISBN : 978-2-35527-028-4.

On doit à Yvonne Daudet, professeur de lettres, la réédition de ce beau roman des frères Tharaud, académiciens originaires de Saint-Junien et restés attachés aux paysages du Limousin de leur enfance.
Publié en 1911, ce roman dresse un portrait précis et sans complaisance de la petite société des hobereaux des confins de la Charente et du Limousin, avec une attention toute particulière portée aux sentiments des personnages principaux que sont le narrateur, sa mère et sa maîtresse. Le texte se lit avec plaisir, le récit est bien mené et la description des mœurs de cette pauvre bourgeoisie provinciale peut plaire tout autant aux amateurs de littérature qu’aux historiens de la France rurale des débuts du XXe siècle.
La peinture des paysages et les tentatives de donner une image fidèle du Limousin de l’époque peuvent sembler étonnamment actuelles : « La campagne, c’est pour nous un pays pauvre et difficile, de tristes villages, de grandes étendues désertes, propres à la chasse, des étangs poissonneux et que hantent les oiseaux sauvages, de solitaires fumées dans les bois, des routes dures et délaissées, des prés mouillés, remplis d’ajoncs, et des rivières rougeâtres où quelque misérable moulin plonge sa roue édentée. »
Un roman à redécouvrir donc, en fermant les yeux sur les innombrables coquilles laissées par l’éditeur et en oubliant l’image de couverture montrant un paysage de vignoble charentais sans grand rapport avec les campagnes limousines décrites dans le roman !

Le site des Éditions Confluences :
editionsconfluences.com

Les critiques archivées des Éditions Confluences.




Robert Margerit : L'écrivain et ses doubles

Robert Margerit : L'écrivain et ses doubles
,
Les amis de Robert Margerit, 2010,
112 pages, 18,00 euros,
ISBN : 978-2-911843-21-1.

Édité à l’occasion des manifestations commémorant le centenaire de la naissance de l’écrivain Robert Margerit, cet ouvrage est une entrée intéressante pour qui veut découvrir l’auteur de La Terre aux loups, puisqu’il décline l’homme et l’œuvre à travers des thèmes variés : l’écriture romanesque, l’attraction de l’image, la femme, le Limousin, l’histoire, le journaliste…
Richement illustré, l’ouvrage, qui s’ouvre sur une préface de Georges-Emmanuel Clancier et un beau texte de Charles Juliet témoignant de sa découverte de la littérature par la lecture de Margerit à l’adolescence, propose également une biographie et une bibliographie complète de l’auteur du Dieu nu.

Le site des Amis de Robert Margerit :
www.robert-margerit.com

Les critiques archivées
des Amis de Robert Margerit
.




Cahiers Robert-Margerit n°13

Cahiers Robert-Margerit
n°13
,
Les amis de Robert Margerit, 2009,
364 pages, 16,00 euros,
ISBN : 978-2-911843-19-8, ISSN : 1773-6749.

La livraison annuelle des Cahiers Robert-Margerit s’avère comme à l’accoutumée riche, copieuse et ouverte à toutes les plumes limousines. La maquette des couvertures de l’ouvrage, imprimée en typographie sur papier pur chiffon du Moulin du Got, est entièrement et heureusement renouvelée.
La partie margeritienne du volume nous permet de découvrir un inédit de Robert Margerit, un journal intitulé Singulier-Pluriel édité et commenté par Jean Vergnaud. On y découvre un Margerit en proie aux difficultés de l’écriture, éternellement insatisfait de sa propre production littéraire. On suit le romancier entre sa maison de Thias, à Isle, et son appartement parisien. Il tente à la fois de rassembler ses souvenirs d’enfance et de jeunesse et de cerner les origines et les influences de ses productions artistiques : peinture, sculpture et littérature. Un journal passionnant pour qui veut mieux connaître l’homme Margerit, dont on célèbre en 2010 le centenaire de la naissance.
Les articles consacrés aux auteurs du patrimoine de la région, rassemblés dans le Cercle des amis d’auteurs limousins, permettent un nouvel éclairage sur des auteurs à redécouvrir, de Paule Lavergne aux frères Chadourne.
Le volume comprend également un grand nombre de notes de lecture sur des ouvrages en lien avec la région ainsi qu’un bel hommage à Robert Laucournet, cheville ouvrière de l’association, décédé à l’automne 2008.
Dressant un vaste panorama des études littéraires limousines et de l’actualité de la littérature en Limousin, ce numéro 13 des Cahiers portera sans nul doute chance à tout lecteur qui voudra s’en emparer !

Le site des Amis de Robert Margerit :
www.robert-margerit.com

Les critiques archivées
des Amis de Robert Margerit
.




Le Seigle et le pain blanc

Le Seigle et le pain blanc
,
d'André Duprat,
préface de Régine Detambel,
Éditions Gros textes, 2009,
44 pages, 7,00 euros,
ISBN : 978-2-35082-091-2.

Originaire du Limousin (né à Javerdat, il vit aujourd’hui à Saint-Junien), André Duprat poursuit son œuvre discrète de poète, dialoguant par intermittence avec les peintres (voir son précédent ouvrage par exemple, Un pas de croix, avec Élisabeth Lemaigre-Voreaux), depuis 1980.
Sa bibliographie est désormais impressionnante (qui compte aussi de nombreuses participations à des revues, comme auteur publié ou billettiste) chez divers éditeurs dont l’exigeant Jacques Bremond, et avec des préfaciers de choix tels Antoine Blondin jadis, ou Régine Detambel à présent…
Le corps est, dans ce nouveau recueil comme dans les précédents, au centre de ses interrogations (rappelons qu’André Duprat fut, comme il le dit lui-même, « [privé] des gestes » après qu’un accident le rendit tétraplégique à l’âge de vingt-deux ans, le condamnant dans le même temps « au long ré-apprivoisement de la vie » à travers lequel passe sans doute sa recherche poétique).
Cette fois-ci, cependant, la méditation sur l’être et le paraître (que le poète entretient auprès des paysages limousins et particulièrement les étangs) se fait encore plus profonde qu’à l’accoutumée (alors que le recueil est mince, et donc dense par son contenu), plus distanciée aussi (d’où le titre du second ensemble de cette plaquette : « Une mesure de distance »), sous des airs de bilan, bien que le poète soit définitivement « l’enfant déguisé en adulte ».

Retrouvez André Duprat dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site des Éditions Gros textes :
sites.google.com/site/grostextes

Les critiques archivées des Éditions Gros textes.




"Occulte intérim", tome 1 : "Stage de survie"

Occulte intérim
, tome 1 : Stage de survie,
scénario de Benjamin Patinaud,
dessins de Joris Lebois,
colorisation de Daco,
Mégalithes productions, 2009,
72 pages, 10,00 euros,
ISBN : 978-2-9519827-2-7.

« Sophie doit passer un stage pour valider sa licence pro : métiers de l’occulte. Elle va découvrir que son domaine, pourtant très particulier, ne diffère pas tellement des autres. »
En effet, ce n’est pas la lutte contre les zombies, les goules et autres forces du mal qui s’avérera l’épreuve la plus difficile pour Sophie ; tout ceci n’est pas grand-chose comparé au monde du travail : dans le domaine du combat contre les phénomènes occultes, la logique libérale l’a ici aussi emporté et ce sont des intérimaires, des précaires qui se chargent de cette mission initialement de service public.
Cette bande dessinée aux influences multiples et notamment cinématographiques (ce qui nous semble évident à certains endroits), nous propose une sorte de mélange entre manga (particulièrement friand du genre fantastique-horreur) et comics (pas en reste, que ce soit chez DC ou Marvel), y ajoutant un regard peu complaisant sur la société (le monde du travail, les difficultés rencontrées par le monde agricole, l’ONU, le Paris-Dakar…), le tout saupoudré de situations « cocasses » et d’un humour qui, s’il n’est pas très recherché, ne manque pas de nous faire rire.
Un très bon moment de lecture.

Le site de Mégalithes productions : megalithesprod.canalblog.com

Le blog consacré à Occulte intérim :
occulteinterim.over-blog.com

Les critiques archivées de Mégalithes productions.




Archives en Limousin n°31 et 32

Archives en Limousin
n°31 et 32
,
Archives en Limousin, 2008,
respectivement 84 et 52 pages,
10,00 euros chaque numéro,
ISSN : 1166-3626.

Pour sa trente et unième livraison, la revue semestrielle Archives en Limousin s’intéresse à la thématique du monde du travail aux XIXe et XXe siècles, sujet vaste qui occupe également une bonne partie du numéro 32.
Après une présentation de l’association Mémoire ouvrière en Limousin et de l’Institut CGT d’histoire sociale du Limousin, des fonds conservés par les archives départementales de Corrèze, Creuse et Haute-Vienne ainsi que par certaines archives municipales, nous rentrons dans le vif du sujet à travers l’organisation du patronat de l’industrie porcelainière. La porcelaine occupe une place importante dans ce numéro puisque l’on découvre une étude sur la perception des ouvriers porcelainiers à la Belle époque, une autre sur la main-d'œuvre féminine ; pourtant, malgré des effectifs importants, cette main-d’œuvre féminine se voit « effacée » de certaines « représent[ations du] monde de la porcelaine entre photos, dessins de presse et cartes postales » — dernier article du numéro 31 — notamment dans les représentations des mouvements de grève et émeutes, tout comme les jeunes ouvriers peuvent apparaître sur-représentés. Mais nous découvrons également une étude sur le fonctionnement de l’atelier de tapisserie Tabard d’Aubusson ainsi qu’un aperçu de l’histoire de la manufacture d’armes de Tulle, « La Manu », à travers les sources disponibles.
Nous retrouvons donc ce dossier consacré au monde du travail dans le numéro 32 avec, dans un premier temps, un article sur la Chambre de commerce de Limoges, signé par les auteurs de 150 ans d’avenir : Clotilde Druelle-Korn et Pascal Plas. Viennent ensuite, dans le désordre, un article consacré aux recherches sur les « Maçons de la Creuse », un autre, bref, sur la maladie du charbon à Saint-Junien à la veille de 1914. On y trouve surtout un article fort intéressant sur le métayage au XIXe siècle en Haute-Vienne dans lequel sont abordés les aspects théoriques et juridiques d’une telle pratique, mais également son rôle dans l’évolution des pratiques agricoles et le développement de la  race bovine.

Retrouvez Pascal Plas dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Les critiques archivées d'Archives en Limousin.




Travaux d'archéologie limousine n°28

Travaux d'archéologie limousine
n°28
,
Archéologie en Limousin, 2008,
214 pages, 29,00 euros,
ISBN : 978-2-9530543-1-6, ISSN : 0750-1099.

Néophytes, ne passez pas votre chemin ! Si la revue Travaux d’archéologie limousine est l’œuvre de spécialistes pour un public de spécialistes ou tout du moins averti, elle peut néanmoins satisfaire les esprits curieux. Ainsi, si certaines « descriptions » des travaux usent de termes incompréhensibles au commun des mortels, s’éternisent sur des détails techniques relativement indigestes pour le non initié, les analyses sont dans l’ensemble parfaitement accessibles et permettent de découvrir certains aspects de l’histoire et du patrimoine limousins mais aussi d’aborder des problématiques qui dépassent le cadre régional.
De cette vingt-huitième livraison, nous, simples lecteurs curieux, retiendrons notamment la contribution de Patrick Bouvart et d’Angélique Marty sur le prieuré casadéen de Saint-Pantaléon-de-Lapleau, en Corrèze, mais surtout l’étude de Jean-Michel Desbordes sur l’« alignement » des limites communales sur le réseau viaire, datant éventuellement d’avant la conquête romaine, ainsi que celle de François Massicot qui s’intéresse aux ponts romains et s’interroge sur l’utilisation de bois pour constituer leur tablier. De la seconde partie de la revue consacrée aux « Notes et chroniques de travaux », nous retenons, entre autres, l’article de Paul Facq et François Massicot sur la découverte d’une borne gallo-romaine à Peyrilhac : au-delà d’une description de la borne et d’une proposition de méthodologie de reconnaissance de ce modèle, les auteurs proposent, en s’« inspirant » des bornes kilométriques contemporaines, une interprétation du dévers de l’embase intéressante.

Les sites d'Archéologie en Limousin :
www.archeolim.net, www.archeologie-paysage.org

Les critiques archivées d'Archéologie en Limousin.




Les Principaux sols du monde : Voyage à travers l'épiderme vivant de la planète Terre

Les Principaux sols du monde : Voyage à travers l'épiderme vivant de la planète Terre
,
de Clément Mathieu,
Éditions Tec & doc, Lavoisier, 2009,
234 pages, 120,00 euros,
ISBN : 978-2-7430-1196-3.

Installé à Châteauneuf-la-Forêt (en Haute-Vienne), Clément Mathieu a parcouru la planète pour étudier les sols du monde entier. Auteur de nombreux ouvrages spécialisés en pédologie, il publie ici un ouvrage complet sur l’épiderme vivant de la planète Terre. S’il n’est pas destiné à un très large public (plus à cause de son prix que des thèmes traités), cet ouvrage s’efforce de traiter avec pédagogie un sujet complexe. Largement illustré de près de quatre cent cinquante photos, croquis et diagrammes, cette somme s’adresse principalement aux enseignants de sciences de la vie et de la terre, mais aussi à toute personne intéressée par les questions d’environnement, d’aménagement du territoire ou de protection des milieux naturels.

Retrouvez Clément Mathieu dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site des Éditions Tec & doc :
www.tec-et-doc.com

Les critiques archivées des Éditions Tec & doc.




Le Guide des bibliothèques numériques

Le Guide des bibliothèques numériques :
Le guide essentiel des s@voirs numérisés du monde
,
de Chloé Martin,
préface de Michel Fauchié,
FYP éditions, 2010,
198 pages, 12,90 euros,
ISBN : 978-2-916571-40-9.

Voilà un exemple de plus de la complémentarité du livre papier et du livre numérique.
Ce guide présente près de deux cents bibliothèques du monde francophone donnant accès à des fonds documentaires, portails culturels, expositions virtuelles, bibliographies et ressources pédagogiques en ligne. Cette sélection s'avère bien utile pour le « public perdu dans cette surabondance d’informations ».
Chaque bibliothèque numérique a le droit à une fiche d’identité détaillée sur le nombre de ressources, la langue s’accès, le mode d’utilisation… Étant répertoriées par grands domaines (généralistes, sciences et techniques, sciences humaines et sociales, histoire, droit – économie, lettres et langues, arts, jeunesse), il est très facile de trouver réponse à ses recherches ou de découvrir, au fil des pages, selon ses passions, une bibliothèque numérique à laquelle nous n’osions rêver : par exemple le site mis en place par la Cinémathèque française sur les collections de lanternes magiques qu’elle possède, ancêtres du cinéma de fiction, ces magnifiques peintures sur verre étaient projetés sur écran (www.laternamagica.fr).
L’ouvrage devrait vite devenir un indispensable, tant pour les professionnels que pour tous les curieux « des s@voirs numérisés ».
L’auteur, spécialiste des bibliothèques numériques, montre ainsi l’immense travail réalisé par les bibliothécaires du monde pour numériser leurs fonds et mettre à notre disposition des services novateurs pas encore assez connus : « Les bibliothécaires deviennent producteurs et prescripteurs de contenus et contribuent ainsi à réduire les inégalités territoriales d’accès à l’information et à la culture ».
Ce guide est préfacé par Michel Fauchié, responsable de la Cellule informatique des bibliothèques de Toulouse et président de l’Association pour le développement des documents numériques en bibliothèques.

Le site de FYP éditions : fypeditions.com

Les critiques archivées de FYP éditions.




Optimiser son cerveau

Optimiser son cerveau
,
de Rémi Sussan,
FYP éditions
(Collection « La fabrique des possibles »), 2009,
96 pages, 12,90 euros,
ISBN : 978-2-916571-30-0.

Bien loin — même s’ils sont évoqués — des « fantasmes » d’un cerveau augmenté de puces électroniques faisant de l’homme un surhomme, un cyborg, Rémi Sussan nous permet de mieux cerner le fonctionnement de notre cerveau, adoptant pour cela une démarche transversale, pluridisciplinaire, convoquant la philosophie, les sciences cognitives, les sciences du langage, la théologie ou plutôt la « neurothéologie », les nouvelles technologies (NBIC — nanotechnologie, biotechnologie, informatique, cognition)…, le tout saupoudré de nombreuses références et d’exemples d’expérimentations. Au-delà de ce point sur les connaissances actuelles sur le fonctionnement de notre cerveau, l’auteur envisage et analyse les différents moyens d’optimiser ce dernier, en commençant par rappeler que le désir de l’améliorer s’inscrit dans une histoire ancienne, avec l’utilisation de drogue (au sens large ici), l’exercice de la méditation, la psychanalyse… avant d’évoquer l’influence de la langue sur notre mode de pensée et notre représentation du monde, le fonctionnement de notre mémoire et les moyens de l’améliorer (les jeux vidéo sont-ils utiles ?), l’influence des drogues, des ondes et de la lumière…
À aucun moment Rémi Sussan ne perd son lecteur : usant d’une langue claire et d’un vocabulaire simple et accessible, il signe ici un bref ouvrage intéressant qui répond à bon nombre d’interrogations et invite à ne pas laisser spécialistes, pouvoirs militaire, politique, économique, judiciaire être les seuls destinataires de ces connaissances.

Le site de FYP éditions : fypeditions.com

Les critiques archivées de FYP éditions.




"Pour une mobilité plus libre et plus durable" et "La Ville 2.0, complexe… et familière"

Pour une mobilité plus libre et plus durable
,
de Daniel Kaplan et Bruno Marzloff,
FYP éditions
(Collection « La fabrique des possibles »), 2008,
88 pages, 14,90 euros,
ISBN : 978-2-916571-22-5,
et
La Ville 2.0, complexe… et familière,
de Fabien Eychenn,
FYP éditions
(Collection « La fabrique des possibles »), 2008,
96 pages, 14,90 euros,
ISBN : 978-2-916571-23-2.

Les deux premiers volumes de la Collection « La fabrique des possibles » apparaissent comme parfaitement complémentaires dans la mesure où le second permet d’apporter des éléments de réflexion, propose des pistes pour répondre — partiellement au moins — à certaines problématiques soulevées dans le premier.
Ainsi, Daniel Kaplan et Bruno Marzloff s’intéressent à la notion, essentielle au vu du développement urbain, de mobilité et proposent plusieurs pistes pour parvenir à une « mobilité libre et durable », répondant au mieux aux problèmes environnementaux. Les auteurs, reconnaissant l’insuffisance des solutions institutionnelles pourtant nécessaires et essentielles, envisagent diverses pistes afin de perfectionner certaines pratiques, notamment en ce qui concerne les transports pour lesquels l’utilisation des technologies de géolocalisation permettraient une meilleure adéquation entre l’offre et la demande et où l’information partagée est essentielle pour une meilleure utilisation des ressources mises à disposition et permet à l’utilisateur de développer une stratégie de déplacement (utilisation des différents moyens de transport, itinéraires). Surtout, il conviendrait de réfléchir à l’adéquation entre le temps, les espaces, les services et les déplacements, ce qui pourrait amener à proposer des lieux « multimodaux », regroupant différents services. Les auteurs, très attachés aux aspects libre et durable de la mobilité, appellent à reconnaître la mobilité comme un droit et s’intéressent aux conséquences environnementales de l’utilisation des TIC.
Fabien Eychenn s’intéresse lui aux innovations numériques qui s’intègrent et transforment la ville ainsi que notre rapport à celle-ci. Dans un premier temps, il propose un aperçu des moyens numériques permettant la navigation urbaine (puces RFID, codes-barre 2D, téléphone portable, réseaux Wi-Fi et Bluetooth) et évoque la nécessité de mettre en place une signalétique adaptée afin de permettre une bien meilleure utilisation de ces technologies. L’auteur se penche ensuite sur les nouvelles formes de sociabilité résultant du développement de ce qu’on appelle Web 2.0 avec notamment les réseaux sociaux (qu’ils soient généraux ou plus particuliers, centrés sur une ville, un quartier…) et autres services tel Twitter qui permettent une coordination des acteurs beaucoup plus souple ; à cela s’ajoutent les possibilités offertes par la géolocalisation, telles la localisation de ses amis, l’identification des lieux animés… Ce qui l’amène finalement à évoquer la carte, échappant en quelque sorte au contrôle des géographes, permettant non seulement de se repérer, mais surtout de partager des informations, de proposer des services, d’observer la ville, de se l’approprier…
La lecture de ces deux ouvrages, abondamment illustrés d’exemples, peut être utilement complétée par celle de l’ouvrage Les Médias géolocalisés, de Nicolas Nova (publié également par FYP éditions).

Le site de FYP éditions : fypeditions.com

Les critiques archivées de FYP éditions.




 
Le site de lecteurs-bibliothécaires Libfly met en ligne plusieurs centaines de critiques de livres parues dans la revue Machine à feuilles et dans la rubrique « Vient de paraître » de ce site.
Vous trouverez ainsi un forum et la liste de lectures liée aux critiques sur www.libfly.com.