ALCA* – Agence livre, cinéma et audiovisuel en Nouvelle-Aquitaine, site de Limoges

* Née de la fusion d’Écla, du Centre régional du livre en Limousin 
et du Centre régional du livre et de la lecture en Poitou-Charentes

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Feuilles reçues / Critiques archivées de FYP éditions


Les 10 commandements de l'ère numérique

Les 10 commandements de l'ère numérique
,
de Douglas Rushkoff,
traduction de Cyril Fiévet,
FYP éditions (Collection « Innovation »), 2012,
175 pages, 21,00 euros,
ISBN : 978-2-916571-65-2.

Les Éditions FYP se présentent comme l'éditeur de référence sur l'innovation et le numérique. Elles le font sous la forme de livres imprimés, ce qui marque bien la position de recul critique qui est la leur. En voici une nouvelle illustration intéressante, sous la plume de Douglas Rushkoff. Celui-ci, auteur d'une douzaine d'ouvrages importants consacrés aux médias et à la société, est un spécialiste reconnu de la cyberculture aux États-unis. Il en connaît les arcanes, en a suivi les développements, en apprécie clairement les progrès, mais aussi les excès et les dérives. 10 commandements est la traduction de Ten commands, titre original dont la connotation biblique était sans doute moins directe, mais l'auteur lui-même replace à plusieurs reprises son propos dans une tradition du livre, du langage et des médias depuis les origines. Le titre complet était d'ailleurs plus explicite : Program or be programmed : Ten commands for a digital age. Programmer ou être programmé, tel est l'enjeu en effet, et le verbe programmer (ou être programmé) peut être pris au sens large (être conditionné) ; mais aussi au sens étroit, ce qui n'est guère rassurant, les machines prenant le contrôle d'une humanité déshumanisée. Le propos de ces dix commandements, qui structurent l'ouvrage en dix chapitres, est bien de replacer l'humain au cœur des technologies numériques et de fournir à chacun des clés pour reprendre le contrôle. Chacun de ces chapitres tient en un mot d'ordre, développé par un bref sous-titre qui énonce le « commandement » : 1. Le temps – Ne pas être toujours « on » [c'est-à-dire connecté] ; 2. Le lieu – Vivre en personne ; 3. Le choix – Savoir cocher la case « aucun des choix ci-dessus » ; […] 10. Le but – Programmer ou être programmé. Cette annonce thématique est en outre développée par un chapeau introductif résumant le propos du chapitre. Efficacité toute journalistique qui facilite la lecture de cet ouvrage agréable et particulièrement tonique, et, qui plus est, riche en précisions pédagogiques. On aimerait citer chacun de ces commandements, d'une portée éthique évidente, par exemple celui du chapitre 8 : Les faits – Dire la vérité. Mais cette injonction limpide, si elle renvoie a contrario à des égarements connus, ne saurait dispenser d'une lecture détaillée, pour y trouver notamment la démonstration non seulement d'un devoir mais d'un intérêt immédiat de tous et de chacun (nouveau contrat social) étayé par l'expérience personnelle de l'auteur. Lecture détaillée ou rapide qu'on peut donc recommander au large public des honnêtes gens d'aujourd'hui.



Le Guide des bibliothèques numériques

Le Guide des bibliothèques numériques :
Le guide essentiel des s@voirs numérisés du monde
,
de Chloé Martin,
préface de Michel Fauchié,
FYP éditions, 2010,
198 pages, 12,90 euros,
ISBN : 978-2-916571-40-9.

Voilà un exemple de plus de la complémentarité du livre papier et du livre numérique.
Ce guide présente près de deux cents bibliothèques du monde francophone donnant accès à des fonds documentaires, portails culturels, expositions virtuelles, bibliographies et ressources pédagogiques en ligne. Cette sélection s'avère bien utile pour le « public perdu dans cette surabondance d’informations ».
Chaque bibliothèque numérique a le droit à une fiche d’identité détaillée sur le nombre de ressources, la langue s’accès, le mode d’utilisation… Étant répertoriées par grands domaines (généralistes, sciences et techniques, sciences humaines et sociales, histoire, droit – économie, lettres et langues, arts, jeunesse), il est très facile de trouver réponse à ses recherches ou de découvrir, au fil des pages, selon ses passions, une bibliothèque numérique à laquelle nous n’osions rêver : par exemple le site mis en place par la Cinémathèque française sur les collections de lanternes magiques qu’elle possède, ancêtres du cinéma de fiction, ces magnifiques peintures sur verre étaient projetés sur écran (www.laternamagica.fr).
L’ouvrage devrait vite devenir un indispensable, tant pour les professionnels que pour tous les curieux « des s@voirs numérisés ».
L’auteur, spécialiste des bibliothèques numériques, montre ainsi l’immense travail réalisé par les bibliothécaires du monde pour numériser leurs fonds et mettre à notre disposition des services novateurs pas encore assez connus : « Les bibliothécaires deviennent producteurs et prescripteurs de contenus et contribuent ainsi à réduire les inégalités territoriales d’accès à l’information et à la culture ».
Ce guide est préfacé par Michel Fauchié, responsable de la Cellule informatique des bibliothèques de Toulouse et président de l’Association pour le développement des documents numériques en bibliothèques.



Optimiser son cerveau

Optimiser son cerveau
,
de Rémi Sussan,
FYP éditions
(Collection « La fabrique des possibles »), 2009,
96 pages, 12,90 euros,
ISBN : 978-2-916571-30-0.

Bien loin — même s’ils sont évoqués — des « fantasmes » d’un cerveau augmenté de puces électroniques faisant de l’homme un surhomme, un cyborg, Rémi Sussan nous permet de mieux cerner le fonctionnement de notre cerveau, adoptant pour cela une démarche transversale, pluridisciplinaire, convoquant la philosophie, les sciences cognitives, les sciences du langage, la théologie ou plutôt la « neurothéologie », les nouvelles technologies (NBIC — nanotechnologie, biotechnologie, informatique, cognition)…, le tout saupoudré de nombreuses références et d’exemples d’expérimentations. Au-delà de ce point sur les connaissances actuelles sur le fonctionnement de notre cerveau, l’auteur envisage et analyse les différents moyens d’optimiser ce dernier, en commençant par rappeler que le désir de l’améliorer s’inscrit dans une histoire ancienne, avec l’utilisation de drogue (au sens large ici), l’exercice de la méditation, la psychanalyse… avant d’évoquer l’influence de la langue sur notre mode de pensée et notre représentation du monde, le fonctionnement de notre mémoire et les moyens de l’améliorer (les jeux vidéo sont-ils utiles ?), l’influence des drogues, des ondes et de la lumière…
À aucun moment Rémi Sussan ne perd son lecteur : usant d’une langue claire et d’un vocabulaire simple et accessible, il signe ici un bref ouvrage intéressant qui répond à bon nombre d’interrogations et invite à ne pas laisser spécialistes, pouvoirs militaire, politique, économique, judiciaire être les seuls destinataires de ces connaissances.



"Pour une mobilité plus libre et plus durable" et "La Ville 2.0, complexe… et familière"

Pour une mobilité plus libre et plus durable
,
de Daniel Kaplan et Bruno Marzloff,
FYP éditions
(Collection « La fabrique des possibles »), 2008,
88 pages, 14,90 euros,
ISBN : 978-2-916571-22-5,
et
La Ville 2.0, complexe… et familière,
de Fabien Eychenn,
FYP éditions
(Collection « La fabrique des possibles »), 2008,
96 pages, 14,90 euros,
ISBN : 978-2-916571-23-2.

Les deux premiers volumes de la Collection « La fabrique des possibles » apparaissent comme parfaitement complémentaires dans la mesure où le second permet d’apporter des éléments de réflexion, propose des pistes pour répondre — partiellement au moins — à certaines problématiques soulevées dans le premier.
Ainsi, Daniel Kaplan et Bruno Marzloff s’intéressent à la notion, essentielle au vu du développement urbain, de mobilité et proposent plusieurs pistes pour parvenir à une « mobilité libre et durable », répondant au mieux aux problèmes environnementaux. Les auteurs, reconnaissant l’insuffisance des solutions institutionnelles pourtant nécessaires et essentielles, envisagent diverses pistes afin de perfectionner certaines pratiques, notamment en ce qui concerne les transports pour lesquels l’utilisation des technologies de géolocalisation permettraient une meilleure adéquation entre l’offre et la demande et où l’information partagée est essentielle pour une meilleure utilisation des ressources mises à disposition et permet à l’utilisateur de développer une stratégie de déplacement (utilisation des différents moyens de transport, itinéraires). Surtout, il conviendrait de réfléchir à l’adéquation entre le temps, les espaces, les services et les déplacements, ce qui pourrait amener à proposer des lieux « multimodaux », regroupant différents services. Les auteurs, très attachés aux aspects libre et durable de la mobilité, appellent à reconnaître la mobilité comme un droit et s’intéressent aux conséquences environnementales de l’utilisation des TIC.
Fabien Eychenn s’intéresse lui aux innovations numériques qui s’intègrent et transforment la ville ainsi que notre rapport à celle-ci. Dans un premier temps, il propose un aperçu des moyens numériques permettant la navigation urbaine (puces RFID, codes-barre 2D, téléphone portable, réseaux Wi-Fi et Bluetooth) et évoque la nécessité de mettre en place une signalétique adaptée afin de permettre une bien meilleure utilisation de ces technologies. L’auteur se penche ensuite sur les nouvelles formes de sociabilité résultant du développement de ce qu’on appelle Web 2.0 avec notamment les réseaux sociaux (qu’ils soient généraux ou plus particuliers, centrés sur une ville, un quartier…) et autres services tel Twitter qui permettent une coordination des acteurs beaucoup plus souple ; à cela s’ajoutent les possibilités offertes par la géolocalisation, telles la localisation de ses amis, l’identification des lieux animés… Ce qui l’amène finalement à évoquer la carte, échappant en quelque sorte au contrôle des géographes, permettant non seulement de se repérer, mais surtout de partager des informations, de proposer des services, d’observer la ville, de se l’approprier…
La lecture de ces deux ouvrages, abondamment illustrés d’exemples, peut être utilement complétée par celle de l’ouvrage Les Médias géolocalisés, de Nicolas Nova (publié également par FYP éditions).



Demain, les mondes virtuels

Demain, les mondes virtuels
,
de Rémi Sussan,
FYP éditions
(Collection « La fabrique des possibles »), 2009,
95 pages, 12,90 euros,
ISBN : 978-2-916571-31-7.

Qui n’a pas un jour imaginé pouvoir s’immerger dans un univers virtuel, y vivre, sentir et ressentir ce qui y est proposé, grâce à un appareillage des plus surréalistes ? À tous ceux qui veulent encore y croire — tout du moins de cette façon — nous déconseillons la lecture de Demain, les mondes virtuels, ouvrage bref dans lequel Rémi Sussan commence par évoquer les débuts des mondes virtuels ainsi que la situation actuelle, tant au niveau des univers proposés que des éléments permettant de s’y mouvoir, d’interagir… Puis, bien conscient des limites de l’offre actuelle, il envisage les évolutions que pourrait subir la réalité virtuelle en faisant appel non seulement aux aspects informatiques –— matériels et logiciels — mais en nourrissant sa réflexion d’éléments divers provenant de champs disciplinaires variés tels les nanotechnologies, les sciences cognitives… Il produit une vision, un tableau passionnant, tant du point de vue techn(olog)ique que des implications cognitives, mais qui peut éveiller — chez certains du moins — une inquiétude sans doute bien compréhensible.



Les Médias géolocalisés : Comprendre les nouveaux espaces numériques

Les Médias géolocalisés : Comprendre les nouveaux espaces numériques
,
de Nicolas Nova,
FYP éditions (Collection « Innovation »), 2009,
176 pages, 23,90 euros,
ISBN : 978-2-916571-20-1.

L’apparition et la très rapide diffusion des GPS (Global positionning system) utilisés par le grand public pour ses déplacements automobiles laisse à penser que la géolocalisation et les médias qui lui sont associés font partie des enjeux fondamentaux de la société de demain. Si Nicolas Nova nous présente de manière claire et concise ce que sont ces nouveaux médias géolocalisés et leur utilisation possible dans tous les domaines, il propose aussi une approche critique des innovations en cours en pointant également les réticences du public face à une traçabilité généralisée de ses déplacements. La réussite de cette collection de FYP éditions (« Innovation ») réside probablement dans cette savante alchimie qui permet au lecteur de saisir les enjeux de technologies qu’il ne maîtrise pas, tout en prenant conscience de la nécessité pour chaque lecteur-citoyen de comprendre les technologies de demain pour être capable, en connaissance de cause, de les accepter ou d’en pointer les dangers et les dérives possibles.



Technologies et prospective territoriale

Technologies et prospective territoriale
,
de Philippe Durance, Daniel Kaplan, Alain Puissochet et Stéphane Vincent,
FYP éditions
(Collection « La fabrique des possibles »), 2008,
79 pages, 14,90 euros,
ISBN : 978-2-916571-24-9.

Comment les territoires et les acteurs qui les composent peuvent prendre en compte les nouveaux enjeux et usages des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans leurs réflexions prospectives concernant l’aménagement du territoire, le développement économique, les infrastructures, les transports, l’environnement, l’habitat, la sécurité publique, la formation, la recherche, la santé, l’aide sociale, la culture, le tourisme, les services internes de la collectivité, la démocratie ?
Cette interrogation peut paraître, en soi, incongrue tant le champ est vaste, complexe, mouvant.
Ce petit livre de soixante-dix-neuf pages, fruit d’un travail collectif au sein de la FING (Fondation Internet nouvelle génération), important « think tank » français consacré à l’innovation, offre les moyens d’y répondre.
Cinq enjeux majeurs sont circonscrits : l’évolution des infrastructures et des réseaux de communication ; l’informatique « omniprésente » par son adjonction aux objets, machines… ; les technologies de l’identité, de la sécurité, de la traçabilité ; les technologies convergentes : nanotechnologies , biotechnologies, informatiques, cognition (NBIC) ; l’appropriation des TIC par la société.
Chacun de ces enjeux fait l’objet d’un chapitre avec définition, état des lieux, mise en perspective et les variantes possibles (négatives ou positives) d’ici 2030 ! Un grand poster dépliable récapitule l’impact des technologies numériques sur les territoires dans chacun des domaines cités plus haut.
Document de « substantifique moelle » à mettre dans toutes les mains de ceux qui vivent, agissent et mettent en place des politiques publiques. Poster à afficher devant chaque machine à café des entreprises et des institutions !



Wikipédia : Média de la connaissance démocratique ?

Wikipédia : Média de la connaissance démocratique ?
,
de Marc Foglia,
FYP éditions (Collection « Présence / Société »), 2008,
224 pages, 19,50 euros,
ISBN : 978-2-916571-06-5.

Premier essai sur l’encyclopédie collaborative incontournable sur Internet, cet ouvrage permet de faire le point sur les chances, les risques et les perspectives d’avenir de Wikipédia. Chaque partie de l’ouvrage du philosophe Marc Foglia est complétée par des contributions d’experts qui continuent ou battent en brèche la thèse de l’auteur.
Un ouvrage à la fois complet et agréable à lire, sur un phénomène qui concerne tous les passionnés de la production et de la diffusion du savoir.



La Fin des maires : Dernier inventaire avant disparition

La Fin des maires :
Dernier inventaire avant disparition
,
de Luc Gwiazdzinski et Gilles Rabin,
FYP éditions (Collection « Présence »), 2008,
158 pages, 19,50 euros,
ISBN : 978-2-916571-07-2.

Hier, tenant d’une fonction sacralisée où il gérait sa commune, s’occupait de ses administrés — l’État garantissant les grands équilibres —, le maire, aujourd’hui, face aux mutations, aux coups de boutoirs de la mondialisation, de la construction européenne, et d'une décentralisation toujours inachevée, reste souvent le seul gestionnaire de l’urgence et de la proximité au niveau local ; il voit néanmoins s’accroître ses responsabilités, son rôle difficilement synthétisable en quelques textes de loi, et s’amputer, jour après jour, son pouvoir décisionnel.
Coincés entre la désertion de l’État et l’intercommunalité grandissante, quel avenir s’offre à la fonction de maire ?
Ce livre propose des pistes de réflexion et d’action, plaidant pour une meilleure articulation entre le besoin de proximité et l’intérêt général, notions antinomiques, mais pouvant s’incarner dans un binôme communes-État raisonné.
L’avenir des maires nous concerne tous, et par-delà cette implication, c’est le choix de quelle société nous voulons pour demain qui est clairement posé dans cet ouvrage.



Comment faire taire les grenouilles ? : 2000 ans de science extravagante et d’animaux curieux

Comment faire taire les grenouilles ? :
2000 ans de science extravagante et d’animaux curieux
,
de Christophe Recoura,
FYP éditions, 2007,
224 pages, 27,00 euros,
ISBN : 978-2-916571-05-8.

Depuis toujours, les animaux ont fascinés les hommes, ils ont été un vecteur de leur imaginaire, le reflet et le réceptacle de leurs doutes, de leurs peurs, et de leurs fantasmes au travers d’histoires extraordinaires.
Foisonnant d’illustrations d’une rare qualité, d’anecdotes savoureuses, d’une érudition accomplie aussi, ce livre est un voyage dans toutes les pérégrinations qui lient l’animal à l’homme. Aucun aspect n’est négligé : des croyances populaires, des peurs ancestrales, des curiosités, de l’intrusion du diabolique, des conseils alimentaires à la clef des songes zoologique, tout dans ce livre suscite l’émotion, l’enrichissement culturel, l’étonnement parfois, la curiosité assouvie dans cet ouvrage beau et riche qui allie les invraisemblables visions de l’animal par l’homme à la connaissance la plus savante du règne animal.