ALCA* – Agence livre, cinéma et audiovisuel en Nouvelle-Aquitaine, site de Limoges

* Née de la fusion d’Écla, du Centre régional du livre en Limousin 
et du Centre régional du livre et de la lecture en Poitou-Charentes

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Feuilles reçues / Critiques archivées des Éditions Culture & Patrimoine en Limousin


Limousin sur grand écran

Limousin sur grand écran,
sous la direction de Philippe Grandcoing et Marc Wilmart,
Éditions Culture & Patrimoine en Limousin, 2013,
163 pages, 28,00 euros,
ISBN : 978-2-911167-82-9.

Qu'y a-t-il de commun entre, par exemple, Poil de Carotte, de Julien Duvivier (1932), Le Corbeau, d'Henri-Georges Clouzot (1943) et… Ceux qui m'aiment prendront le train, de Patrice Chéreau (1998) ? Ou encore entre la série télévisée Le Pain noir, de Serge Moati (1974, d'après Georges-Emmanuel Clancier), Tous les matins du monde, d'Alain Corneau (1991, d'après Pascal Quignard) et Le beau Serge, de Claude Chabrol (1958) ? Le Limousin, bien sûr. Ce bel ouvrage collectif nous en parle. Il présente un ensemble de créations qui ont marqué l'histoire du cinéma – d'abord appelé cinématographe –, en Corrèze, Creuse et Haute-Vienne depuis 1913, année où furent tournées dans la région les plus anciennes images visibles de nos jours. Cet anniversaire est l'occasion d'y revenir. Car le Limousin peut s'enorgueillir d'un patrimoine abondant qu'il sollicite et vivifie au présent comme il s'applique à en conserver toutes les traces plus ou moins anciennes. Au présent d'une part, à travers le Pôle cinéma chargé depuis 1998 de mettre en œuvre, dans le cadre de la Région, une politique volontariste d'accueil de tournages et de soutien aux productions ; en termes de conservation et de valorisation des productions passées, d'autre part, puisque telles sont les missions de la Cinémathèque du Limousin créée en 2010 et dirigée par Marc Wilmart. Ce dernier, en collaboration avec l'historien Philippe Grandcoing, dirige ce Limousin sur grand écran, publié par Culture & Patrimoine en Limousin. On y retrouve leur signature, au sein d'une équipe de quinze auteurs qualifiés : journalistes, auteurs, universitaires, etc., venus d'horizons différents et adoptant une intéressante diversité de points de vue. Diversité aussi dans la structure même du livre. Au sommaire, pour commencer, nous trouvons la présentation de vingt-deux films tournés et sortis, comme on l'a dit, de 1913 à nos jours (et bien d'autres encore auraient pu être cités) ; à chacun est consacré un article accompagné d'une fiche signalétique et illustré de photographies de tournages, d'affiches, de paysages, et complété d'encadrés. La deuxième partie consiste en une suite de portraits ou plutôt de coups de projecteurs portés sur quelques auteurs, cinéastes ou autres (Claude Chabrol, Éric Rohmer, Damien Odoul, mais aussi Jacques Lagrange, peintre et co-scénariste de Jacques Tati). Il s’agit donc moins d’un catalogue exhaustif que d’une sorte de promenade – à travers les regards singuliers d’un collectif de cinéphiles portés sur des détails de leur choix – pouvant mettre en jeu des œuvres de qualités bien différentes – dont certaines avouées comme mineures ou même, une fois ou deux, critiquées péjorativement – et différents modes de relation avec le Limousin. Le mode le plus indiscutable est celui d'un auteur originaire de la région tournant sur place et le montrant clairement dans son film. Mais bien d'autres cas de figure sont possibles, s'agissant par exemple d'un fait-divers issu initialement des annales locales mais transposé ailleurs, comme dans Le Corbeau, ou encore d'une utilisation de lieux de tournage locaux chargés d'en représenter d'autres, comme dans la série Un village français, tourné en Limousin mais censé se passer dans le Jura. Hommage est rendu par ailleurs à quelques figures liées peu ou prou à cette mémoire limousine : citons celle de Robert Lynen, héros inoubliable (et pourtant trop oublié) de Poil de Carotte, acteur d'exception puis héros de la Résistance, qui mourut fusillé en 1944 à l'âge de vingt-trois ans. Plus près de nous, Claude Miller, Creusois d'adoption, créa l'association Lavaud-Soubranne du nom d'un hameau qui accueillait des ateliers d'écriture devenus depuis l'Atelier Claude-Miller et le festival Ciné des villes, ciné des champs.
Tout cela fait ici mémoire vivante et « géo-culture », dans un format agréablement illustré et mis en page – format dit « paysage » que l'on qualifiera pour cette fois de format « écran ».


Émailleurs contemporains : Limoges, 1940-2010

Émailleurs contemporains : Limoges, 1940-2010,
de Simone Christel,
Éditions Culture & Patrimoine en Limousin
(Collection « Approches »), 2013,
102 pages, 24,00 euros,
ISBN : 978-2-911167-78-2.

Voici une passionnante et espérée rétrospective de l’histoire contemporaine de l’émail à Limoges. L’auteure, Simone Christel – qui en connaît toutes les facettes aussi bien du côté cour (ateliers et artistes) que du côté jardin (galeries et manifestations internationales) retrace les différentes périodes marquantes de cet art qui ont jalonné le XXe siècle, depuis la fin des années 30 jusqu’à aujourd’hui : périodes d’effervescence créative, celles de « silence », d’une certaine sclérose, de menaces de disparition et de l’oubli de « l’intelligence des mains ». De nombreuses photos en couleur permettent de découvrir ou reconnaître des œuvres d’artistes-artisans (de Léon Jouhaud aux jeunes créateurs) qui relèvent de si grands défis techniques comme, par la flamme et le cuivre, faire advenir « un papillon qui s’envole, un coquelicot qui se balance sous la brise ». C’est aussi un hommage, à toutes celles et tous ceux qui se sont mobilisés et se mobilisent encore pour que non seulement Limoges reste la capitale internationale des arts du feu, mais que de nouveaux élans créateurs naissent et vivent ici et ailleurs : « …Cet écho à travers les siècles qui unit les créations médiévales à celles des temps modernes, ne peut vibrer, ne peut vivre que dans la mesure où notre présent se veut profondément lui-même et non pas le reflet académique des chefs-d’œuvre du temps passé… » (Georges-Emmanuel Clancier, extrait du catalogue 2e Salon des créations et réalisations actuelles, 1969).


Brèves de jardin

Brèves de jardin,
de Max Eyrolle,
photographies de Bernard Lazéras,
Éditions Culture & Patrimoine en Limousin
(Collection « Multiples »), 2013,
112 pages, 18,00 euros,
ISBN : 978-2-911167-77-5.

Cette année aurez-vous des Argenteuil, des Grenobloises, des Nombrils de bonne sœur, des Maxigold, des Bonnotes de Noirmoutier, des Géantes de Tilques, des Petrowski, des Roses de Berne ? Les jardiniers savent que ces noms mystérieux sont des légumes choisis avec soin selon leurs spécificités et multiples qualités : asperges, salades, haricots blancs, petits pois, pommes de terre, carottes, navets et tomates.
Ce qui est merveilleux dans ce petit livre (par sa taille), c’est que nous est offerte la connaissance profonde de l’auteur de tous ces légumes, connaissance transmise par son père et son grand-père. Quelques secrets nous sont même dévoilés. Le lecteur pourra, à son tour, apprendre à les planter, les soigner, les regarder, les cuisiner dans toutes leurs saveurs, sans oublier les outils nécessaires pour les accueillir sans les agresser.
Max Eyrolle, comme tout vrai jardinier, est aussi un poète tendre et caustique qui sait observer la terre, se fondre en elle, écouter et dire sa savante et fragile musique : « Vous, vous buvez cet instant et vous rêvez à ces champs de coquelicots futurs, à toutes ces taches de sang qui vont illuminer les talus et les prés les soirs de printemps où la douce lumière du monde fait battre votre cœur d’enfant ». Les photos de Bernard Lazéras, prises dans le grand jardin de cheminot de l’auteur au bord de la voie ferrée de Limoges, accompagnent parfaitement ce livre à déguster et à pratiquer en toutes saisons.


L'Abbaye et l'Ordre de Grandmont : Entre ascétisme et opulence, XIe-XVIIIe siècles

L'Abbaye et l'Ordre de Grandmont :
Entre ascétisme et opulence, XIe-XVIIIe siècles
,
de Robert Chanaud,
Éditions Culture & Patrimoine en Limousin
(Collection « Approches »), 2012,
99 pages, 26,00 euros,
ISBN : 978-2-91116-74-4.

Tout le monde a entendu parler des Cisterciens, des Chartreux. Mais qui connaît les Grandmontains ? Pourtant, l'Ordre de Grandmont, né dans une forêt du Limousin, édifia en France plus de cent cinquante monastères, patrimoine aujourd'hui en restauration.
Robert Chanaud, chartiste et naguère directeur des Archives départementales de la Haute-Vienne, est l'auteur du classement des archives de Grandmont et d'un répertoire correspondant. Il livre aujourd'hui un ouvrage de synthèse et de vulgarisation qui comblera un manque au sujet de cet ordre important, issu au XIIe siècle de la vie et des enseignements de saint Étienne de Muret, ermite, dissous en 1772 et dont il ne reste pas trace aujourd'hui. Le sous-titre, Entre ascétisme et opulence, résume bien les tensions auxquelles ont été voués tous les ordres dont la vocation première radicale a commencé par faire le succès, pour ensuite s'altérer inéluctablement, victimes de ce succès même. Certains, tels les Franciscains, ont survécu aux crises, d'autres non. En sept siècles d'histoire, la pure règle initiale aura eu bien des occasions de se pervertir, de se confronter aux pressions du « siècle », toujours en relation avec son époque (« Même la révolte initiale, la fuite hors du monde, obéissait à des schémas flottant dans l'air du temps », est-il noté dans l'avant-propos).
L'objet de l'ouvrage, et son principal apport, est de replacer chaque phase de l'histoire de Grandmont dans son contexte historique précis, redonnant de l'intelligibilité à des péripéties qui autrement n'en ont guère. Il y parvient, de façon synthétique, avec un recul éclairant et un art agréable du récit et de la formule. Après la légende initiale, sont parallèlement présentés les acteurs, étapes et aléas de l'histoire grandmontaine (abbés, commendataires, réformateurs ; constructions et architecture ; concurrence avec les autres ordres, résistance ou complaisance au succès, coexistence et complémentarité des clercs et des laïcs) et évoqués les courants historiques déterminants : réforme grégorienne, mainmise d'Henri II Plantagenêt, Guerre de Cent ans, Guerre de Religion, mouvement janséniste, pour en citer quelques-uns, et l'on voit ce que ce survol pourrait avoir de schématique.
D'un format agréable abondamment et judicieusement illustré, ce livre devrait intéresser un très vaste public spécialisé ou non.


La Creuse, mémoires d'une rivière

La Creuse, mémoires d'une rivière,
textes de Georges Châtain,
photographies de Frédérique Avril,
Éditions Culture & Patrimoine en Limousin
(Collection « Multiples »), 2012,
125 pages, 19,00 euros,
ISBN : 978-2-911167-73-7.

Culture & Patrimoine en Limousin publie un nouvel opus des « Itinéraire[s] » de leur Collection « Multiples » en nous proposant de naviguer en mots et en images sur la Creuse, en la suivant depuis ses sources mystérieuses du Plateau de Millevaches jusqu’à son confluent avec la Vienne 255 kilomètres plus loin.
Écrivain, journaliste et familier des bords de la Creuse, Georges Châtain mène habilement la barque en évoquant les grands lieux historiques de la Vallée de la Creuse et les anecdotes glanées au fil de l’eau. C’est tout un pan de l’histoire du Limousin, du Berry, du Poitou et de la Touraine que l’on découvre ainsi en canotant entre Ajain, Crozant, Gargilesse, Le Blanc et La Roche-Posay.
Fourmillant d’anecdotes et de citations, ce petit guide est aussi une occasion de se plonger dans l’univers photographique de Frédérique Avril, qui nous donne sa vision personnelle des bords de la Creuse, entre vallées encaissées, imposantes piles de pont et paisibles navires de papier.


Fragments de temps en Limousin : Fragments of time

Fragments de temps en Limousin : Fragments of time,
photographies d'Emmanuel Ciepka,
texte de Jean-Guy Soumy,
traduction anglaise de Pierre Hervy,
Éditions Culture & Patrimoine en Limousin, 2011,
139 pages, 39,00 euros,
ISBN : 978-2-911167-70-6.

Le Livre apporte beaucoup à la connaissance et à la jouissance de l'art religieux : l'œil du photographe est toujours plus perçant, plus proche que celui du visiteur dans les églises, pour contempler des œuvres disposées à des places et à des hauteurs censées être plus accessibles à Dieu qu'aux hommes. C'est éminemment le cas ici, dans cet ouvrage constitué uniquement de détails choisis, de fragments comme le dit le titre. Détails arrachés à leur contexte, et qui ne pourront qu'inviter le lecteur à se rendre sur les lieux pour voir les originaux, dans des églises et quelques châteaux du Limousin, soit quarante-six lieux : vingt et un en Corrèze, quinze en Haute-Vienne, dix en Creuse.
Le photographe Emmanuel Ciepka a pris le parti de « rejeter toute approche panoramique ». Approche qui « aurait […] été considérée comme iconoclaste jusqu'à l'aube du XXe siècle avant que le mouvement, la modernité, la segmentation, ne s'inscrivent durablement dans l'histoire de l'art ». Ces fragments, loin de biaiser le sens, l'aiguisent et renforcent le mystère. Jean-Guy Soumy offre un beau texte de quelques pages de présentation, ainsi que quelques sentences méditatives, au nombre de quatre, découpant en quelque sorte l'ouvrage en quatre parties. Le texte – phrases isolées, après quelques pages d'introduction en français ; avec traduction en anglais – est à part, n'interférant jamais avec les photographies pleine page, en format A4. Le lecteur est invité à un parcours libre où les mots résonnent à titre de bref contrepoint poétique. Du premier de ces jalons – « Nos rêves sont nés de la terre et du ciel. Avant d'être peinture et laine, ils furent pierre » – au quatrième – « Où portent ces regards si ce n'est vers nous-mêmes ? » –, l'accent est mis d'abord sur la pure matière (roche brute, pierre sculptée, bois brut, bois peint, tapisserie), puis sur les sujets, païens (licornes, preux chevaliers, créatures, chimères) ou religieux (de l'Annonciation à la Résurrection), de façon souple et jamais systématique.
La couleur est reine dans ces belles reproductions. Le point commun est bien celui du fragment, avec tout le charme inhérent à cette vision focalisée, à la précieuse valeur du « zoom » ainsi isolé autant qu'à la force du hors-champ imaginé. Le sentiment du temps s'impose aussi, depuis les origines de la pierre et de la terre, en faisant la part belle à l'époque romane, jusqu'à des vitraux, tableaux et émaux plus récents (XIXe siècle) présentés dans la dernière partie. Un très beau livre.


Monet en Creuse : Le printemps d'une méthode

Monet en Creuse : Le printemps d'une méthode,
suivi du DVD Monet, Eaux-Semblantes, l'imprévu exact,
de Jean-François Demeure,
Éditions Culture & Patrimoine en Limousin
(Collection « Multiples »), 2011,
127 pages, 20,00 euros,
ISBN : 978-2-911167-67-6.

Printemps 1889. Claude Monet passe quelques mois à Fresselines et peint vingt-quatre toiles dans des conditions climatiques difficiles. Il invente lors de ce séjour le travail en série, en peignant plusieurs toiles du même sujet, le confluent des deux Creuse.
Cent vingt ans plus tard, l’artiste Jean-François Demeure séjourne à la même période à Fresselines, filme chaque jour les lieux fréquentés par Monet et note ses réflexions.
L’ouvrage est donc indissociable du DVD qu’il accompagne.
Le film est une œuvre à part entière, ni fiction, ni documentaire, ni même vidéo d’artiste mais un film où chaque image, chaque son a sa place ; un film aussi où le spectateur a sa place dans l’attente, la contemplation et l’écoute (la bande sonore est une œuvre en soi).
Les textes de Jean-François Demeure précisent à la fois sa démarche artistique et creusent les questions que Monet se posent déjà en 1889. Comment rendre compte de la lumière sur un paysage ? Comment saisir le motif et sa forme ? Comment, au fond, être là au moment voulu ?
La préface de Pierre Auriol embrasse largement l’ensemble du projet artistique de Jean-François Demeure en même temps qu'elle ouvre sur les questions philosophiques et esthétiques du lieu et du temps.


Mémoires de La Bastide : Vivre en grand ensemble

Mémoires de La Bastide : Vivre en grand ensemble,
de Michel C. Kiener,
photographies de Vincent Schrive,
Éditions Culture & Patrimoine en Limousin
(Collection « Ici et là »), 2010,
143 pages, 20,00 euros,
ISBN : 978-2-911167-66-9.

Au moment même du grand nuage de poussière qui, le 28 novembre 2010, a fait disparaître les Tours Gauguin qui dominaient Limoges depuis 1958 et la Cité de La Bastide, Michel C. Kiener retrace la naissance, l’évolution et la destruction d’une partie des grands ensembles de cette cité.
Deux axes s’entremêlent : un espace public en devenir, fruit de cinquante ans de politiques urbaines, architecturales et sociales menées par la Ville de Limoges, et le témoignage de ses habitants qui y vivent, s’y sont installés, y sont nés, en sont partis, livrant un peu de leur espace privé et de leur intimité au regard du photographe Vincent Schrive.
Grâce à ses compétences d’historien et son expérience de chargé de l’urbanisme pendant dix-neuf ans à la Ville, Michel C. Kiener offre un ensemble très documenté, intéressant, précis et souvent émouvant.
L’auteur aurait néanmoins eu sa crédibilité renforcée s’il avait choisi de s’entourer d’un regard extérieur non impliqué dans la gestion municipale.


Avec Richard Cœur de lion : Itinéraire

Avec Richard Cœur de lion : Itinéraire,
de Christian Rémy,
Éditions Culture & Patrimoine en Limousin
(Collection « Multiples »), 2010,
104 pages, 15,00 euros,
ISBN : 978-2-911167-63-8.

Docteur en histoire médiévale et spécialiste des châteaux, Christian Rémy, qui avait déjà publié chez le même éditeur deux très beaux volumes de la Collection « Regards » – Seigneuries et châteaux-forts en Limousin –, propose ici un petit guide sur les pas de Richard Cœur de lion.
Si le lien entre ce guide et le roi Richard est assez ténu, de même qu’est assez artificielle la route touristique qui porte son nom, l’ouvrage du brillant castellologue est en tout point passionnant. Il nous propose quatre circuits englobant un grand quart sud-ouest du département de la Haute-Vienne : le Pays de Rochechouart, les Monts de Châlus, le Val de Briance et le Pays arédien. Pour chacun des circuits, l’auteur décline une série de villes ou villages remarquables pour leurs richesses patrimoniales comme Châlus, Rochechouart, Solignac ou Saint-Yrieix-la-Perche.
Il détaille avec précision l’ensemble des bâtiments remarquables, châteaux ou vestiges archéologiques que l’on peut découvrir sur chaque site. Replaçant toujours simplement et clairement le bâtiment dans le contexte historique de sa création, Christian Rémy nous guide au fil des pages dans ces confins médiévaux du Limousin et du Périgord.
Destiné à un très large public de curieux et d’amateurs de vieilles pierres, ce guide bénéficie d’une maquette très réussie, aérée et riche en photographies, dessins, cartes et croquis de l’auteur. Un index complète cet ouvrage remarquable, probablement le plus réussi de la jeune Collection « Multiples » de Culture & Patrimoine en Limousin.


En mémoire d'elles : La Statuaire féminine dans les monuments aux morts du Limousin, 1914-1918

En mémoire d'elles :
La statuaire féminine dans les monuments aux morts du Limousin, 1914-1918
,
de Janette Cathalifaud et Josépha Herman-Bredel,
Éditions Culture & Patrimoine en Limousin
(Collection « Ici et là »), 2008,
158 pages, 23,00 euros,
ISBN : 978-2-911167-56-0.

Parce que les auteurs ne cherchent pas à en faire un catalogue exhaustif de la statuaire ou une étude historique, En mémoire d’elles nous propose un regard original sur les monuments aux morts du Limousin : celui de et sur la femme. En effet, nos guerres sont souvent glorifiées par le viril « poilu », mort au combat « pour sa Patrie reconnaissante », mais bien des communes (trente-trois, pour être précis) érigent des allégories féminines.
Que ce soit La France, La Victoire ou La Liberté, toutes ces figures relatent avec profondeur l’image de la femme du début du siècle dernier. Janette Cathalifaud et Josépha Herman-Bredel nous expliquent les symboles, nous décryptent leurs histoires et leurs raisons d’être, au travers d’une part, de descriptifs prolifiques, d’autre part, de magnifiques photographies.
Indispensable à tout féru de monuments d’hommage, cet ouvrage, sous couvert de modestie, nous fait l’apanage de la femme durant la guerre.



Un Robin des Bois entre Périgord et Limousin : Histoire et légende de Burgou, XIXe-XXe siècles

Un Robin des Bois entre Périgord et Limousin :
Histoire et légende de Burgou, XIXe-XXe siècles
,
de Philippe Grandcoing,
Éditions Culture & Patrimoine en Limousin
(Collection « Patrimoine en poche »), 2006,
158 pages, 21,00 euros, ISBN : 2-911167-49-X.

Comment un bandit et sa clique réussissent dans les années 1830 à semer le trouble dans les forêts de châtaigniers des confins du Limousin et du Périgord ? À partir de l’histoire de Burgou et de l’analyse précise qu’il en fait, Philippe Grandcoing nous tisse un portrait saisissant des mœurs campagnardes du XIXe siècle, nous fait mieux connaître le fonctionnement (et les dysfonctionnements) de la justice de l’époque, et nous plonge en fait dans le Pays des feuillardiers avec une intelligence et une finesse remarquables. De fait divers, l’histoire de Burgou est devenue légende car aujourd’hui comme hier, le banditisme effraye autant qu’il fascine. Si le texte et la plume alerte de l’auteur rendent cette analyse plaisante à l’œil de tout lecteur curieux, la Collection « Patrimoine en poche » nous ravit de nouveau avec des encarts documentés ouvrant d’autres perspectives (le regard porté sur les ruines, la figure du bagnard, la géographie des confins…) et une iconographie d’une richesse rare : cartes, plans, tableaux et gravures d’époque, photographies actuelles et anciennes…