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Feuilles reçues / Critiques archivées des Éditions Le télégramme


Alan Stivell

Alan Stivell
,
de Laurent Bourdelas,
Éditions Le télégramme, 2012,
334 pages, 19,90 euros,
ISBN : 978-2-84833-274-1.

Voici, en quelque trois cents pages, l’itinéraire de quarante ans de carrière et de passions musicales d’Alan Stivell, le barde qui a fait aimer la musique bretonne et celtique à tant de personnes et qui a su si bien mêler à ses créations les autres musiques du monde.
Tout commence grâce à Georges Cochevelou, son père, qui a fait renaître la harpe bretonne en en sculptant un prototype pour l’offrir à son fils qui en fera l’instrument de sa vie.
L’auteur retrace toutes les étapes de cette vie musicale depuis ses premières représentations, en 1954 à l’âge de dix ans, parmi les Petits Bretons de Paris ou les scouts Bleimor. En quelques années, il devint multi-instrumentiste. En 1966, il adopta son nom de scène qui se traduit par « source jaillissante », « nul doute qu’il y a chez le chanteur à la fois le désir de retour aux sources et la volonté d’aller vers un ailleurs ». C’est cet écheveau que déroule Laurent Bourdelas en détaillant chacun des disques et CD réalisés par Alan Stivell suivis de ses nombreuses tournées en Bretagne, dans le reste de la France et dans d'autres pays du monde. Décrire, avec minutie, chacun des titres, le graphisme des pochettes, les chansons, certains extraits, tous les musiciens qui participent pourrait paraître fastidieux, mais cette démarche rend compte de la multiplicité des répertoires, des instruments et des styles et donne envie de s’y plonger « en live ».
Comme l’auteur est aussi historien, nous avons le plaisir de découvrir de nombreuses incises sur des faits d’histoire, des contes et légendes de Bretagne, d’Irlande… N’est pas négligée une dimension fondamentale d’Alan Stivell : son engagement continu pour la langue bretonne, sa fierté retrouvée, l’acquisition d’un statut particulier pour la Bretagne, même si l’évolution de ses positions n'est pas toujours claires.
Néanmoins, des récits et témoignages tous élogieux, aussi intéressants soient-ils, ne forment pas une biographie qui a besoin des aspérités et des contradictions de la vie. Il est peut-être trop tôt. Laissons à Alan Stivell le temps d’aborder la troisième vague de son voyage artistique.