ALCA* – Agence livre, cinéma et audiovisuel en Nouvelle-Aquitaine, site de Limoges

* Née de la fusion d’Écla, du Centre régional du livre en Limousin 
et du Centre régional du livre et de la lecture en Poitou-Charentes


Feuilles reçues (mise en ligne en 2009)


 



Le Salon des berces

Le Salon des berces,
de Gilles Clément,
Nil éditions, 2009,
216 pages, 18,00 euros,
ISBN : 978-2-84111-394-1.

« Cher Gilles Clément,
La personne qui m’a offert Le Salon des berces, après vous avoir entendu parler, à la radio, de votre voyage autour de ces maisons du nord de la Creuse, l’a offert à trois autres personnes. Je l’ai moi-même offert à cinq, prêté à quatre et conseillé à une bonne dizaine — à ce jour. Parmi elles, il y en a, je l’ai appris, qui l’ont à leur tour offert, prêté et conseillé, sans compter celles qui l’ont peut-être fait sans que je le sache (on ne contrôle pas tout). Je vous laisse imaginer la mathématique infinie de ces ramifications…
Attention, je ne viens pas vous réclamer un pourcentage sur vos chiffres de ventes (je vous aurais bien mal lu…). J’ai été tentée de tenter d’évoquer ici la justesse, la poésie, l’humilité, la malice, la grande classe et la tendresse de votre texte. Ce que la construction d’une maison implique (un mal de dos, certes…). Ce que l’on vient chercher sur les terres de l’enfance. Tentée de rappeler que vous ne venez pas de signer un traité sur le paysage mais un trépidant roman d’aventure…
Mais je veux surtout vous embrasser, je veux dire, je ne veux surtout pas vous embarrasser.
J’espère en passant que vous n’en voudrez pas aux rôdeurs qui se risqueront après cette lecture à visiter votre maison-jardin au mépris des lois que vous méprisez vous-même, à ces pèlerins d’un nouveau genre qui se reconnaîtront dans les chemins de traverse qui les mèneront jusqu’à vous.
Comme votre salon nous berce… »

Retrouvez Gilles Clément dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site où retrouver Nil éditions : www.laffont.fr

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Megasauria, tome 1 : Avalanches

Megasauria, tome 1 : Avalanches,
dessins de Jean-Marie Arnon,
scénario de Jean Depelley,
couleurs de Reed Man,
Organic comix, 2009,
47 pages, 12,00 euros,
ISBN : 978-2-914427-09-3.

Il y a soixante-cinq millions d’années, la Terre : un environnement hostile, peuplé de dinosaures, où vivent des hominidés, proies de choix, organisés en tribus plus ou moins « civilisées » et où survit Furh, seul mais lié à Fang, un dinosaure carnivore.
Si les premières pages nous ont rappelé — de par l’univers présenté et non de par le graphisme qui n’a rien à voir — nos nombreuses lectures, enfant, de l’adaptation par Nino du Monde perdu de Conan Doyle, très vite un tout autre univers s’offre à nous.
Publié initialement en feuilleton dans la revue Strange, Mégasauria fait intervenir Dame Tihi qui, grâce à un ordinateur-vaisseau, est chargée d’analyser la conformité du comportement de cette « planète laboratoire » ; mais bien vite, Dame Tihi se retrouve projetée dans l’expérience.
Le scénario, jouant avec certains éléments bien connus mais proposant un mélange des genres assez surprenant et très entraînant, servi par un dessin agréable et un découpage intéressant, nous a amené à regretter l’absence du deuxième tome dans notre rayonnage (mais n’est-ce pas le cas de tout feuilleton ?).

Le site d'Organic comix : www.organic-comix.fr

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150 ans d'avenir : Chambre de commerce et d'industrie de Limoges et de la Haute-Vienne, 1858-2008

150 ans d'avenir : Chambre de commerce et d'industrie de Limoges et de la Haute-Vienne, 1858-2008,
de Clotilde Druelle-Korn et Pascal Plas,
préface de Jean-Pierre Limousin,
Un, deux… quatre éditions, 2009,
224 pages, 19,00 euros,
ISBN : 978-2-35145-097-0.

Enseignant l’histoire à l’Université de Limoges, Clotilde Druelle-Korn et Pascal Plas se sont intéressés, à l’occasion de son cent-cinquantenaire, à la Chambre de commerce et d’industrie de Limoges et de la Haute-Vienne et proposent au lecteur de découvrir cette institution, son histoire et son fonctionnement.
Organisé en deux grandes parties selon un découpage temporel prenant pour pivot la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’ouvrage amène le lecteur à suivre la création et l’évolution de cette structure, découvre quelques noms qui s’y sont investis et ont eu une action essentielle au développement de la ville de Limoges et de la Haute-Vienne. C’est surtout la première partie qui nous a semblé la plus à même de réunir un large public dans la mesure où elle permet de se plonger dans l’histoire de Limoges et de son développement industriel et plus particulièrement dans les domaines de la porcelaine et de la chaussure, dans les problématiques — finalement anciennes — de désenclavement de la région, de gestion des ressources énergétiques (production hydroélectrique, exploitation du bois et de la tourbe…), de formation professionnelle et technique… La seconde partie nous a semblé plus « technique » et s’adresse à un public coutumier de l’institution ou désireux d’en savoir plus, notamment en ce qui concerne les structures que la Chambre a mises en place ou avec lesquelles elle a tissé des liens étroits au fil des ans. Cet ouvrage peut donc également s’avérer être un outil intéressant pour qui s’intéresse au tissu économique local.

Retrouvez Pascal Plas dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site d'Un, deux… quatre éditions :
www.un-deux-quatre.com

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Sur les pas des écrivains : Balade en Limousin

Balade en Limousin,
sous la direction de Georges Châtain,
préface de Claude Duneton,
Éditions Alexandrines
(Collection « Sur les pas des écrivains »), 2009,
287 pages, 20,00 euros,
ISBN : 978-2-912319-43-2.

Les Éditions Alexandrines sont spécialisées dans la publication de cette collection de balades « Sur les pas des écrivains » établissant peu à peu une véritable géographie littéraire de la France, avec près d’une vingtaine de départements déjà traités.
Georges Châtain, qui a dirigé cette publication, a réussi le tour de force de réunir les trois départements du Limousin en un seul volume pour cette publication dont les richesses sont immenses.
Le choix de l’éditeur est de proposer à des auteurs de la région d’écrire sur leurs prestigieux aînés, ce qui nous offre plus d’une soixantaine de plumes différentes pour parler du territoire limousin. On retiendra notamment les beaux textes de Bernard Blot sur Pierre Michon, de Patrick Mialon évoquant Richard Millet, de Mathieu Riboulet sur Marcel Jouhandeau, de Jean-Guy Soumy sur Martin Nadaud ou de Philippe Grandcoing sur l’historien Alain Corbin.
Richement illustré de dessins, croquis et photographies, cet ouvrage complète à merveille les deux ouvrages parus en 2008 sur la même thématique : Du pays et de l'exil : Un abécédaire de la littérature du Limousin, de Laurent Bourdelas, paru aux Ardents éditeurs, et le Guide de balades littéraires en Limousin, édité par le Centre régional du livre en Limousin.

Retrouvez Georges Châtain dans la rubrique « Auteurs » de ce site.


Le site des Éditions Alexandrines : www.alexandrines.fr

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Voiture cinq quai vingt et un

Voiture cinq quai vingt et un,
de Claudine Bohi,
Éditions Le bruit des autres, 2008,
69 pages, 10,00 euros,
ISBN : 978-2-35652-015-9.

Où il est question de trains qui arrivent, qui partent, que l’on attend, que l’on prend ; de cafés et de morceaux de sucre ; d’hommes que l’on attend, qui nous attendent ; de désir et d’amour.
« Elle prend les carrés petits morceaux de sucre sur la table
elle rêve de départ dans sa cuillère il est au loin
les hommes sont toujours loin quand elle les aime
elle a dit : « l’amour dure » c’est si beau dans l’espace ce grand
balancement le ciel avec tout le désir dedans qui descend dans le
ventre et dans les mains aussi elle boit le café noir avec sa
bouche elle les embrasserait tous »
Claudine Bohi signe avec Voiture cinq quai vingt et un un bref ouvrage, sensible, à la lecture agréable, servi par une pagination propre.
L’absence de ponctuation, si ce n’est le point final, implique de  evenir sur ses pas, de rechercher la construction, la phrase, d’avoir une lecture a posteriori, et alors nous enveloppe le plaisir des mots, rappelant en ce sens plus Alcools, d’Apollinaire, que L'Art et la manière d'aborder son chef de service pour lui demander une augmentation, de Georges Perec.


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Le Roi du silence

Le Roi du silence,
de Laurence Biberfeld,
Éditions Le bruit des autres, 2009,
171 pages, 16,00 euros,
ISBN : 978-2-35652-028-9.

Auteure de polars et de romans noirs, Laurence Biberfeld a vécu plusieurs années sur le Plateau de Millevaches. Elle rend à ce pays à la beauté sauvage un hommage singulier et puissant dans une pièce de théâtre où se mêlent les voix des habitants du plateau à différentes périodes de l’histoire (Moyen-Âge, Révolution, époque de boisement intensif, Guerre de 1914-1918, Occupation…) et un fil rouge se déroulant à l’époque contemporaine dans lequel deux jeunes mariés pistent une énigme enfouie dans leurs souvenirs en revenant sur les lieux de leur enfance. Eymoutiers, le site des Cars, Magnat-l’Étrange, Peyrelevade, Féniers ou La Courtine forment le décor de cette dramaturgie croisée entre les destins funestes des hommes et le passé douloureux des jeunes amoureux.
La langue âpre, dure et crue de Laurence Biberfeld sert on ne peut mieux cette pièce de théâtre singulière.

Retrouvez Laurence Biberfeld dans la rubrique « Auteurs » de ce site.


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des Éditions Le bruit des autres
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Partis pris

Partis pris, 1 : Lettres à René Pons,
de Christian Viguié,
Éditions Le bruit des autres, 2009,
181 pages, 16,00 euros,
ISBN : 978-2-35652-022-7.
Partis pris, 2 : Poésie et politique,
de Christian Viguié,
Éditions Le bruit des autres, 2009,
61 pages, 10,00 euros,
ISBN : 978-2-35652-024-1.

Avec une vingtaine d’ouvrages publiés — principalement chez Rougerie pour ses recueils, Le bruit des autres éditant quant à lui ses proses et son théâtre — Christian Viguié est désormais une voix reconnue de la poésie, régulièrement publiée et primée. C’est, de façon indirecte, ce parcours d’homme tout autant que d’auteur qu’il nous est donné de retrouver en filigrane dans le premier des deux tomes de cet ensemble. Pour ses lecteurs, Viguié est plutôt un poète de l’économie, du peu de mots, chacun de ces derniers n’en étant pas moins « habité », pour reprendre une expression qu’il utilise d’ailleurs ici au sujet de Giono, l’une de ses nombreuses admirations revendiquées. Car ceux qui ont déjà parlé de vive voix avec Christian Viguié savent combien ce grand lecteur peut être disert. Il semblerait d’ailleurs qu’il n’ait finalement accepté de publier ses lettres à l’un de ses confrères (René Pons, dont l’œuvre est disponible à la même enseigne) qu’avec la garantie de hisser le débat à cette problématique trop rarement visitée par la littérature du jour : le lien entre poésie et engagement. « Je pense réellement, écrit-il, que la forme est une conséquence du sens, pareils à certains mouvements sociaux qui créent plus d’imaginaire politique que des partis constitués », déplorant dans le même temps que « les critiques se déplacent dans des compartiments de première classe et ignorent que le passager clandestin, c’est la langue ». L’absence de posture littéraire de Christian Viguié, pour être subversive, n’en oublie pas les exercices d’admiration au destinataire de ses lettres comme à Ramuz, à Éluard ou à Breton, entre lesquels notre auteur se refuse, comme il est convenu de faire, de choisir… Il n’ignore pas qu’écrire seulement en contre ne mène pas loin : « la joie que j’éprouve, même momentanée, me repose, me vivifie, m’amène à poursuivre des discussions imaginaires, jamais interrompues, et le labyrinthe du temps, pour une fois, s’estompe ».
Le second volume de cet ensemble, un court mais riche essai, théorise un peu plus cette même idée selon laquelle poésie et réel seraient inextricablement mêlés dans leur action émancipatrice, tout poète qui se respecte ne se tenant jamais « en marge du monde ».
Christian Viguié oserait presque une réhabilitation audacieuse de la poésie de résistance, en relevant tout de même que « le poème [strictement] politique ne tient pas. L’évènement, la circonstance plombent l’or du poème ». C’est toute la force de ces deux petits livres, pétris d’érudition comme d’humanité — ce qui n’est somme toute pas tellement courant —, que de dynamiter quelques idées très largement reçues lorsqu’elles ne sont tout bonnement pas ignorées, en éveillant la curiosité et la soif de découverte du lecteur.
Deux volumes à garder près de soi, à reprendre, et à discuter dans la durée.

Retrouvez Christian Viguié dans la rubrique « Auteurs » de ce site.


Les critiques archivées
des Éditions Le bruit des autres
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Mémoires de la Société des sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse 2007

Mémoires de la Société des sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse 2007
,
tome cinquante-troisième,
Société des sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse, 2008,
458 pages, 25,00 euros,
ISSN : 0249-664X, ISBN : 978-2-903661-37-3.

Cette copieuse livraison des Mémoires de la société savante de la Creuse fait la part belle aux articles de recherche historique et archéologique, avec en particulier deux articles très éclairants sur des aspects mal connus du grand public de l’histoire de ce département : une étude d’Hélène Taillemite sur l’envoi de Creusois au bagne de la Nouvelle-Calédonie à la fin du XIXe siècle et un article d’Alain Carof sur la mémoire de la taille du diamant à Felletin.
Vingt-quatre articles ou études composent cette livraison annuelle, auxquels s’ajoutent les chroniques habituelles. On pourra par exemple se référer utilement à la bibliographie creusoise annuelle très complète rédigée par Jean-Marie Allard.

Retrouvez Jean-Marie Allard dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site de la Société des sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse :
www.ssnah23.org

Les critiques archivées de la Société des sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse.




Écorché vif et cris

Écorché vif et cris
,
d'Alain Lacouchie,
préface de Jean Joubert,
Éditinter éditions (Collection « L’échappée belle »), 2009,
87 pages, 15,00 euros,
ISBN : 978-2-35328-041-4.

Le titre de ce nouveau recueil d’Alain Lacouchie annonce la couleur : celle d’un « écorché vif » qui ne décolère pas, duquel l’écriture n’a cessée de s’aiguiser, à l’image de la violence qu’elle met en mots, depuis la parution des Rapaces en 1992.
Le livre, orné comme à l’accoutumée de dessins en noir et blanc de l’auteur, décline, le long de quatre longues séquences et d’une centaine de courts poèmes, la description cauchemardesque d’un univers qui pourrait bien être le nôtre, tout rapprochement que le lecteur pourra faire avec des photographies connues et largement diffusées dans la presse internationale (l’une des sources d’inspiration du poète) n’étant sans aucun doute nullement innocent… Face à l’humanité brisée, captive de sa misère (« Grenade explosive à son corps violé, les brûlures / dans son présent l’impatiente d’une vie à l’envers. Elle est un oiseau mécanique qui grince de rouille… »), l’auteur souhaite continuer « une poésie de combat », conforté en ce sens par la préface que lui signe Jean Joubert (prix Renaudot et Mallarmé) qui note bien combien cela ne saurait s’accomplir sans fraternité : « Dis-moi tes entrailles, je lancerai ton cri, car il est aussi le mien ».
Heureusement pour l’auteur, pour ses lecteurs, il y a aussi la présence à la fois réconfortante et réflexive des arts (la musique, maintes fois convoquée, la peinture, par exemple Egon Schiele…) et de la femme aimée, surtout. Cette dernière est célébrée dans l’ensemble intitulé « Onctueux », qui clôt le recueil : « Un moment sur ta peau est un saut dans l’oubli ».

Retrouvez Alain Lacouchie dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site d'Éditinter éditions :
editinter.free.fr

Les critiques archivées d'Éditinter éditions.




La Naissance d'Uluru

La Naissance d'Uluru
,
de Muriel Mingau,
illustrations de Midi,
Planète rêvée éditions, 2009,
21 pages, 14,00 euros,
ISBN : 978-2-917871-04-1.

Uluru, c’est un rocher gigantesque au cœur de l’Australie que les touristes s’amusent à attaquer par la face sud en le nommant « Ayers Rock » et au risque d’y faire une chute mortelle. Pour les Aborigènes qui savent le secret de la naissance d’Uluru, cette irrésistible ascension paraît sacrilège et les laisse songeurs. Si au moins on leur demandait, ils la raconteraient avec plaisir, l’histoire de leurs grands ancêtres qui jadis sortirent de dessous terre pour dessiner les paysages de l’Australie…
Le texte de Muriel Mingau, inspiré des mythes fondateurs de la culture aborigène, et les illustrations de Midi nous invitent au temps du rêve, des sons et des couleurs, dans un monde qui ne demande qu’à écouter et à se faire entendre…

Retrouvez Muriel Mingau dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Les critiques archivées de Planète rêvée éditions.




J'ai fait un rêve…

J'ai fait un rêve…
,
peintures de Zad,
paroles et musiques de Didier Jean,
2 vives voix éditions, 2009,
60 pages, 20,00 euros,
ISBN : 978-2-9533739-0-5.

Cette nouvelle collaboration entre Zad et Didier Jean nous invite au rêve général en couleur, paroles et musique.
La gouache et le pastel de Zad qui nous enchantent depuis des années découvrent ici une série de portraits de dormeurs magnifiques, que Didier Jean illustre de sa voix et de ses sons. Un bel objet qui vient compléter la visite de l’exposition du même nom — si vous avez l’occasion de la croiser, courez-y ! —, à lire comme une histoire d’amour…

Retrouvez Didier Jean dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Retrouvez Zad dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site de 2 vives voix éditions (désormais Utopique) :
www.utopique.fr

Les critiques archivées de 2 vives voix éditions.




Tout change, Images à colorier : Des légumes

Tout change
,
de Georges Tcherkessof,
Les amis du Père Castor, 2009,
16 pages, 16,50 euros,
ISBN : 978-2-914400-01-5.
Images à colorier : Des légumes,
d'Hélène Guertik,
Les amis du Père Castor, 2009,
10 pages, 9,50 euros,
ISBN : 978-2-914400-00-8.

Saluons ces deux rééditions en fac-similé de tout premiers albums du Père Castor (publiés respectivement en 1934 et 1935 par les Éditions Flammarion).
Des légumes à colorier qui évoquent des paysages paradisiaques et un voyage dans le temps grâce aux « lunettes de cent ans », qui permettent d’apprécier selon l’angle de vue et à travers un jeu de couleurs les transformations de la société entre 1834 et 1934. On attend 2034 pour ajouter une couleur supplémentaire !

Les critiques archivées des Amis du Père Castor.




Demain, les mondes virtuels

Demain, les mondes virtuels
,
de Rémi Sussan,
FYP éditions
(Collection « La fabrique des possibles »), 2009,
95 pages, 12,90 euros,
ISBN : 978-2-916571-31-7.

Qui n’a pas un jour imaginé pouvoir s’immerger dans un univers virtuel, y vivre, sentir et ressentir ce qui y est proposé, grâce à un appareillage des plus surréalistes ? À tous ceux qui veulent encore y croire — tout du moins de cette façon — nous déconseillons la lecture de Demain, les mondes virtuels, ouvrage bref dans lequel Rémi Sussan commence par évoquer les débuts des mondes virtuels ainsi que la situation actuelle, tant au niveau des univers proposés que des éléments permettant de s’y mouvoir, d’interagir… Puis, bien conscient des limites de l’offre actuelle, il envisage les évolutions que pourrait subir la réalité virtuelle en faisant appel non seulement aux aspects informatiques –— matériels et logiciels — mais en nourrissant sa réflexion d’éléments divers provenant de champs disciplinaires variés tels les nanotechnologies, les sciences cognitives… Il produit une vision, un tableau passionnant, tant du point de vue techn(olog)ique que des implications cognitives, mais qui peut éveiller — chez certains du moins — une inquiétude sans doute bien compréhensible.

Le site de FYP éditions : fypeditions.com

Les critiques archivées de FYP éditions.




Les Médias géolocalisés : Comprendre les nouveaux espaces numériques

Les Médias géolocalisés : Comprendre les nouveaux espaces numériques
,
de Nicolas Nova,
FYP éditions (Collection « Innovation »), 2009,
176 pages, 23,90 euros,
ISBN : 978-2-916571-20-1.

L’apparition et la très rapide diffusion des GPS (Global positionning system) utilisés par le grand public pour ses déplacements automobiles laisse à penser que la géolocalisation et les médias qui lui sont associés font partie des enjeux fondamentaux de la société de demain. Si Nicolas Nova nous présente de manière claire et concise ce que sont ces nouveaux médias géolocalisés et leur utilisation possible dans tous les domaines, il propose aussi une approche critique des innovations en cours en pointant également les réticences du public face à une traçabilité généralisée de ses déplacements. La réussite de cette collection de FYP éditions (« Innovation ») réside probablement dans cette savante alchimie qui permet au lecteur de saisir les enjeux de technologies qu’il ne maîtrise pas, tout en prenant conscience de la nécessité pour chaque lecteur-citoyen de comprendre les technologies de demain pour être capable, en connaissance de cause, de les accepter ou d’en pointer les dangers et les dérives possibles.

Le site de FYP éditions : fypeditions.com

Les critiques archivées de FYP éditions.




Technologies et prospective territoriale

Technologies et prospective territoriale
,
de Philippe Durance, Daniel Kaplan, Alain Puissochet et Stéphane Vincent,
FYP éditions
(Collection « La fabrique des possibles »), 2008,
79 pages, 14,90 euros,
ISBN : 978-2-916571-24-9.

Comment les territoires et les acteurs qui les composent peuvent prendre en compte les nouveaux enjeux et usages des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans leurs réflexions prospectives concernant l’aménagement du territoire, le développement économique, les infrastructures, les transports, l’environnement, l’habitat, la sécurité publique, la formation, la recherche, la santé, l’aide sociale, la culture, le tourisme, les services internes de la collectivité, la démocratie ?
Cette interrogation peut paraître, en soi, incongrue tant le champ est vaste, complexe, mouvant.
Ce petit livre de soixante-dix-neuf pages, fruit d’un travail collectif au sein de la FING (Fondation Internet nouvelle génération), important « think tank » français consacré à l’innovation, offre les moyens d’y répondre.
Cinq enjeux majeurs sont circonscrits : l’évolution des infrastructures et des réseaux de communication ; l’informatique « omniprésente » par son adjonction aux objets, machines… ; les technologies de l’identité, de la sécurité, de la traçabilité ; les technologies convergentes : nanotechnologies , biotechnologies, informatiques, cognition (NBIC) ; l’appropriation des TIC par la société.
Chacun de ces enjeux fait l’objet d’un chapitre avec définition, état des lieux, mise en perspective et les variantes possibles (négatives ou positives) d’ici 2030 ! Un grand poster dépliable récapitule l’impact des technologies numériques sur les territoires dans chacun des domaines cités plus haut.
Document de « substantifique moelle » à mettre dans toutes les mains de ceux qui vivent, agissent et mettent en place des politiques publiques. Poster à afficher devant chaque machine à café des entreprises et des institutions !

Le site de FYP éditions : fypeditions.com

Les critiques archivées de FYP éditions.




Rebeyrolle : Ou l'obstination de la peinture

Rebeyrolle : Ou l'obstination de la peinture
,
de Michel C. Thomas,
Éditions Gallimard (Collection « L'un et l'autre »), 2009,
146 pages, 17,50 euros,
ISBN : 978-2-07-012385-8.

Michel C. Thomas n’a pas connu Paul Rebeyrolle. Il découvre son œuvre en passant par Eymoutiers, presque par hasard. Voici le récit d’une rencontre, celle d’avec le personnage que ses tableaux présupposent.
L’auteur peint la peinture de l’artiste, lui donnant une couleur à la fois drôle et poétique, ô combien romanesque. La digression y est heureuse, attentive et bienvenue, mêlant l’histoire des arts à l’histoire du pays, et à force de convoquer d’autres fantômes, morts ou vivants (en vrac : Ponge, Shakespeare, Courbet, Gatti, Foucault, Rembrandt…), tout finit par faire sens, par s’éclairer. La plume agile de Thomas se frotte à ses souvenirs personnels, à la vie de Rebeyrolle, et, toujours inspirée, retombe finalement sur ses pattes grâce à l’injonction de Kafka : « Dans ce combat qui t’oppose au monde, sois du côté du monde. »

Le site des Éditions Gallimard : www.gallimard.fr

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Le Paysan céleste, suivi de Notre part d'or et d'ombre

Le Paysan céleste
,
suivi de Notre part d'or et d'ombre
(poèmes 1950-2000)
,
de Georges-Emmanuel Clancier,
préface d'André Dhôtel,
Éditions Gallimard (Collection « Poésie »), 2008 (nouvelle édition),
416 pages, 9,20 euros,
ISBN : 978-2-07-035822-9.

La précédente édition de ce parcours dans l’œuvre poétique de Georges-Emmanuel Clancier (né à Limoges en 1914) avait paru en 1984 et rassemblait déjà Le Paysan céleste (1956), avec Chansons sur porcelaine, Notre temps, Écriture des jours… En rendant accessible à tous, dans une édition de poche de qualité, les poèmes de G.-E. Clancier, elle a contribué à faire connaître ce pan important de son travail (sans doute moins connu, en Limousin, que le célèbre Pain noir). Une certaine dualité, que l’auteur distingue lui-même dans son parcours foisonnant, est au cœur de ce riche volume : « Part d’or et d’ombre », ou « Part du rêve » ainsi qu’« Amour de la réalité »… En cherchant à rallier — comme avant lui, par exemple et par ailleurs, Jules Supervielle — ces deux domaines derrière la réussite formelle et sous la bannière du poème, Georges-Emmanuel Clancier ne fait rien moins que continuer, dans la modernité qui est aussi la sienne, une œuvre originale et humaniste, ancrée en Limousin et d’une portée universelle.

Retrouvez Georges-Emmanuel Clancier dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site des Éditions Gallimard : www.gallimard.fr

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Memòria de l'aiga : Enquête ethnolinguistique sur l'eau en montagne limousine

Memòria de l'aiga : Enquête ethnolinguistique sur l'eau en montagne limousine
,
de Pascal Boudy, Jean-Marie Caunet
et Jean-François Vignaud,
Éditions Doublevébé récup (Collection « Carnet de mission »)
pour l'Institut d’estudis occitans dau Lemosin — Institut d'études occitanes du Limousin, 2009,
54 pages, 16,00 euros,
ISBN : 978-2-918051-03-9.

Présentée sous la forme originale d’un véritable « carnet de mission » à spirale, avec croquis et fac-similés de notes prises sur le vif, cette nouvelle parution de l’Institut d’études occitanes du Limousin s’attache à rendre compte d’une série d’enquêtes menées sur les routes de la montagne limousine entre avril 2007 et juin 2008…
À la rencontre des habitants, désormais rares et âgés, de ce territoire dépeuplé, c’est un trésor inestimable de proverbes et dires qui sont collectés, dans le même temps que de multiples savoirs liés à l’utilisation des eaux.
La nécessité de communiquer le fruit de cette collecte n’est plus à démontrer, la langue limousine étant en voie de disparition dans ce secteur géographique comme l’indiquent, sans doute sans le vouloir, ces propos relevés par la présente étude : « C’est bien que vous veniez lui parler, parce que des fois le Pépé, il nous parle patois mais on lui répond pas parce qu’on le comprend pas… »
Les moulins, la pêche et le braconnage, les moulins et meules, les bonnes fontaines sont autant d’autres thèmes abordés dans ce riche ouvrage abondamment illustré qui a le mérite d’éviter une approche trop austère (comme souvent avec ce type de publication) même si il en résulte de ce fait une lecture un peu éclatée…
Les extensions de ce projet, dont l’organisation de spectacles de contes, sont proposées à la fin du carnet, comme une non moins précieuse invitation à la (re)lecture de Marcelle Delpastre avec la Suite à suivre pour un paysan

Le site des Éditions Doublevébé récup :
www.wbrecup.com

Le site de l'Institut d'études occitanes du Limousin :
www.ieo-lemosin.org

Les critiques archivées des Éditions Doublevébé récup.

Les critiques archivées
de l'Institut d’estudis occitans dau Lemosin — Institut d'études occitanes du Limousin
.




Traces pour le silence

Traces pour le silence
,
de Pierre Bacle,
Rougerie éditeur, 2008,
65 pages, 12,00 euros,
ISBN : 978-2-85668-148-4.

Après son premier recueil qui nous avait séduits — L’Orée d’une parole, chez le même éditeur —, nous découvrons avec plaisir et intérêt le nouveau livre de poèmes de Pierre Bacle, bibliothécaire bellachon, plus épais et de facture plus « classique », disons plus habituelle chez Rougerie. Le poète laisse ici, dit-il, des traces pour le silence — peut-être pour ponctuer de vers la postérité, désormais incarnée pour lui en une petite enfant qu’il aime à contempler ensommeillée, avec sa mère.
Ce silence, c’est peut-être aussi un secret de saison : une saison de mémoire endolorie (l’enfance ne s’achève pas ; la fontaine des jours enfuis), une vie dérobée pour un seul matin, des idées de départ à jamais reporté — la vie même est silencieuse, qui hésite entre les phares du grand large et les lanternes des morts familières. L’hiver et la neige venus, le cœur semble de laine et s’effiloche ; la mélancolie sourd ; la difficulté d’écrire le poème migrateur sur un mince carnet interroge. La partition est inachevée, les évidences s’effondrent. À quoi sert la langue matrice ? Le poème réussira-t-il à conjurer un mauvais rêve, à étancher le chagrin ? Il faudrait savoir reprendre racine. Alors, peut-être, le calme du matin sera-t-il comme une entaille de lumière transfigurant le quotidien.
Le cœur du poète s’est fait presqu’île. Il doit décrypter le brouillard de signes et délivrer des mots pris au piège, mais la ponctuation l’amuse : guillemets, parenthèses, dont il se joue. Il marche et voudrait écrire le ciel. Le passé tarde à s’effacer et les fantômes persistent. L’apaisement est un combat pour échapper aux enfers. Il est cependant possible, grâce à une berceuse sublime, grâce aussi à l’amoureuse.
Il est temps, alors, d’un retour à l’automne — ce moment d’une fête triste dans le cœur qui se couvre d’une écume mélancolique. Le poète doit se faire alors sentinelle, rechercher encore et encore les mots qui feront de la route entreprise une nouveauté, malgré le caillou dans la botte. La meurtrissure des échardes toujours finit par se transformer en cicatrice. Il faut aller de l’avant, sur la page et dans la vie, savoir dire kenavo, rêver de la mer couleur émeraude des créoles (Karukera), la mer agrandissant toujours le paysage, il faut savoir partager le vin fou, sous un pommier en fleurs.
Pierre Bacle poursuit sa quête et confirme ici sa vocation et son talent de poète dans l’esprit des aînés de Rochefort et d’ailleurs, à l’orée du lyrisme, par petites touches impressionnistes.
(Critique réalisée par Laurent Bourdelas, extraite de l'émission radiophonique Tendances, diffusée sur RCF Émail-Limousin).

Retrouvez Pierre Bacle dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site des Éditions Rougerie :
www.editions-rougerie.fr

Les critiques archivées de Rougerie éditeur.




Toujours ou jamais

Toujours ou jamais : Travail photographique dans l’unité pédopsychiatrique de l’hôpital Esquirol à Limoges
,
par Marc Pataut,
Éditions du Panama, 2008,
176 pages, 39,00 euros,
ISBN : 978-2-7557-0354-2.

À l’initiative de l’Artothèque du Limousin, et dans le cadre du programme « Culture à l’hôpital », le photographe Marc Pataut s’est rendu plusieurs jours par mois pendant deux ans et demi à l’unité pédopsychiatrique de l’hôpital Esquirol à Limoges ; la publication de ce livre de textes et de photos est l’aboutissement d’un travail qui a pris le temps de l’écoute et du partage.
Marc Pataut photographie les adolescents du centre. Il apprend à les connaître et à se faire connaître d’eux ; il leur distribue des appareils photos, ils produisent plus de neuf mille images.
Les reproductions d’un choix de photographies sont augmentées d’extraits du journal de travail tenu par l’artiste et des chroniques de Jean Poussin de l’Artothèque, qui l’accompagne.
Des textes de Jean-François Roche (pédopsychiatre), Véronique Nahoum-Grappe (ethnologue), Maurice Corcos (psychiatre), Jean-François Chevrier (historien et critique d’art) et Philippe Vigouroux (ancien directeur du CHU de Limoges), chacun dans sa spécialité, nous parlent de ce travail, comment il l’interprète, comment il le touche, comment il renvoie à d’autres interrogations, comment l’art en général et le travail de Marc Pataut en particulier nourrissent la vie d’une unité pédopsychiatrique, nourrissent des envies. L’art ne s’affirme pas comme thérapie, mais « peut dire mieux que les concepts psychiatriques ce qui se joue dans la tête des patients » (Maurice Corcos). Ce livre nous montre que la qualité de notre regard, que l’on soit artiste, spécialiste, malade ou simple citoyen, s’il ne résout pas les problèmes et les souffrances, peut créer un espace de compréhension et d’enrichissement mutuels.

Les critiques archivées des Éditions du Panama.




Le Secret de la rouelle

Le Secret de la rouelle
, tome 1 : L’Œil mauvais,
de Marie-France Houdart,
dessins de Diane de Bournazel,
Maiade éditions, 2009,
211 pages, 18,50 euros,
ISBN : 978-2-916512-07-1.

Il y a des livres qui sont un peu plus que des livres. Le Secret de la rouelle est de la famille de ces objets que l’on prend plaisir à avoir, offrir, compulser… Ce parcours initiatique de deux enfants à travers les paysages et légendes du Limousin est non seulement accompagné des subtiles illustrations de Diane de Bournazel, mais il est aussi truffé de cartes, chansons, jeux en tous genres, pour un public de lecteurs-aventuriers « de 10 à 110 ans ». Petite bible de culture occitane, Le Secret de la rouelle mêle l’histoire d’un village perdu au fantastique et au roman d’aventure, où Marcelle Delpastre côtoie Bernart de Ventadour, la recette de la flaugnarde, la chanson des maçons de la Creuse… On apprend en outre qu’une « petasse » n’est rien qu’un morceau d’étoffe.
Et comme un deuxième tome est annoncé à la fin de ce volume, tout est bien qui finit bien…

Retrouvez Marie-France Houdart dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Retrouvez Diane de Bournazel dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site de Maiade éditions :
maiadeeditions.free.fr

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La Vallée enluminée : Une enfance noyée

La Vallée enluminée : Une enfance noyée
,
de Ginette Aubert,
suivi de C’était la Dordogne ou la petite fille et la rivière,
de Marie-France Houdart,
préface de Vincent Remy,
Maiade éditions, 2008,
127 pages, 28,00 euros,
ISBN : 978-2-916512-06-8.

Si vous avez eu l’occasion d’une promenade en gabare sur la Dordogne de Spontour, votre imaginaire s’est certainement envolé à l’évocation de la vallée engloutie… Vous aurez été pris d’émotion et de compassion pour ces familles qui ont perdu à tout jamais leur terre et leur toit, expropriées par EDF pour la construction du barrage de l’Aigle. Et puis la promenade se sera poursuivie et vos pensées ont pris un autre cours.
Ginette Aubert, elle, n’oubliera jamais le village de son enfance. « Le deuil de cette maison, de cette vallée, je ne le ferai jamais. Je rêve — sans arrêt je fais ce rêve — que le barrage a sauté et que je retrouve ma vallée. »
Elle les peint, son village, sa vallée, ses habitants et ses rites, elle nous tient en haleine avec le récit chatoyant et enluminé de son enfance, entre les souvenirs de bonheur laissés par le tournage d’un film de Grémillon, le rythme des saisons, l’observation fine et discrète de tout ce qui fait la vie de ce coin de Dordogne, ceux qui y passent et les traditions qui perdurent, tout ce que la rivière charrie comme mémoire et comme tendresse.
Marie-France Houdart complète ce récit en peinture d’une étude documentaire sur la vallée, finissant de donner à ce très bel objet l’aspect universel d’un témoignage de l’histoire des hommes.

Le site de Maiade éditions :
maiadeeditions.free.fr

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Bertran de Born : Histoire et légende

Bertran de Born : Histoire et légende
,
de Jean-Pierre Thuillat,
Éditions Fanlac, 2009,
288 pages, 24,00 euros,
ISBN : 978-2-86577-265-0.

« Comment naissent les légendes ? Comment, d’une vie d’homme somme toute assez banale quand on le replace dans son époque, l’Histoire peut-elle faire une geste héroïque, même en négatif, puis un mythe générateur de romans, de dramaturgies théâtrales et lyriques, d’une imagerie finalement plus fantasmatique que réelle ? À peine Bertran de Born avait-il disparu que la légende s’emparait déjà du personnage. » Voici la question que se pose principalement Jean-Pierre Thuillat tout au long de cette œuvre.
Afin de tenter d’y répondre, il choisit de nous détailler la vie de ce troubadour singulier, témoin hors norme de son époque. Du contexte historique à la plus infime amitié du sujet, en passant par les origines et les rebondissements, ce professeur honoraire nous signe ici un travail complet sur le sire d’Hautefort. Mais, non content d’avoir fait d’importantes recherches, et d’en plus étayer ses thèses par des recherches scientifiques, il se garde bien d’affirmer comme vraies les nombreuses suppositions quant à la vie du troubadour, et il en avertit systématiquement le lecteur.
En conclusion, nous pouvons dire que Bertran de Born : Histoire et légende, de par sa neutralité et sa finesse, et par son style accessible à tous, peut aisément devenir l’ouvrage de référence du célèbre troubadour.

Retrouvez Jean-Pierre Thuillat dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site des Éditions Fanlac : www.fanlac.com

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Monsieur Bob

Monsieur Bob
,
d'Olivier Bailly,
Éditions Stock (Collection « Écrivins »), 2009,
191 pages, 14,50 euros,
ISBN : 978-2-234-06245-0.

Un coin de zinc, un ballon de rouge et Bob. Voilà l'univers que nous dépeint Olivier Bailly dans cette biographie. Certains esprits mal avisés le diraient poivrot, amusant la galerie pour y trouver un coup à boire. Mais Monsieur Bob, c'est tout autre chose. Poète au premier abord, la chevelure hirsute, l'allure menue, Robert Giraud de son vrai nom apparaît comme l’épicentre culturel de la nuit parisienne des années quarante. Connu et reconnu de tous ses habitués, pourtant sans prétention, Bob est un homme qui montre au grand public les marginaux. Qu'ils soient tatoués, clochards, journalistes, artistes, ou tout simplement des « gars de la nuit », il n'en est pas un que ce chineur n'ait pas confessé. Parlant aux clochards de la même manière qu’il discutait avec de grands artistes, il a laissé à tous le souvenir d’un copain, voire d’un ami, mais certains évoquent en lui le poète de la rue, l’amoureux de la langue, le conteur, et surtout l’homme insolite qu’il était.
Monsieur Bob, c'est une biographie qui se comporte comme son protagoniste : ça louvoie, de-ci de-là, ça pétille, ça turbine… Un véritable feu d'artifice d'anecdotes, de métaphores et de références. On aurait presque du mal à croire qu'un tel homme ait connu autant de monde, autant d'univers et autant d'artistes sans y gagner la popularité qu'il aurait mérité.

Le site des Éditions Stock : www.editions-stock.fr

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Du ski dans la purée

Du ski dans la purée
,
texte de Latifa Margio, illustrations de Cécile Gambini,
L’atelier du poisson soluble, 2005,
23 pages, 14,20 euros, ISBN : 2-913741-35-5.

Du ski dans la purée, c’est l’imaginaire de l’enfant confronté au sens pratique du parent. Du ski dans la purée, c’est l’apologie du jeu face à la dureté du réel. Du ski dans la purée, c’est la destruction du fantatisque par le matériel. Authentique leçon pour parents à cheval sur la bienséance, ce livre aux textes et aux dessins enfantins dénonce l’absurdité d’une éducation trop stricte. Vous l’aurez compris, le public visé n’est pas l’enfant dans son lit, mais bien le parent lisant l’histoire pour son petit.
Cécile Gambini, par ses illustrations, nous fait redécouvrir le monde fantatisque d’un enfant et les textes de Latifa Margio mettent en regard les rêves de l’enfant et la substance du monde d’adulte.
Ce livre devrait instaurer chez  vous un dialogue, car chacun, parent comme enfant, y retrouve de son vécu.

Le site de L'atelier du poisson soluble : www.poissonsoluble.com

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Paroles voyères 2 : Chemin des lieux-dits

Paroles voyères 
2 : Chemin des lieux-dits
,
de Gérard Laplace, Yves Lavalade, Patrick Beurard-Valdoye, Karelle Ménine, Stéphane Gendron et Yves Lapeyre,
À pierre vue
(Collection « Carnet à jour(s) » IV ), 2009,
51 pages, ISBN : 2-9526052-1-1.

À travers ce quatrième opus de « Carnet à jour(s) », cinq toponymistes et leur photographe troquent leurs galoches habituelles pour des chaussures de marche et s’offrent une randonnée à travers nos villages limousins. C’est au détour d’un chemin, de traverse ou de vie, qu’ils nous exposent, chacun à sa manière, la beauté de ces lieux-dits.
Cinq auteurs, et donc cinq Chemin[s] des lieux-dits : « Qui l’eût dit des lieux ? », « Per vias et per chamins », « Un répertoire imaginaire de toponymes », « Égarement » et « Conversations toponymiques ».
En premier, celui du phrasé, celui où le beau mot s’impose et trône. Gérard Laplace nous invite à poser, proser et se reposer en ces lieux de philosophie, et nous guide au travers du récit dans cet univers, à ses yeux si cher, afin d’y laisser l’harmonie nous gagner et nous initier à la poésie du lieu.
Viens ensuite Yves Lavalade, qui n’y va pas de main morte pour nous mettre dans le bain, en affichant un magnifique poème en occitan (et sa traduction, bien entendu). La traduction, c’est le maître mot de sa vision, puisque ce toponymiste s’attache à détailler et nous expliquer les origines et donc la signification de bien des lieux-dits, en les classant par thème : ceux qui semblent avoir un certain sens mais dont il est tout autre, a contrario de ceux dont le sens est affiché. Il nous montre aussi ceux qui, jusque-là, nous paraissaient incongrus, car ce sont ceux de l’exotisme, du mystère ou de la poésie. Avant d’achever ses explications sur l’exemple de Bonnac-la-Côte et son plan cadastral (qui relate tous les chemins de l’espace communal), Yves Lavalade nous décrypte les lieux-dits dont le sens n’est pas direct, ceux dont il faut tenir compte des nuances et spécificités du dialecte local.
Par le troisième chemin, Patrick Beurard-Valdoye nous décrit sa façon de vivre l’expérience. Il était à la recherche d’un nouvel espace poétique, celui de la linguistique nominataire. En effet, rien ne saurait sauter la case de la déformation, « pas même les noms ». Il nous fait donc un répertoire de toponyme, pour pouvoir y piocher du poétique, et s’autorise à en faire de nouveaux mots, les chargeant de leur propre histoire. Il conclut en confirmant sa volonté de continuer son répertoire et nous conte une anecdote hongroise, prouvant par là que la toponymie n’a pas de frontière, peu importe la langue.
Tout au long de ce quatrième chemin, Karelle Ménine nous emmène dans ses errances et rêveries, voguant de-ci, de-là, jouant avec les métaphores, contant des anecdotes plus poétiques les unes que les autres. Afin de magnifier sa flânerie, elle joue de l’anaphore et déraisonne sur sa vision philosophique du lieu-dit. Peu importe la forme, peu importent les divagations et peu importent les mots, Karelle Ménine nous transmet avec brio son plaisir de voyager sur ces chemins.
Dernier chemin, mais non des moindres : celui de Stéphane Gendron. Plutôt que nous donner un point de vue personnel, ce toponymiste a choisi de faire parler les habitants, parce que nul ne peut parler mieux d’un lieu que celui qui y vit et qui se souvient. Qu’il décrive une bourgade ou simplement une parcelle isolée, Stéphane Gendron s’attache, de façon systématique, à nous relater ce qu’en disent les témoins. Il nous décrit sa manière de procéder pour chaque interview, ses méthodes et l’enregistrement. Avec le trait d’un journaliste, Stéphane Gendron rassemble les noms attribués aux parcelles par thème et, qu’il soit fonction de son propriétaire, de son histoire ou de sa situation, chacun est sujet au témoignage, comme démonstration de poids. On a l’impression que le texte prend vie sous nos yeux : voir ces personnes raviver leurs souvenirs enveloppe le lecteur dans la bulle que Stéphane gendron s’est créée au cours des interviews.
Au final, Chemin des lieux-dits est non seulement un recueil des noms de parcelles de terrains de nos contrées, mais aussi et surtout la rencontre de divers univers, chacun à sa façon poétique, qui emmènent le lecteur sur ces chemins de campagne où le temps ne semble pas avoir de prise.

Retrouvez Gérard Laplace dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Retrouvez Yves Lavalade dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Les critiques archivées de À pierre vue.




Voyager presque gratuit

Voyager presque gratuit :
Guide des réseaux d'hospitalité
,
de Jean-Yves Hégron et Jean-Louis Pagès,
Éditions Solilang
(Collection « Tourisme du troisième type »), 2009,
191 pages, 9,60 euros, ISBN : 978-284932-028-0.

Particulièrement acerbe avec l’économie touristique, ce guide prône un retour aux sources du tourisme. En effet, plutôt que de devoir restreindre un voyage à cause d’un budget limité, Voyager presque gratuit nous propose de redécouvrir les principes de l’hospitalité, c'est-à-dire de se faire loger chez l’habitant. Croyez-vous économiser ainsi uniquement vos nuitées à l’hôtel ? Bien sûr que non ! L’expérience et les nombreux témoignages nous montrent que le don n’est pas à sens unique : l’invité donne également beaucoup à celui qui le reçoit. En réalité, ce type de tourisme est la concrétisation d’un idéal culturel : l’un est logé (et souvent nourri) à moindre frais, mais il partage beaucoup de son monde, son voyage, sa culture… L’autre n’est pas en reste non plus : il reçoit, aide et bien souvent accompagne l’étranger dans une visite locale des plus originales.
Bien entendu, ce type de voyage s’est officialisé et a notamment pris forme dans des services tels que HospitalityClub, CouchSurfing, BeWelcome ou encore Servas. Jean-Yves Hégron et Jean-Louis Pagès nous dressent ici l’inventaire des connaisances à assimiler pour partir dans une de ces épopées peu onéreuse. Que ce soit par le biais de l’historique d’un service et la biographie rapide de son fondateur, ou par celui des témoignages qui pullulent, le lecteur se sent indéniablement attiré par le concept.
Que l’expérience soit positive ou négative, ce sytème offre avant tout une meilleure connaissance de soi-même et de l’autre, alors pourquoi ne pas tenter ?

La chaîne des Éditions Solilang :
fr.youtube.com/solilang

Les critiques archivées des Éditions Solilang.




L'Odeur de l'eau

L'Odeur de l'eau
,
de Christian Brissart,
Éditions Black-out, 2009,
170 pages, 12,00 euros,
ISBN : 978-2-916753-06-5.

C’est dans un enchaînement à manquer de souffle, où le narrateur passe du coq à l’âne, passant, repassant, virevoltant et jetant l’esbroufe sur une histoire loufoque, que Christian Brissart nous amène, par le biais de son narrateur Jason, sur des questions de cinquantenaires. Trop gros pour s’apprécier, trop vieux pour s’améliorer, cet employé de banque déprime : m’aime-t-on ? Qui suis-je vraiment ? Pourquoi je déprime ? Et pourquoi ce régime ? Et cette fille dont je ne me souviens guère, l’ai-je vraiment tuée ? Et Zoé, que me veut-elle ? Et Suzanne, quand arrêtera-t-elle de jouer ?
C’est en jetant un regard critique sur la cinquantaine que Jason, va tour à tour être accusé de meurtre, innocenté, fuir, revenir, tuer, re-être accusé… Une intrigue des plus originales, une écriture à vous laisser sans voix (et surtout sans souffle), des rebondissements en tout genre, bref, L’Odeur de l’eau, c’est la déroute à chaque paragraphe, qui nous guette et nous surprend.

Retrouvez Christian Brissart dans la rubrique « Auteurs » de ce site.

Le site des Éditions Black-out :
www.les-editions-black-out.com

Les critiques archivées des Éditions Black-out.




En mémoire d'elles : La Statuaire féminine dans les monuments aux morts du Limousin, 1914-1918

En mémoire d'elles :
La statuaire féminine dans les monuments aux morts du Limousin, 1914-1918
,
de Janette Cathalifaud et Josépha Herman-Bredel,
Éditions Culture & Patrimoine en Limousin
(Collection « Ici et là »), 2008,
158 pages, 23,00 euros,
ISBN : 978-2-911167-56-0.

Parce que les auteurs ne cherchent pas à en faire un catalogue exhaustif de la statuaire ou une étude historique, En mémoire d’elles nous propose un regard original sur les monuments aux morts du Limousin : celui de et sur la femme. En effet, nos guerres sont souvent glorifiées par le viril « poilu », mort au combat « pour sa Patrie reconnaissante », mais bien des communes (trente-trois, pour être précis) érigent des allégories féminines.
Que ce soit La France, La Victoire ou La Liberté, toutes ces figures relatent avec profondeur l’image de la femme du début du siècle dernier. Janette Cathalifaud et Josépha Herman-Bredel nous expliquent les symboles, nous décryptent leurs histoires et leurs raisons d’être, au travers d’une part, de descriptifs prolifiques, d’autre part, de magnifiques photographies.
Indispensable à tout féru de monuments d’hommage, cet ouvrage, sous couvert de modestie, nous fait l’apanage de la femme durant la guerre.

Les critiques archivées
des Éditions Culture & Patrimoine en Limousin
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